
La patrouille financière est une excellente mesure conjoncturelle de surveillance de l’efficacité a priori et a posteriori de la dépense publique. En permettant par ailleurs au gouvernement d’ajouter une pression supplémentaire sur les mandataires des fonctions exécutives publiques, elle aide à réduire le niveau d’inefficacité gestionnaire longtemps constatée avec des décisions qui ont été parfois prises au détriment des intérêts économiques et financiers de l’Etat. En cette période sensible de guerre, la gestion publique va être mise à l’épreuve sur le plan de sa résilience mais aussi sur le plan des habitudes des détenteurs du pouvoir d’Etat.
En effet, d’un côté, le choc de la guerre va exiger de la part des gouvernants une plus grande célérité dans la gestion des affaires publiques pour être à même de garantir une stabilité économique et sociale à la nation. De l’autre, certains pourraient céder à l’idée de se constituer des réserves indues dans un esprit pessimiste et ainsi accélérer le déséquilibre économique et financier du pays créant un effet domino négatif. Le rôle de la patrouille financière en cette période sensible est donc plus que vitale pour l’Etat afin de garantir à notre pays une résilience salutaire.
Toutefois, la crédibilité de la menace devrait être renforcée par un accompagnement judiciaire efficace et des sanctions pénales fortes et dissuasives. A ce niveau, de nombreux observateurs sont assez dubitatifs car peu de résultats en termes de sanctions définitives sont à ces jours recensés. Nous encourageons l’IGF à continuer sa sensibilisation et son travail qui aboutira dans le temps à l’émergence de nouvelles habitudes de gestion plus en phase avec les intérêts de la nation congolaise.
Germain KAMBINGA
Ex-ministre de l’Industrie
Député national honoraire



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