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RDC: l’AETA alerte et propose trois scénarios pour sauver le processus électoral de 2028

C’est un diagnostic sans complaisance que vient de livrer Agir pour des élections transparentes et apaisées -AETA. Dans un communiqué daté du samedi 19 septembre 2026, signé par son président du Conseil d’administration, Patrick Cibangu, son vice-président, Jérôme Bonso et son secrétaire général, Roland Mumbala, la plateforme livre la quintessence de l’analyse technique de ses experts électoraux sur la problématique de la tenue hypothétique des élections à l’horizon 2028 en RD-Congo. L’exercice se veut une évaluation froide des contraintes politiques, juridiques, techniques, opérationnelles et sécuritaires qui hypothèquent déjà le quatrième cycle électoral. Le postulat de départ de l’AETA est celui d’un processus en panne.

«La RD-Congo fait face à un risque majeur de blocage électoral. Alors que la Constitution de 2006 impose la tenue régulière des scrutins pour garantir l’alternance démocratique, la feuille de route de la Commission électorale nationale indépendante -CENI- pour l’horizon 2028 est déjà en train de tomber en désuétude. Un an après sa validation, aucune opération n’a débuté faute de calendrier électoral», souligne le document.

Pour les analystes de l’AETA, cette paralysie est le produit d’une triple crise systémique qui s’autoalimente, à savoir: une crise sécuritaire à l’Est du pays, marquée par l’occupation territoriale par l’AFC/M23; une crise institutionnelle cristallisée autour du projet controversé de révision constitutionnelle; et une crise financière caractérisée par l’absence de ressources conséquentes affectées au processus. D’où l’interrogation centrale qui structure la réflexion: «le rendez-vous démocratique de 2028 est-il déjà condamné? L’enjeu de l’analyse de l’AETA est d’évaluer si la trajectoire vers 2028 peut encore être sauvée». A cette question, l’AETA répond par trois scénarios prospectifs. Le premier, qualifié de scénario de «respect strict du calendrier constitutionnel».

Sa rationalité, selon le communiqué, est de préserver coûte que coûte la continuité et la légitimité des institutions. Tout en précisant que c’est la voie de l’orthodoxie constitutionnelle. Le second scénario, médian, porte sur le déploiement des mécanismes techniques d’exception. Il s’agit, selon la plateforme, de concilier deux impératifs apparemment contradictoires: le respect des délais démocratiques et le droit de vote des populations meurtries par la guerre. *

D’après ce document, cette option supposerait des aménagements opérationnels majeurs pour garantir l’inclusivité du scrutin dans les zones sous occupation. Enfin, le troisième scénario est celui du report technique des élections. Son objectif principal, à en croire cette plateforme des ONG de la société civile, est de garantir l’inclusivité du vote en conditionnant les élections au retour de la paix. L’AETA ne fait pas du report une option de facilité. Si les élections de 2028 devaient être reportées pour les raisons sus-évoquées, souligne-t-elle, cela devrait se faire d’une manière consensuelle ou encadrée entre différentes parties. La plateforme insiste, à cet égard, sur la nécessité pour les RD-Congolais de se retrouver autour d’une table dans le cadre du Dialogue national convoqué par le Chef de l’Etat. En définitive, l’analyse de l’AETA se veut un plaidoyer pour une déconstruction du fétichisme de la date.

«Les prochains scrutins en RD-Congo ne doivent pas être considérés comme une simple échéance à atteindre, mais comme une référence à préparer rigoureusement pour ne pas compromettre la gouvernance démocratique», conclut le communiqué.

Pour les experts, c’est à cette condition que la feuille de route du processus électoral, assortie d’un calendrier opérationnel crédible, pourra dépasser sa fonction de programmation pour devenir un véritable instrument de régularité, de crédibilité, d’inclusivité et de confiance, indispensables à la consolidation démocratique. «Pour garantir la tenue des élections apaisées et inclusives en RD-Congo dans le contexte actuel, il faut faire de la pacification de l’Est du pays, une condition essentielle avant de lancer les opérations électorales; d’où, un consensus républicain est indispensable pour stabiliser la trajectoire électorale, la cohésion nationale, les réformes électorales et l’intégrité territoriale», martèle l’AETA.

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