
La RD-Congo veut mettre fin à la dispersion de ses projets énergétiques. Une table ronde nationale se tiendra du 2 au 4 juin prochains au Fleuve Congo Hôtel de Kinshasa, afin de doter le pays d’un cadre national de planification énergétique intégrée et multisectorielle. Organisées par le ministère des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, en partenariat avec le Réseau Mwangaza, plateforme phare de la Société civile pour l’accès universel à l’énergie, ces trois journées de travaux visent à obtenir l’adhésion politique des décideurs et à unifier les forces vives du pays pour sortir définitivement la RD-Congo du paradoxe de la précarité énergétique.
Il s’agit, pour la première fois, de créer un espace structuré de dialogue et de co-construction débouchant sur une feuille de route nationale unique. «Aujourd’hui, les projets avancent en ordre dispersé. Institutions publiques, opérateurs privés, bailleurs, universités et ONG déploient des efforts louables, mais fragmentés et insuffisamment coordonnés», déplorent les organisateurs dans les termes de référence.
Cette fragmentation, jugée comme le principal frein au développement du secteur, sera au centre des débats. Le pari est ambitieux dans un pays où le contraste entre le potentiel énergétique et la réalité sur le terrain reste criant. La RD-Congo dispose de l’un des plus grands potentiels hydroélectriques au monde, grâce au fleuve Congo et à ses affluents, auxquels s’ajoutent un ensoleillement favorable, des ressources éoliennes et une biomasse abondante.
Entre richesse naturelle et précarité persistante
Malgré ces atouts, le taux d’accès à l’électricité demeure parmi les plus faibles d’Afrique. La couverture infrastructurelle est inégale, concentrée dans quelques pôles urbains, tandis que de vastes zones rurales restent à l’écart du réseau. Plus problématique encore, pour alimenter ses industries, la RD-Congo importe régulièrement de l’énergie de ses voisins, une dépendance que les organisateurs qualifient de contre-sens économique.
Dans les territoires reculés, les ménages recourent massivement à des solutions non durables, coûteuses et polluantes. Pour le ministère et le Réseau Mwangaza, l’absence d’un cadre national cohérent constitue le principal verrou. La table ronde devra donc jeter les bases d’une stratégie fondée sur des données probantes, adossée à une vision à long terme et pensée dans une logique inclusive.
La rencontre intervient alors que la transition énergétique s’accélère à l’échelle mondiale et que les engagements climatiques se renforcent. L’enjeu est double: garantir l’accès à l’énergie à chaque ménage et positionner le pays comme acteur crédible de la transition en Afrique centrale. Au sortir des travaux, les organisateurs espèrent un engagement politique clair et un mécanisme de suivi multipartite pour transformer les recommandations en actions concrètes.
Hénoc AKANO