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RN1: John Banza somme Grâce Nkuanga d’annuler son «péage provincial»

Trop loin, trop vite. Le 28 avril 2026, le gouverneur Grâce Nkuanga Bilolo a signé l’arrêté n°090/bis/CAB.GOUV/KC/075/2026. Objectif: installer une direction provinciale pour contrôler les recettes de péage et pesage sur la RN1 Kinshasa-Matadi. Il a en même temps nommé un coordonnateur, un adjoint, et une structure baptisée DICOREP-Kongo Central. Réponse de Kinshasa: carton rouge. Ce 5 mai, le ministre d’État aux Infrastructures, John Banza Lunda, a sorti la grosse artillerie. Dans une injonction adressée au gouverneur, il dénonce une «dérive administrative inacceptable» et un «empiétement caractérisé sur les prérogatives régaliennes du Pouvoir central». Verdict: abrogation immédiate.

Facile à comprendre: la RN1 n’appartient pas au Kongo Central. Banza rappelle la loi organique du 7 octobre 2008 et la Constitution: les routes d’intérêt national relèvent exclusivement du Gouvernement Central. Péage, pesage, contrôle des recettes: c’est le ministère des Infrastructures, pas la province. «Aucune délégation de pouvoir ne vous autorise à interférer», tranche le ministre. Surtout que la RN1 est déjà sous «contrat de concession d’État dûment ratifié». Conséquence: l’arrêté est «entaché d’une nullité de plein droit pour excès de pouvoir».

Pour Banza Lunda, Nkuanga Bilolo pose un «acte de rébellion administrative». Deux dangers: casser l’équilibre financier de la concession et créer un conflit d’attribution qui tue la sécurité juridique des investisseurs. L’ultimatum tient en 48 heures.  Abroger sans délai l’arrêté n°090/bis et la DICOREP, «structure illégale».  Stopper toute activité: pas un agent, pas un guichet sur la RN1.  

Envoyer la preuve: copie de l’acte d’annulation au ministre et au Procureur Général près la Cour d’Appel du Kongo Central.  Rendre un rapport sous 24h: justifier la décision et lister tout ce qui a déjà été lancé.   Si le gouverneur résiste, Kinshasa promet l’escalade.  Saisine du Conseil d’État pour excès de pouvoir. Proposition de suspension administrative à la Haute Hiérarchie. Et plainte aux juridictions compétentes pour «gestion de fait et prise illégale d’intérêts». Motif: l’arrêté viserait «la perception indue de deniers publics relevant du Trésor Central».

Derrière cette leçon pédagogique, une bataille de cash. La RN1 est le poumon économique du pays. Péages et pesages rapportent gros. Laisser une province ouvrir un guichet parallèle, c’est le risque de la double taxation, du racket et du chaos contractuel.Dernier rappel: «L’État est un et indivisible». Le ministre Banza clôt sa lettre sec: «Votre autorité provinciale ne saurait s’exercer en dehors du respect scrupuleux des limites fixées par la Loi». À Matadi, le compteur tourne. 48 heures pour plier. À Kinshasa, on ne négocie plus.

YA KAKESA

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