Dossier à la UneNationSociété

Cami: enquête réclamée sur le dossier Sabena

L’immeuble Sabena est devenu le dossier qui brûle. À Kinshasa, au siège du Cadastre Minier -CAMI-, le nom revient dans tous les couloirs. Sur toutes les lèvres. Dans tous les rapports internes. Acheté près de 9 millions de dollars, l’ancien bâtiment de la compagnie aérienne belge devait abriter les services du CAMI. Gros soucis: la réhabilitation engloutit aujourd’hui près de 8 millions de dollars supplémentaires. Total: 17 millions. Pour un chantier dont personne, en interne, ne sait prédire la fin.

«Dépenses excessives»

Plusieurs sources au sein de l’établissement parlent de «dépenses jugées excessives». Les ordres de paiement s’enchaînent. Les travaux, eux, traînent. Les résultats ne suivent pas. Surtout, le traitement du dossier intrigue. Une ancienne employée de Sabena, impliquée dans la vente initiale du bâtiment, aurait conservé une influence jugée anormale dans la gestion du projet. Des agents dénoncent une «proximité particulière» avec la haute direction du CAMI, qui aurait pesé dans les décisions. Depuis, les relations se seraient fortement détériorées entre les deux parties. Mais l’argent, lui, a continué de couler.

Le symbole d’une gouvernance qui déraille

Pour les cadres du CAMI, l’immeuble Sabena n’est plus un simple projet immobilier. C’est l’emblème d’une gestion contestée. Le dossier cristallise les critiques. D’abord sur l’opportunité: pourquoi injecter 17 millions de dollars dans un seul bâtiment, quand les missions de base du Cadastre peinent à être financées? Ensuite sur la transparence: qui contrôle les décaissements? Qui valide les avenants? Qui certifie l’avancement réel des travaux? À chaque question, le même silence. Et la même colère qui monte.

Juges et des auditeurs priés d’intervenir 

La coupe est pleine. Des agents et cadres du CAMI exigent désormais une enquête indépendante, ciblée sur le dossier Sabena. Leurs demandes sont claires. Un: un audit administratif, financier et technique pour retracer chaque dollar dépensé depuis l’acquisition.

Deux: la saisine du Procureur général pour ouvrir des investigations judiciaires sur les marchés passés et les conditions de réhabilitation. Trois: la suspension conservatoire des responsables impliqués, le temps de faire la lumière.Pour eux, il y a urgence. Car au-delà de l’immeuble, c’est la crédibilité du CAMI qui s’effrite. L’institution qui gère les titres miniers de la République ne peut pas se permettre un scandale à 17 millions. 

Natine K.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Bouton retour en haut de la page