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Patrouille financière, la redoutable arme de l’IGF contre la prédation financière, met d’accord

«AfricaNews» a appris la sortie prochaine, probablement au mois de juin 2025, d’un livre sur la patrouille financière. Cet ouvrage est rédigé par l’Inspecteur général-Chef de service Jules Alingete Key, concepteur de la tactique de contrôle a priori des finances publiques mise en œuvre par l’Inspection générale des finances -IGF- sous le leadership du Président de la République Félix Tshisekedi, pour prévenir la corruption, les détournements et la prédation financière dans les entreprises du portefeuille et les services publics de l’État, les provinces ainsi que les entités territoriales décentralisées -ETD.

La patrouille financière de l’IGF fait l’unanimité de par son efficacité dans le dispositif de renforcement de la rigueur dans la gestion des finances publiques, la surveillance en amont des opérations de mobilisation des recettes ainsi que certaines transactions financières des entreprises et établissements publics. En témoigne, sa relance le 4 mars dernier sur décision du président de la République Félix Tshisekedi dont dépend directement l’IGF. Ce retour de l’IGF dans le circuit financier des entreprises et des établissements publics confirme le caractère incontournable de la patrouille financière dans le renforcement de la transparence.

Aux mandataires publics réunis le 4 mars dernier dans la salle de Congrès du Palais de la Nation, siège de la Présidence de la République, Jules Alingete a indiqué les cinq secteurs d’activités concernés par le «Programme de contrôle a priori de l’IGF en 2025», allant de la mobilisation des recettes fiscales et douanières à la chaîne de la dépense en passant par la lutte contre le blanchiment d’argent, les avantages des mandataires publics, le paiement des fournisseurs et prestataires, les soins médicaux, les missions à l’étranger, les taux des frais des missions, les soins médicaux à l’extérieur, l’audit du personnel, le recrutement, etc.

Au pays, la presse, les acteurs politiques et sociaux ainsi que les opérateurs économiques ont salué et saluent encore cette méthode de contrôle préventif très efficace et innovante des Finances publiques mise en place par l’Inspection générale des Finances de la République démocratique du Congo avec la bénédiction du Président Félix Tshisekedi. Fière de sa trouvaille, l’IGF explique que «grâce à cette stratégie anticipative de contrôle des deniers publics, plusieurs réseaux maffieux des finances publiques sont mis en difficulté et ne savent plus opérer. La chaîne de la dépense publique du gouvernement est étroitement surveillée par l’IGF pour renvoyer systématiquement des faux dossiers, les grandes dépenses des Entités publiques-Services publics et Établissements publics- sont vérifiées avant leur exécution par l’IGF et les recettes publiques sont examinées avant leur encaissement afin d’éviter des cas des sous-évaluations des moyens de l’Etat».

Cette méthode a été développée pour pallier à la faiblesse des institutions judiciaires à réprimer les actes de détournements de deniers publics déjà commis. La patrouille financière consiste à empêcher la commission des irrégularités dans la gestion publique. Initiée et lancée en 2022 par l’Inspection générale des finances, cette réforme, exécutée conformément à l’article 140 du Règlement général sur la comptabilité, a fait ses preuves depuis son lancement en épargnant l’Etat des détournements et autres dépenses superfétatoires évalués à 2 milliards de dollars. Grâce à son dispositif efficace opérationnel dans tous les rouages de l’État entre le budget et les finances, au niveau central comme dans les provinces, la patrouille financière a contribué à la hausse du budget national de 4 à 15 milliards de dollars en seulement 3 ans, soit un bond de plus de 200%.

Grâce à elle, l’IGF a conditionné la priorisation des dépenses au sein des entreprises et établissements publics, plaçant en premier lieu le paiement des taxes fiscales et parafiscales dues à l’Etat. Puis suivent la paie des agents et celle des gestionnaires. Elle a exigé à ce que les différents prestataires en contrat avec les entreprises et établissements publics brandissent les preuves de paiement des trois derniers mois des impôts sur les revenus.

La patrouille financière a permis aux mailles de l’IGF d’intercepter une série d’opérations financières irrégulières retracées dans la liste non exhaustive suivante. Comme les 2,25 millions de dollars retournés au Trésor public en septembre 2022 après avoir été saisis au niveau de la BCDC alors que le gouvernement provincial de Kinshasa avait instruit leur virement dans les comptes de la société Omatuku Venture Sarlu pour des travaux d’éclairage public sans avoir préalablement remplir les conditions prévues par la loi.

Réputation au-delà des frontières nationales

En 2023 et 2024, ce mécanisme a permis la détection et le blocage de plusieurs comptes mouvementés par établissements publics comme le Fonds minier ou le Fonds forestier, des primes indues de 10 millions de dollars versées à un groupe de cadres de la Gécamines, des agents et fonctionnaires de l’État qui percevaient indûment des primes dans plusieurs administrations. Pendant la même période, la patrouille financière a révélé au grand jour l’existence des comptes bancaires non déclarés au Kasaï Oriental et conduit à la déchéance du gouverneur Mathias Kabeya Matshiabidi après leur gel, puis une série de détournements au ministère de l’Enseignement professionnel.

Des comptes de la ville de Kinshasa ont également été saisis à deux reprises pour empêcher les sorties irrégulières des fonds publics. La renommée de la patrouille financière a franchi les frontières nationales et amené tour à tour le Parlement européen et le Parlement fédéral belge à inviter Jules Alingete, respectivement le 22 septembre et le 28 septembre 2022, pour les mettre au parfum des efforts entrepris dans la lutte contre la corruption en République démocratique du Congo, ainsi que des embuches dressées sur ce parcours. Une année plus tard, soit en septembre 2023, des sénateurs français ont fait le déplacement de Kinshasa en vue de se faire dresser, à leur tour, l’encourageant tableau des réalisations de l’IGF.

Le chef de la délégation des sénateurs français, Bruno Fischer, a loué les résultats engrangés par Alingete et ses équipes, affirmant avoir clairement compris, sa suite et lui-même, les politiques mises en place par le pays dans le cadre de la lutte contre la corruption et le détournement des deniers publics. En octobre de la même année, Alingete a été convié à animer une conférence à l’Université libre de Bruxelles -ULB- pour parler, encore une fois, de la patrouille financière, du travail qu’abat l’IGF pour implémenter la bonne gouvernance dans la gestion des finances publiques ainsi que les résultats obtenus, avec toutes les retombées dans la hausse du budget de l’État. Partout où il en a l’occasion, Jules Alingete met accent sur la volonté politique manifestée par le Président Tshisekedi dans le renforcement du rôle des structures de contrôle des finances publiques, notamment l’IGF, dans la lutte contre la corruption.

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