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RDC-Israël: Kabund s’oppose à l’idée de Tshisekedi de transférer l’ambassade de Tel Aviv à Jérusalem

L’annonce du transfert de l’ambassade de la RD-Congo de Tel-Aviv à Jérusalem, à l’issue d’une rencontre entre le Président Tshisekedi et le Premier ministre israélien Netanyahu, a suscité des réactions dans le camp de l’Opposition RD-congolaise. Jean-Marc Kabund, président national de l’Alliance pour le changement -A.Ch- et leader de la Coalition de la Gauche RD-congolaise -C64-, a critiqué cette décision, qualifiant la démarche du Chef de l’État Félix Tshisekedi de «hâtive et inappropriée». Dans une déclaration postée, vendredi 4 septembre dernier sur son compte X, l’opposant RD-congolais a fustigé ce choix diplomatique, soulignant que cette initiative présidentielle ne sert pas les intérêts prioritaires de la nation. Pour l’ancien président intérimaire de l’Union pour la démocratie et le progrès social -UDPS-, le rapprochement entre les deux États ne devrait en aucun cas être assujetti à la question de la localisation des chancelleries.

«L’amitié entre le peuple RD-congolais et le peuple israélien est forte et ancienne; elle n’a pas besoin d’un déménagement pour exister», a-t-il écrit. Le cœur de l’argumentaire du député honoraire porte sur le statut de la Ville sainte. Selon lui, Jérusalem ne saurait être traitée comme une simple variable d’ajustement diplomatique. «Le statut de Jérusalem n’est pas une variable d’ajustement au gré de la volonté présidentielle», a fustigé l’opposant, qui s’appuie sur des références juridiques précises. Il a cité notamment la Résolution 478 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée en 1980, qui déclare nulles et non avenues les mesures israéliennes visant à modifier le statut de Jérusalem, et l’avis consultatif rendu en 2024 par la Cour internationale de Justice -CIJ.

Foi à ses dires, ces instruments du droit international s’imposent à toute chancellerie qui se veut respectueuse des principes de la Charte des Nations unies. Jean-Marc Kabund voit dans l’annonce présidentielle le symptôme d’une diplomatie personnelle et improvisée. «Une fois de plus, par son annonce hâtive, Félix Tshisekedi démontre qu’il n’est pas un faiseur de paix», a-t-il affirmé. Avant d’ajouter: «il traite le droit comme quantité négligeable, la souffrance des peuples comme un détail et la tradition diplomatique de notre pays comme une relique».

Ici, l’opposant fait allusion à la doctrine traditionnelle de la RD-Congo, historiquement alignée, selon lui, sur les résolutions onusiennes prônant une solution à deux États et le statut international de Jérusalem. Du côté officiel, la prudence reste de mise. Dans son communiqué, le ministère israélien des Affaires étrangères a confirmé que les deux parties entendent poursuivre les consultations pour concrétiser ces deux projets, à savoir l’ouverture d’une ambassade israélienne à Kinshasa et le transfert de l’ambassade RD-congolaise à Jérusalem. À ce stade, aucune installation n’est effective. Les modalités pratiques, juridiques et sécuritaires doivent encore être définies par les canaux diplomatiques appropriés. Entre volonté affichée de renforcer la coopération bilatérale, notamment dans les domaines sécuritaire et agricole, et impératifs du droit international, le pouvoir devra désormais justifier un choix hautement symbolique et aux implications géopolitiques majeures.

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