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Rentrée scolaire 2018-2019: les parents appellent le gouvernement à éliminer les multiples frais fixés par les chefs d’établissement

Le go de la rentrée scolaire 2018-2019 a été donné lundi 03 septembre 2018 sur toute l’étendue du pays, conformément aux directives du ministère de l’Enseignement primaire secondaire et professionnel -EPSP. Mais la rentrée des classes est loin d’être effective du fait de l’absence manifeste de beaucoup d’écoliers et élèves. Sur le terrain, si les enseignants sont présents à leurs postes, tel n’est pas le cas pour la majeure partie des enfants à l’âge de scolarité. Renseignements pris, c’est le même refrain de la carence des moyens qui revient chaque année, surtout de la part des parents démunis qui n’ont pas pu réunir le minimum requis pour envoyer leurs enfants à l’école. Et comme la gratuité de la scolarité demeure encore un vœu pieux dont la mise en œuvre se fait cruellement sentir, les enfants sont contraints de prolonger leurs vacances. Malgré les directives des autorités de la ville province de Kinshasa, force est de noter l’intransigeance de certains promoteurs d’écoles qui exigent le paiement intégral des frais de confirmation et d’achat d’uniformes avant l’admission des enfants aux cours. «Nous sommes obligés de nous acquitter des frais de confirmation fixés à USD, 15 auxquels s’ajoutent USD 15 pour l’achat de l’uniforme au moment où au marché, cette tenue vestimentaire élémentaire revient à CDF 3.000», a déploré cette mère de famille nombreuse requérant l’anonymat.
La rentrée scolaire 2018-2019 est très timide à Kinshasa. Les chefs d’établissement évoquent les difficultés financières des parents ainsi que les revendications soulevées par certains syndicats des enseignants avant la reprise des cours. Sur le terrain, le constat est amer : une faible fréquentation des élèves dans la majeure partie des établissements scolaires. Interrogés à ce sujet, les parents épinglent le comportement des responsables de certaines écoles qui les soumettraient à une véritable arnaque.
«Mes enfants n’ont pas encore emprunté le chemin de l’école faute de moyens. Malgré qu’ils n’aient pas changé d’école, nous sommes obligés de commencer par payer les frais pour la confirmation fixés à USD 15. L’achat obligatoire de l’uniforme à l’école à USD 15 nous est aussi imposé, pendant que cette tenue ‘’bleu-blanc’’ revient à CDF 3.000,-», a déploré cette mère de famille nombreuse. Et d’ajouter: «l’école nous demande encore d’acheter la tenue de gymnastique, de verser un acompte d’USD 200 afin que les enfants accèdent aux cours. Avec le salaire de fonctionnaire de mon mari qui n’est pas encore payé, comment faire pour envoyer mes enfants à l’école? Je condamne également le comportement des chefs d’établissement tendant à revoir à la hausse le montant du minerval».
Aux dires de la plupart des parents abordés, le gouvernement est vivement interpellé pour prendre ce dossier à bras le corps car il y va de l’avenir de toute la nation. Comment peut-on contraindre les parents à se saigner aux quatre veines pour l’acquisition des uniformes dont les enfants disposent déjà et à multiplier des postes de décaissement de fonds du reste hors de portée de leurs maigres bourses?
Les promoteurs d’écoles seraient devenus des opérateurs économiques déterminés à se faire du beurre sur le dos des parents démunis à travers leurs progénitures. «Nous demandons au gouvernement de s’impliquer pour éliminer les multiples frais qui sont imposés par les chefs d’établissements. L’exorbitance des frais risque d’empêcher l’accès à l’école à de nombreux enfants; ce qui constitue un réel frein au développement du pays. Aujourd’hui, on se plaint de la présence des Kuluna à travers Kinshasa, sachez que la non scolarisation des enfants est l’une des bases de ce phénomènes», ont-t-ils stigmatisé.
Cette situation projette à l’écran la non-tenue des promesses faites par différents gouvernements d’assurer la gratuité de l’enseignement sur toute l’étendue du pays. Or ce secteur mérite une attention particulière car l’avenir de la nation en dépend. Lorsque la jeunesse est scolarisée, davantage le pays bénéficie des cadres et des compétences indéniables pour son développement. La destruction de l’enseignement est plus qu’une bombe car elle ouvre la voie directe à la déchéance d’une nation pendant plusieurs décennies. A bon entendeur, salut !
Mymye MANDA

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