
La charge est frontale. Le 7 mai sur X, José Makila sort l’artillerie lourde. L’ancien ministre, ex-député et ex-sénateur, devenu l’un des ténors du mouvement Sauvons le Congo de Kabila, vise Félix Tshisekedi, sans détour. Après avoir décortiqué l’oral du Président, son diagnostic tombe comme un couperet: «Le pouvoir est devenu une drogue dont certains ne peuvent plus se passer. Et lorsqu’un homme commence à craindre la fin de son mandat, il transforme chaque crise en prétexte pour s’éterniser au sommet de l’État». L’opposant rebondit sur la conférence de presse présidentielle.
Tshisekedi venait d’affirmer qu’organiser des élections sans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu relève de l’impossible. Makila feint l’approbation: «Très bien». Puis il assène: «Mais alors, comment ose-t-il parler d’un référendum pour modifier la Constitution? Depuis quand un référendum n’est-il plus une élection?»
Pour lui, le stratagème est cousu de fil blanc. «La vérité saute aux yeux: ce régime cherche moins à rétablir la paix qu’à fabriquer les conditions du glissement». La guerre n’est plus une tragédie à résoudre. Elle devient «un argument politique», l’insécurité «un fonds de commerce du pouvoir», et la Constitution «un obstacle qu’on veut tordre selon les ambitions personnelles du moment». Makila sort ensuite l’archive destructrice.
Il rappelle les mots de Tshisekedi: «Un homme normal ne peut pas faire plus de deux mandats s’il veut rester en bonne santé et en vie» Et il constate: «Aujourd’hui, le même homme prépare le terrain pour exactement ce qu’il condamnait hier. Quelle faillite morale! Quelle humiliation pour la parole publique!»
Le ton se durcit. «À force de vouloir tout contrôler, on finit par perdre le sens de la dignité et de la limite. Mais qu’il le sache: le Congo n’est pas une monarchie et le peuple congolais n’est pas un troupeau sans mémoire». Les lignes rouges sont tracées à la peinture rouge: «Ni glissement. Ni référendum taillé sur mesure. Ni troisième mandat maquillé sous les applaudissements d’une cour politique affamée». Makila convoque enfin l’Histoire comme dernier témoin à charge.
«L’Histoire africaine est remplie de dirigeants qui pensaient être plus forts que leurs peuples. Tous ont fini par tomber, emportés par leur propre arrogance». Son épilogue est une sommation: «Le pouvoir n’est pas un héritage familial, ni une propriété privée. 2028 doit marquer la fin constitutionnelle de ce mandat. Point final. Car lorsqu’un dirigeant refuse de quitter le pouvoir par la grande porte, c’est souvent l’Histoire qui se charge de lui montrer la sortie».
En un post, José Makila vient de poser l’équation qui hante désormais Kinshasa: guerre égale report des élections, mais guerre n’empêche pas le référendum. Pour l’opposant, la démonstration est faite. Le glissement n’est plus un risque. Il est en fabrication.

