
Samedi 22 novembre, Georges Koshi, secrétaire général aux Infrastructures et travaux publics, a vécu une journée intense. En tant que coordonnateur de la commission interministérielle chargée des expropriations pour le projet de construction des rocades de Kinshasa, il a parcouru les 78 kilomètres des rocades sud-est et sud-ouest, s’attaquant à des chemins parfois rustiques et à des routes de contournement. Son but: appréhender les enjeux des expropriations, récemment au cœur d’une vive polémique liée aux indemnités.
Débutant son inspection à l’entrée Ndjoko, point de sortie de la rocade sud-est, et se dirigeant vers le terminus de Mbudi, où doit se terminer la rocade sud-ouest, le chef de la commission des expropriations a multiplié les arrêts pour échanger avec des riverains concernés. Parmi eux, un homme a conditionné son déguerpissement à la réception de son indemnisation, en sollicitant une mise en demeure d’un mois. Face à cette situation, Georges Koshi a su faire preuve de diplomatie et de négociation pour établir un accord acceptable des deux côtés.
Les préoccupations de la population
Missionné par le ministre des Infrastructures John Banza, le secrétaire général Koshi a tendu l’oreille aux plaintes des habitants qu’il a croisés. De nombreux riverains touchés par le projet ont évoqué des complications liées à l’identification, souvent en raison de l’absence de documents. La commission a déjà signalé l’existence de plus de 2 200 parcelles sans titres parmi les 4 000 identifiées comme impactées.
Bien que, légalement, les propriétaires sans titres ne devraient pas être indemnisés, Koshi a apporté une bonne nouvelle, fruit de l’humanité du président Tshisekedi: «Tout le monde sera payé. Le chef de l’État a affirmé que ceux qui n’ont pas de documents, au même titre que ceux qui en possèdent, seront indemnisés. Il est également vrai que ceux sans papiers doivent être aidés par le gouvernement pour obtenir les documents nécessaires, notamment le titre foncier», a-t-il annoncé, suscitant un élan de soulagement parmi les riverains. Concrètement, le gouvernement s’engagera à couvrir, ou du moins a déjà entamé la couverture, des frais de conversion de titres pour ces personnes, s’élevant à 300 dollars américains. À ce jour, plus de 100 000 dollars américains ont déjà été versés pour cette opération exceptionnelle. Cette somme sera déduite à la source lors des indemnités.
Seulement 588 personnes en règle
Malgré le démarrage de la dixième phase des négociations, le constat est amer. À ce stade, seules 588 personnes sont éligibles aux indemnités, ayant complété toutes les étapes du processus. Ce lundi, la commission entame le second lot de paiement, touchant 105 personnes, ce qui représente un total de 4 millions de dollars américains.
Cela portera le montant total des paiements à 9 millions sur les 29 millions prévus, a précisé Georges Koshi, dans un souci de transparence. Il a également souligné que les indemnisations étaient effectuées directement, sans intermédiaire, par voie bancaire, et versées directement sur les comptes des bénéficiaires.
Un projet salué par les habitants
Tout au long de son parcours, malgré quelques difficultés, les habitants n’ont pas caché leur enthousiasme à voir les routes être tracées, souvent à partir de rien. «Il n’y a personne qui s’oppose à la construction des rocades», s’est réjoui Georges Koshi à l’issue de sa visite.
Prévu initialement pour une longueur de 63 kilomètres, le projet des rocades sud devrait finalement dépasser les 70 kilomètres en raison d’aménagements nécessaires face aux contraintes du terrain. Un échangeur avec voie souterraine est en cours de construction sur la route nationale numéro 1, à Mitendi, et un autre échangeur est également prévu sur la RN1, cette fois vers le boulevard Lumumba, pour assurer la liaison entre les rocades sud et nord, qui sera construite ultérieurement. Ce projet de construction des rocades est financé par Sicomines, dans le cadre d’un contrat chinois révisé suite à un rapport de l’Inspection générale des finances -IGF.
WIDAL

