
En faisant de la prise en charge des populations vulnérables son cheval de bataille, la Fondation Jonathan Muyumba a posé, le samedi 11 juillet 2026, ses valises sur l’île de Kauka, un îlot enclavé situé dans le quartier Fleuve, dans la commune de la Gombe. L’objectif de cette descente n’était pas de prononcer de grands discours, mais d’écouter, de constater et d’apporter une réponse concrète aux difficultés des habitants. Au terme de cette immersion sur le terrain, le constat est saisissant, en plein cœur de Kinshasa: des familles entières, composées de parents et d’enfants, vivent dans des habitations précaires en bois vermoulu.
Des logements vétustes, construits les uns contre les autres, des escaliers branlants et des centaines de vies suspendues au quotidien, contraintes parfois d’ériger leurs maisons en hauteur pour se protéger des inondations et des balles perdues. Pour atteindre l’île de Kauka, il faut quitter la terre ferme depuis la Gare centrale et emprunter une pirogue à l’entrée de la Régie des voies fluviales -RVF. Une traversée qui révèle une réalité méconnue de nombreux Kinois: celle d’une communauté qui survit dans des conditions extrêmement difficiles. Sur place, le chef local Banana a dressé un portrait alarmant de la situation sociale et sanitaire de cette population.
«Nous sommes victimes de presque toutes les épidémies qui frappent la République démocratique du Congo. Celles qui viennent des provinces nous atteignent très rapidement ici», explique Banana. Son plaidoyer est sans détour: depuis la démolition du centre de santé de Pakadjuma, les habitants n’ont plus accès à des soins de proximité. À cela s’ajoutent l’enclavement lié aux travaux d’une entreprise publique, l’insécurité persistante, la précarité alimentaire et vestimentaire, ainsi que l’absence criante d’infrastructures scolaires, exposant davantage les enfants à la vulnérabilité. Face à cette situation, le chef local appelle les autorités urbaines à des actions concrètes. Pour lui, l’urgence est de sortir cette communauté de l’abandon et de lui offrir des solutions durables, au-delà des simples promesses.
La Fondation Jonathan Muyumba apporte assistance
Venue à la rencontre des habitants, la Fondation Jonathan Muyumba n’est pas arrivée les mains vides. Elle a distribué plusieurs biens essentiels, notamment des sacs de semoule, des bidons d’huile végétale, des vêtements prêts à porter, des pagnes, des lits, des moustiquaires imprégnées ainsi que divers autres accessoires. Une enveloppe financière a également été remise afin d’aider certaines familles à faire face aux dépenses quotidiennes.
Touchés par cette marque de solidarité, les bénéficiaires ont salué une initiative qui intervient dans un contexte où les visites dans leur milieu sont souvent motivées par des intérêts particuliers. Ils ont exprimé le souhait de voir cette fondation renouveler régulièrement ce type d’actions. Fidèle à sa vision, le président de la Fondation Jonathan Muyumba a préféré l’action aux discours. Accompagné de son équipe, il a répondu aux besoins identifiés selon les moyens disponibles. «Cette vision est née d’un constat simple: comment vivent nos frères et sœurs RD-congolais, sans distinction d’origine ou de statut social? Lorsque nous avons déjà de quoi manger et de quoi nous vêtir, une question revient sans cesse: et les autres? En ont-ils aussi? C’est cette interrogation qui nous pousse à agir et à poser des actes de solidarité», a déclaré Jonathan Muyumba.
Basée à Kinshasa et se revendiquant apolitique, la Fondation Jonathan Muyumba affirme poursuivre une mission guidée par une seule valeur, à savoir: la solidarité, loin de toute recherche de visibilité. L’île de Kauka demeure un défi majeur pour la capitale RD-congolaise. Mais le passage de cette organisation aura permis de rappeler une réalité essentielle: derrière les statistiques et les chiffres, il y a des femmes, des hommes et des enfants dont les vies méritent attention et dignité.
Deborah MATEYI
