
À Kinshasa, les turbines tournent au ralenti. En cause: un fleuve Congo à l’étiage, historiquement bas, qui fragilise la production hydroélectrique. Pour la SNEL, le défi est double. À la sécheresse hydrologique s’ajoute une pollution massive: des tonnes de bouteilles plastiques, de branchages et de troncs qui dérivent et menacent de colmater les prises d’eau des centrales. Face à l’urgence, le directeur général, le Prof. Teddy Lwamba Muba, a choisi le terrain. Depuis le week-end, ses équipes sont déployées directement sur le fleuve pour une opération de dégagement d’envergure.
Dimanche encore, les hommes étaient à l’oeuvre. L’objectif: désencombrer les voies d’eau, fluidifier le courant et sécuriser le fonctionnement des installations d’Inga et de Zongo, poumons électriques de la capitale. Une mobilisation 7j/7 assumée par la direction générale. «Chaque action qui peut préserver un mégawatt compte», résume un cadre de la SNEL. L’équation est périlleuse. Moins d’eau, c’est moins de pression pour faire tourner les turbines. Ajoutez-y des déchets qui bloquent les grilles et le rendement s’effondre, au risque d’aggraver les délestages à Kinshasa.
Au-delà de l’intervention technique, l’opération de Teddy Lwamba sonne comme un avertissement. Le fleuve Congo, deuxième fleuve le plus puissant au monde, est devenu le dépotoir de la mégalopole. Chaque bouteille jetée en amont finit par peser sur la production d’électricité en aval. La menace n’est plus seulement environnementale, elle est énergétique. En première ligne, le DG joue la carte du management de proximité. Pas de discours depuis son bureau de la Gombe, mais des bottes sur les berges. Une manière de montrer que la SNEL SA tente de limiter la casse face à un phénomène naturel aggravé par l’incivisme humain, tout en maintenant tant bien que mal la desserte d’une capitale de plus de 17 millions d’habitants.




