
Deux ans au pouvoir, et l’heure du décompte a sonné. Vendredi 15 mai, lors du 89e Conseil des ministres, Judith Suminwa Tuluka a pris ses troupes de court. Fini le pilotage automatique et les bilans cosmétiques: la Première ministre veut un gouvernement qui rend des comptes, et vite.
Bilan à mi-parcours: l’heure de vérité pour l’exécutif
Le 12 juin marquera le deuxième anniversaire de l’investiture de son équipe par l’Assemblée nationale. Pour Suminwa, ce n’est pas une date anniversaire comme une autre. C’est un cap, un test de crédibilité devant l’opinion. «Ce moment doit être l’occasion de faire un bilan à mi-parcours, une étape d’évaluation et de réflexion sur nos avancées, nos défis, mais aussi sur nos ambitions pour la suite», a-t-elle martelé. Derrière les mots, une mise en demeure.
Chaque ministère devra passer au crible ses promesses, ses chantiers, ses retards. Un exercice qui dépasse les feuilles de route internes pour s’adresser directement au peuple congolais. L’objectif est posé: transformer l’évaluation technique en jugement politique.
Un gouvernement jugé sur le terrain, pas sur le papier
Les chiffres donnent un socle: la RDC est devenue la 5e puissance économique d’Afrique subsaharienne selon le FMI et la Banque mondiale. Mais pour la cheffe du gouvernement, cette progression ne vaut rien sans impact concret.
«Face aux défis multiples qui se présentent à notre pays, nous ne pouvons pas nous permettre de relâcher nos efforts», a-t-elle prévenu, reprenant les instructions du président Félix Tshisekedi.
Son cap est clair: faire de l’exécutif un gouvernement d’action et de résultats. Le Programme d’Actions du Gouvernement 2024-2028 doit cesser d’être un document de référence pour devenir un levier opérationnel. Elle exige une coordination renforcée, un engagement collectif plus ferme, et une exécution sans faille de l’agenda législatif et des priorités sectorielles.
Suminwa ne se contente pas d’ordonner depuis son bureau. Le 12 mai, elle a débarqué sur le chantier des rocades Sud-Est et Sud-Ouest de Kinshasa pour inspecter elle-même l’avancement des travaux. L’enjeu: doter la capitale d’un périphérique capable de désengorger la RN1 et de fluidifier l’accès au Kongo Central et à l’aéroport de N’djili. Même logique sur le front des embouteillages monstres qui paralysent la RN1 pendant des jours.
Constatant la paralysie économique et le calvaire des usagers, elle a convoqué une réunion de crise en urgence pour imposer des mesures immédiates. Le message est passé. À deux à trois semaines du bilan public, Judith Suminwa veut que chaque ministre comprenne une chose: la population attend des réalisations visibles, mesurables, durables. Pas des discours.
Natine K.

