Société

PSVI: la RD-Congo lance sa présidence internationale et place les victimes au centre de l’action

L’artiste peintre RD-congolais Jean-Jacques Mbiya a inauguré, vendredi 19 juin à Kinshasa, son exposition «Mémoire verte», une immersion plastique et poétique consacrée à la préservation des écosystèmes. Portée par l’Institut français, l’ambassade de France en RD-Congo et la Maison des arts, la manifestation place la faune et la flore au cœur d’une réflexion contemporaine sur l’avenir du continent. Devant un public d’amateurs et de connaisseurs, l’artiste a présenté une série de portraits et de compositions qui tissent les liens entre l’individu, sa culture et son environnement. Plus qu’une simple représentation, son travail vise à rendre visible ce qui passe souvent inaperçu dans le quotidien kinois.

Cinq enjeux pour l’Afrique et le monde

Dans son intervention, Jean-Jacques Mbiya a dégagé les lignes de force de sa démarche. L’écologie, la paix, la diversité culturelle, la migration et la citoyenneté: cinq thèmes qu’il érige en fondement de son travail depuis ses débuts. «L’écologie, la paix, la diversité culturelle, la migration et la citoyenneté sont pour moi des sujets de grande nécessité», a-t-il confié, le sourire en coin. Pour lui, l’art ne se contente pas d’embellir: il devient un vecteur de pensée, un outil pour interroger les tensions entre singularité et universalité. Fidèle à une approche humaniste, Mbiya conçoit la peinture comme un instrument de sensibilisation. A l’en croire, ses toiles cherchent à démêler le lien entre les êtres vivants et l’univers esthétique qui les comporte. Il y explore les interactions qui révèlent à la fois l’unité et les contradictions de la société RD-congolaise et africaine.

Pour Emmanuel Nzongo, historien de l’art et curateur, présent à l’événement, l’œuvre s’inscrit pleinement dans l’humanisme contemporain. «Elle est une panoplie de thématiques, riche en substance esthétique, plastique et philosophique, qui place l’humain au cœur de ses expressions», a-t-il souligné. Le curateur a rappelé le parcours singulier de l’artiste, forgé entre la RD-Congo et la Tunisie. Une double expérience qui, selon lui, a profondément marqué sa vision plastique et sociologique, en ancrant son travail dans une quête de cohésion sociale et d’égalité. Accueillie par Losa maison des arts, «Mémoire verte»  lève le voile sur plusieurs séries évocatrices, à savoir: le regard, le parler sans agir, la fragilité de la vie, la sensation de l’infini, la symphonie des moineaux, la communion avec la nature verte, ou encore le monde en noir et blanc. Autant de toiles et d’installations puisées dans l’imaginaire social kinois et RD-congolais.

Les visiteurs ont dit leur surprise en découvrant la densité des détails cachés dans l’imagination de l’artiste, où chaque motif renvoie à une lecture du réel vécu. En exposant à la Maison des arts, Jean-Jacques Mbiya prolonge une passion née dans l’enfance, à l’Institut des beaux-arts de Kinshasa, et transforme son geste créateur en acte de confession à l’humanisme. «Exposer ici est une opportunité pour prolonger ma passion, en faisant de mon art un instrument qui interroge nos rapports sociaux», a conclu l’artiste.

Hénoc AKANO

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