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Humanitaire en Ituri: 900.000 déplacés, financements en chute

Le représentant adjoint du Secrétaire général des Nations unies chargé des affaires humanitaires, Bruno Lemarquis, a été reçu, le lundi 4 mai à Bunia, par le gouverneur militaire de l’Ituri, le Lieutenant-général Johnny Luboya N’Kashama, pour une audience d’adieu. «On a parlé de la situation sécuritaire, la situation humanitaire, on travaille vraiment bien ensemble», a déclaré Bruno Lemarquis à l’issue de l’entretien. Il a salué la qualité de la collaboration entre les autorités provinciales et les acteurs humanitaires, soulignant l’apport du Cadre provincial de concertation humanitaire.

Ce mécanisme, a-t-il souligné, permet aux partenaires «de s’asseoir et trouver des solutions» face aux urgences sur le terrain. Le responsable onusien a remercié la province pour les efforts déployés afin de faciliter l’accès humanitaire. Il a cité notamment les interventions menées sur la route nationale numéro 27 et la suppression de certains postes de contrôle qui entravaient l’acheminement de l’aide. Sur le plan sécuritaire, Bruno Lemarquis a noté une évolution contrastée. «La situation s’est améliorée dans certaines parties, mais reste sérieuse dans d’autres», a-t-il indiqué.

Les territoires de Djugu et de Mahagi demeurent les plus touchés, avec environ 900.000 personnes encore déplacées. En revanche, un mouvement de retour est observé dans les territoires d’Irumu et de Mambasa. «Ça crée de l’espoir quand les personnes retournent chez elles», a-t-il relevé, appelant à consolider des «solutions durables» pour relancer les activités socio-économiques et stabiliser les communautés.

Pour Bruno Lemarquis, la persistance de l’insécurité exige le rétablissement complet de l’autorité de l’État. «C’est le retour de l’autorité de l’État, l’armée, la police, la justice qui ramènera petit à petit la paix», a-t-il insisté. L’autre préoccupation majeure reste le financement de la réponse humanitaire. Bruno Lemarquis a alerté sur une baisse mondiale des ressources. «Les montants financiers disponibles sont bien inférieurs à ce qu’ils étaient en 2024», a-t-il déploré.

Cette contraction touche les agences des Nations unies comme les ONG partenaires. Chiffres à l’appui, il a rappelé qu’en 2024, le plan de réponse humanitaire d’USD 2,5 milliards n’avait été financé qu’à 51%. L’année suivante, le taux est tombé à 27%. Pour 2026, le plan révisé à USD 1,4 milliard n’est couvert qu’à 33% à ce jour. «On est très, très, très sous-financés», a martelé le représentant adjoint. Tout en saluant l’appui des partenaires internationaux, il a plaidé pour un engagement plus fort en faveur de la RD-Congo. «Tant que la paix ne revient pas, les besoins sont gigantesques ici en RD-Congo», a conclu Bruno Lemarquis, avant de quitter ses fonctions.

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