
«Haute trahison», «confiscation», «priorité à la paix»: des figures de l’opposition pilonnent Tshisekedi après ses propos sur le 3ème mandat. La sortie du président a mis le feu aux poudres. Mercredi 6 mai, Félix Tshisekedi se disait prêt à accepter un troisième mandat «si le peuple le lui offre», tout en excluant des élections tant que l’Est échappe à Kinshasa. 24 heures plus tard, la réplique est cinglante. Et elle vient de partout.
Premier à dégainer sur X: Claudel André Lubaya. L’opposant en exil sort la Constitution comme bouclier. «La Constitution organise en elle-même les modalités de sa révision. Mais elle ne consacre pas sa transgression», rappelle l’ancien gouverneur du Kasaï de l’ancien Kasaï occidental. Pour lui, violer l’esprit et la lettre du texte, même au nom d’une «prétendue volonté populaire», relève de la «haute trahison». Lubaya est de saison, très offensif: «Invoquer une prétendue volonté du peuple pour justifier une intention frauduleuse n’est que duperie». Seth Kikuni enfonce le clou. Plus tranchant, il dénonce une manœuvre: Tshisekedi veut «confisquer» le pouvoir.
Francine Muyumba, elle, joue la carte du réalisme. L’ex-sénatrice FCC rappelle l’urgence : «C’est dangereux d’évoquer cette question de révision de la Constitution pendant que le pays est en guerre. La priorité est de recouvrer la paix». Trois voix, trois angles, un même seuil inacceptable: la Constitution. Pour Lubaya, la franchir c’est trahir. Pour Kikuni, c’est confisquer. Pour Muyumba, c’est se tromper de combat. Le message en dit long: le troisième mandat ne passera pas sans casse.
HAK
