
Une nouvelle controverse agite la Fédération congolaise de football association -FECOFA. Après avoir dénoncé l’usurpation de sa signature dans le procès-verbal actant la modification des statuts, Zéphyr Kanyinda revient à la charge. L’ancien président de la Ligue nationale de football des jeunes -LINAFJ- s’insurge cette fois contre la circulaire du 17 août 2026 relative à la restructuration de l’arbitrage et des organes juridictionnels.Désormais, la FECOFA dépouille ses organes subdélégataires de leurs prérogatives de désignation des arbitres et de traitement des litiges.
Si Kanyinda reconnait à la Fédération le pouvoir de mener cette réorganisation, il en conteste la base juridique.Dans une tribune publiée jeudi 20 août, il rappelle que certaines propositions soumises à l’Assemblée générale de janvier dernier ne correspondaient pas aux réalités du football RD-congolais. «Elles avaient davantage l’allure d’un prêt-à-porter que l’on voulait imposer aux délégués», écrit-il. Parmi les modifications figuraient notamment de nouvelles conditions d’éligibilité pour les membres du comité exécutif. Selon Kanyinda, elles ont été rejetées par l’Assemblée générale, en présence de Véron Mosengo, alors secrétaire général de la CAF.
«Le tripatouillage des textes, qu’il ait été orchestré, accepté ou imposé à l’époque, est désormais à la base d’une divergence profonde dans l’interprétation des règles», affirme-t-il. Au sein du mouvement sportif, nombreux sont ceux qui estiment que le texte de référence reste le statut adopté en 2022 lors de l’Assemblée générale extraordinaire tenue sous la supervision du CONOR. Selon Kanyinda, la majorité des membres de l’Assemblée ne disposerait même pas de la version 2025, alors que l’actuel exécutif s’y réfère pour prendre des décisions.La circulaire du 17 août donne une nouvelle visibilité à ce différend. En retirant à la LINAFOOT la gestion de l’arbitrage et certaines compétences disciplinaires, la FECOFA renforce de facto la centralisation au niveau de l’instance faîtière. En plus de l’arbitrage, c’est la régularité de la base juridique qui est en jeu. Si les statuts de 2025 sont valides et régulièrement adoptés, ils peuvent fonder les décisions de la Fédération. Si leur adoption est irrégulière, leur invocation est contestable.
Le TAS saisi
Pendant ce temps, deux affaires concernant la FECOFA sont pendantes au Tribunal arbitral du sport. Portées par deux candidats recalés au scrutin de mai dernier, les requêtes suivent leur cours. Celle de Patrice-Rainier Mangenda a déjà bien avancé. «Peut-on continuer à gérer le football RD-congolais avec deux lectures différentes des textes ? Peut-on considérer comme pleinement en vigueur des statuts dont l’adoption est contestée?», s’interroge Kanyinda. L’ancien dirigeant appelle les parties à se mettre autour d’une même table pour clarifier définitivement les textes. «Une fédération ne peut fonctionner durablement avec des statuts à géométrie variable. Le football RD-congolais mérite mieux qu’une guerre de textes. Il a besoin de règles claires, connues de tous et régulièrement adoptées», tonne-t-il. Pour lui, le risque est institutionnel: reconnaître une éventuelle irrégularité du procès-verbal de 2025 reviendrait à remettre en cause la légalité du comité actuel. «Les membres de l’Assemblée générale qui ont connaissance des irrégularités ne peuvent plus rester silencieux, complaisants ou passifs», soutient-il.
Un casse-tête qui menace la stabilité
Même son de cloche chez le journaliste sportif Caleb Boyaka. Selon lui, des membres de l’Assemblée générale ont rejeté «certaines modifications soumises en janvier 2025», dispositions réapparues «ultérieurement dans un document présenté comme faisant foi». Un problème qui «touche directement à la sécurité juridique de la gouvernance du football RD-congolais». «Si les textes de 2025 sont valides, leur adoption et leur publication doivent pouvoir être établies sans ambiguïté. S’ils ne le sont pas, il revient aux organes compétents de tirer les conséquences», tranche Boyaka. Clarifier définitivement les textes applicables permettrait, selon lui, de «rétablir une référence statutaire commune». «Le football congolais n’a pas besoin d’une nouvelle guerre de textes. Il a besoin de règles claires, régulièrement adoptées et accessibles à tous», conclut l’analyste.
Natine K.


