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Alingete publie sa bible du contrôle a priori

L’ancien patron de l’Inspection générale des finances -IGF- fait son retour, mais par la doctrine. L’Inspecteur général des finances, chef de service honoraire et émérite, Jules Alingete Key, présentera le 18 septembre 2026 à 18 heures, à la Maison du Congo de l’ambassade de République démocratique du Congo à Paris, son nouvel ouvrage intitulé «Le contrôle a priori des finances publiques en République Démocratique du Congo: La raison d’être de la Patrouille financière».

L’annonce a été faite mardi 8 septembre par son cabinet privé. Le vernissage, organisé par les éditions Larcier-Intersentia de Belgique qui publient l’ouvrage, se tiendra au 32 Cours Albert 1er, Paris 75008. Il réunira, selon le communiqué, «de hautes personnalités des mondes académique et économique, des représentants des corps de contrôle des finances publiques d’Afrique, des membres de la diaspora scientifique congolaise ainsi que la presse». Économiste, expert-comptable agréé et inspecteur des finances durant trente-sept ans, Alingete y défend une thèse qui a fait sa marque à la tête de l’IGF: la supériorité du contrôle a priori sur le contrôle a posteriori.

«Le contrôle a priori un mode de contrôle susceptible de garantir une meilleure implémentation de la bonne gouvernance publique, d’empêcher les détournements de deniers publics et de contribuer à la mobilisation des recettes de l’État», résume son cabinet.

Plus qu’un manuel technique, l’ouvrage se veut la bible d’une méthode. Celle de la «Patrouille financière», lancée à partir de 2020 sous l’impulsion du président Félix Tshisekedi, qui a consisté à installer les inspecteurs en amont de la chaîne de la dépense publique, dans les entreprises publiques, les ministères et les établissements les plus sensibles. Un évangile de la prévention où l’auteur érige l’anticipation en dogme: empêcher plutôt que constater le dégât, bloquer en amont plutôt que poursuivre en aval.

L’auteur y détaille, selon l’éditeur, «les avancées réalisées par la République Démocratique du Congo en matière de lutte contre la corruption et d’amélioration de la gouvernance financière publique», mais aussi «le fonctionnement des finances publiques congolaises ainsi que des mutations enregistrées par l’Inspection générale des finances depuis sa création». C’est à la fois un essai de finances publiques, un manuel de doctrine et, pour ses disciples, un livre saint.

Une doctrine déjà canonisée à l’international

Son propre livre arrive après une consécration internationale sur l’efficacité de la Patrouille financière.En août 2026, l’action de Jules Alingete sur la période 2020-2025 a fait l’objet d’une consécration académique: un chapitre entier lui est consacré dans l’ouvrage «La corruption publique en Afrique subsaharienne: héritages, mesures et perceptions», rédigé par trois professeurs de l’Université de Pretoria, Changwe Nshimbi, Sombo Muzata et Léon Mwamba Tshimpaka. Alingete y est décrit comme la «pièce maîtresse» de la lutte anticorruption sous la présidence Tshisekedi, érigeant les méthodes de l’IGF en véritable cas d’école pour la région.

Les universités marocaines lui ont aussi décerné un titre de Doctor honoris causa pour sa trouvaille. Il n’existe pas de décompte officiel du nombre de ses interventions à l’étranger, tant l’ancien «super flic financier» a multiplié les prises de parole. Parmi les plus emblématiques: le Parlement européen le 22 septembre 2022 et le Parlement fédéral belge le 28 septembre 2022, où il avait été invité à exposer les méthodes de lutte contre les détournements de deniers publics.

Plus tard, le Forum universitaire international sur la bonne gouvernance en Afrique, à Pretoria, où il a fait face à un corps professoral issu de la Sorbonne, de l’université du Maryland ou de Louvain, pour présenter son modèle et rassurer les investisseurs sur l’amélioration du climat des affaires. Le 18 septembre à 18 heures, dans la salle feutrée de la Maison du Congo, l’homme qui a incarné pendant six ans l’arme anti-détournement du régime Tshisekedi viendra donc défendre l’idée qui résume son parcours et qui tient lieu de verset à sa bible: la meilleure façon de punir la corruption reste encore de l’empêcher.

Tino Mabada

Doyen de la rédaction, Tino Mabada en est également le couteau suisse. Attaché à la rigueur journalistique, il suit avec une attention particulière les enjeux liés à la gouvernance, à la justice et à la vie publique. À travers ses reportages et ses analyses, il s'attache à fournir une information claire, contextualisée et fiable, contribuant ainsi à la mission d'AfricaNews : offrir une information crédible, vérifiée et sans filtre.

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