
Nouveau coup de frein à la relance de la Minière des Bakwanga -MIBA. Le Conseil d’administration a mis en cause le 3 juillet le Directeur général, André Kabanda Kana, pour gestion opaque et violation des statuts.
Au cœur des griefs: 2 millions de dollars dépensés sans appel d’offres. L’entreprise publique, en difficulté depuis des années, entre dans une nouvelle crise de gouvernance.
Réuni en session extraordinaire le 17 juin, le Conseil a décidé de transmettre le dossier du dirigeant à la ministre du Portefeuille, Julie Mbuyi Shiku, en vue d’une «exclusion temporaire avec privation de rémunération». André Kabanda Kana avait été nommé par ordonnance présidentielle le 20 décembre 2023 avec pour mission de redresser l’ex-fleuron diamantifère du Kasaï-Oriental.
La direction technique désorganisée
Premier grief du Conseil: la gestion du personnel d’encadrement. Selon la résolution signée par le président Jean Charles Okoto Lola Kombe et cinq autres administrateurs, le DG a procédé unilatéralement à la nomination d’un nouveau directeur technique. Or l’article 19.6 des statuts réserve cette prérogative au seul Conseil d’administration.
Le cadre précédemment désigné par les administrateurs a été relevé «irrégulièrement», en violation de la convention collective et du Code du travail. Résultat, estime le Conseil: une «désorganisation» de la Direction technique qui est à l’origine de «l’arrêt de la production minière». Le responsable nommé par le DG serait «incapable d’identifier les gisements détritiques».
Dépenses de 2 millions de dollars contestées
Le second volet porte sur les finances. Le Conseil accuse le top manager d’avoir engagé 2 millions de dollars, issus d’une créance de la MIBA sur l’Etat, pour l’achat d’engins et de véhicules. Ces acquisitions ont été faites «sans appel d’offres ni orientation ni approbation du Conseil d’administration». Le matériel livré serait «de mauvaise qualité» et aurait entraîné «la détérioration de la production minière». Le Conseil dénonce également l’attribution «frauduleuse» d’un shipment à la société CENTREVILLE, qui «ne faisait pas partie» du tender organisé à Mbuji-Mayi. Le chargement est resté bloqué «pendant plusieurs mois sans versement du prix correspondant», une situation jugée responsable en partie de l’arrêt de l’activité. Le Conseil reproche enfin au DG des propos qualifiant certains administrateurs d’«incompétents et d’inexpérimentés», assimilés à un «outrage à l’organe».
Une entreprise en quête de stabilité
Créée en 1961, la MIBA SA n’est jamais parvenue à retrouver le niveau de production de ses années fastes. Entre sous-capitalisation, conflits avec la tutelle et baisse des cours du diamant, l’entreprise publique survit avec difficulté.
En saisissant la ministre du Portefeuille, le Conseil entend reprendre la main. Reste à savoir si cette décision permettra de relancer les machines à Mbuji-Mayi ou si elle ajoutera une crise de plus à l’histoire déjà mouvementée de la MIBA.
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