
Au lendemain de la conférence de presse du président de la République, l’opposition s’est mobilisée en République Démocratique du Congo pour décortiquer les dits et les non-dits de l’oral de Félix Tshisekedi. À Kinshasa, Delly Sesanga a pris la parole, jeudi 7 mai, pour s’opposer à toute tentation pour Tshisekedi de briguer un troisième mandat. Selon l’opposant, les mots du chef de l’Etat ont levé un pan de voile sur ses intentions. «Les masques sont tombés, Tshisekedi veut manœuvrer à découvert pour un 3e mandat», a-t-il dénoncé.
Cette volonté affichée du président, qui s’est dit disposé à accepter un appel du peuple, passe obligatoirement par la modification de la Constitution. Une ligne rouge que Sesanga refuse de voir franchir. «La RD-Congo ne peut entrer dans un nouveau cycle de tensions institutionnelles et de personnalisation du pouvoir. Tous les démocrates doivent faire obstacle à cette dérive», a-t-il martelé.
Le leader du parti Envol a invité dans le même temps le président de la République au «sens de l’Histoire» pour éviter un retour aux pratiques politiques du passé, aux conséquences néfastes. Pour ramener le président Tshisekedi sur le droit chemin, l’ancien candidat à la présidentielle a rappelé les idéaux de l’Union pour la démocratie et le progrès social -UDPS-, dont les pères fondateurs ont mené des combats remportés «au prix de lourds sacrifices pour le peuple congolais».
Un héritage qui, selon lui, ne doit pas être remis en cause. «C’est un reniement du combat de son père, qui a combattu Mobutu, lequel s’est éternisé au pouvoir et a exercé un pouvoir personnel. Félix Tshisekedi a de nouveau tué les martyrs qui ont donné leur vie pour protéger la Constitution», a-t-il fait constater. Sesanga a conclu son message en rappelant que le président Tshisekedi avait mieux à faire que multiplier «discours» et «promesses» pour se consacrer davantage à la «sacralité» des textes établis.
HAK
