
C’est non. Et c’est écrit noir sur blanc. Le 14 août 2026, l’Agence japonaise de coopération internationale -JICA- a répondu à la requête de l’Institut national de préparation professionnelle -INPP-, qui sollicitait un nouveau projet de coopération technique pour succéder au projet SOLIDE 2. Dans une lettre officielle signée Keiichi Okitsu, représentant résident JICA-RDC, adressée au directeur général adjoint de l’INPP, l’agence japonaise refuse de reconduire. L’INPP, par sa lettre DG/DGA/0359/26, demandait la poursuite de la coopération.
La JICA répond par une réorientation. «Dans le cadre de la pérennisation des acquis du projet SOLIDE 2, une réflexion est engagée autour d’un nouveau cadre de coopération technique axé sur l’approche Kaizen», lit-on. Puis: «L’INPP est encouragé à poursuivre son autonomisation et à renforcer ses capacités institutionnelles et techniques, en s’appuyant sur les outils, compétences et mécanismes développés dans le cadre de SOLIDE 2». La formule est diplomatique, le message facile à déchiffrer: le Japon a fini sa part. Il n’y aura pas de SOLIDE 3.
La JICA renvoie désormais l’INPP vers le Comité de suivi Kaizen-Productivité, CSKP-RDC, dont l’INPP est signataire, et lui demande de «valoriser, consolider et pérenniser» lui-même les acquis. Objectif affiché par Tokyo: «renforcer progressivement l’autonomie de l’INPP et favoriser l’appropriation nationale de l’approche Kaizen». Le document, réceptionné à la direction technique de l’INPP le 21 août 2026, porte le cachet de l’institut et le visa de la direction générale.
Après des années de perfusion technique et financière japonaise, l’INPP est invité à voler de ses propres ailes. Un coup dur pour l’institution. Dans les couloirs, des membres du personnel fustigent «l’indiscipline de ces dernières années, caractérisée par le clientélisme, des engagements et des promotions fantaisistes, au détriment des compétences». Des agents formés et outillés grâce à la coopération ont commencé à être négligés et mis de côté en faveur d’employés peu qualifiés. En juillet dernier, la septième et dernière réunion du comité conjoint de coordination du projet SOLIDE 2 s’est tenue à la direction provinciale de l’Institut national de préparation professionnelle, à Limete, à Kinshasa. Cette rencontre marquait l’aboutissement de plusieurs années d’accompagnement technique assuré par l’Agence japonaise de coopération internationale en faveur du renforcement des capacités de l’établissement public.
Au cœur de cette initiative figurait une ambition stratégique: permettre à l’INPP de développer une autonomie accrue dans la conception et la mise en œuvre de formations professionnelles répondant aux attentes concrètes du tissu économique. L’objectif était de rapprocher davantage les programmes d’apprentissage des compétences effectivement recherchées par les entreprises, afin de favoriser une meilleure insertion des apprenants sur le marché de l’emploi.
Par ailleurs, cette dernière réunion constituait, aux yeux des partenaires nippons, une occasion d’évaluer les résultats obtenus, d’identifier les acquis du projet ainsi que les défis qui subsistent pour garantir la pérennité des réformes engagées. Les participants avaient examiné notamment les mécanismes permettant à l’INPP de poursuivre, de manière autonome, les innovations pédagogiques et organisationnelles introduites grâce à l’appui japonais. Cette coopération s’inscrivait dans une vision plus large de développement du capital humain en République Démocratique du Congo.
Dans un contexte marqué par une forte croissance démographique et des besoins importants en main-d’œuvre qualifiée, le renforcement de la formation technique et professionnelle apparaît comme un levier essentiel pour améliorer la productivité des entreprises, stimuler l’entrepreneuriat et réduire le chômage, en particulier chez les jeunes.Depuis plusieurs décennies, la JICA accompagne la République démocratique du Congo dans divers secteurs stratégiques, notamment l’éducation, la santé, les infrastructures, l’agriculture et le renforcement des capacités institutionnelles. Le projet SOLIDE 2 illustrait cette volonté commune de promouvoir un développement durable fondé sur la qualification des ressources humaines et le transfert de compétences.
Natine K.