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Les investisseurs engagés dans la construction des infrastructures destinées aux Jeux de la Francophonie à Kinshasa écrivent au Président Tshisekedi, ils réclament une somme de 37 millions, représentant une dette impayée depuis trois ans

Depuis trois ans, les entrepreneurs ayant contribué aux infrastructures des Jeux de la Francophonie de Kinshasa se débattent dans un véritable calvaire financier, poursuivant désespérément la somme de 37 millions de dollars qui leur est dûe. En dépit de leurs efforts acharnés et de leur engagement sans faille pour le succès de cet événement, le temps passe et les promesses se sont lentement évaporées. Aujourd’hui, ces bâtisseurs, qui ont préfinancé leurs travaux et mis de côté leurs ressources, se trouvent plongés dans une tourmente insupportable, en proie à des difficultés économiques écrasantes. Nombre d’entre eux, contraints de prendre des mesures draconiennes, annoncent la suppression de centaines d’emplois afin de faire face à des charges implacables.

D’autres envisagent même de mettre la clé sous le paillasson, usés par une situation qui devient de plus en plus intenable. Ces hommes n’ont pas lésiné sur leurs efforts pour assurer la réussite de cette manifestation. Leur aspiration sincère à voir le pays briller à l’international se heurte aujourd’hui à la dure réalité du non-paiement.

Malgré l’attention et le soutien ponctuel de certaines autorités, y compris un dîner offert par le président de la République lui-même, les fonds attendus ne sont toujours pas débloqués. Ce manque de reconnaissance les pousse à regretter leur refus de céder à la tentation de la surfacturation, une décision morale qui les plonge aujourd’hui dans un océan de dettes et d’incertitudes.

Cri du cœur au Président de la République 

La détermination de ces investisseurs s’effrite, alors qu’ils voient leur avenir en République Démocratique du Congo s’assombrir. Certains envisagent désormais de se tourner vers des juridictions internationales pour faire entendre leur voix quand d’autres planifient des manifestations de rue avec tous leurs employés ainsi que leurs familles, même au risque d’être perçus comme ingrats pour les sacrifices consentis pour la gloire des Jeux de Kinshasa.

Leur frustration grandissante est telle qu’ils se demandent si le Président Tshisekedi est véritablement au fait de leur situation tragique. En attendant, le 14 novembre 2025, ils ont adressé un courrier choc au Directeur de cabinet du président de la République, dans lequel ils réclament les paiements dus pour des travaux réalisés, estimés à 37 millions de dollars, tout en partageant les moments dramatiques qu’ils rencontrent en raison de cette impasse.

«Monsieur le Directeur de Cabinet, Nous, entreprises ayant participé à l’exécution des travaux d’infrastructures destinées à accueillir les IX Jeux de la Francophonie organisés à Kinshasa, il y a de cela plusieurs mois, par la présente attirons votre haute attention sur la situation préoccupante du non-paiement des soldes de nos factures. Ces travaux ont été réalisés sous forte pression et à la demande expresse de la Présidence de la République, du Gouvernement Central ainsi que d’autres services de l’État, afin de garantir la réussite de cet événement d’envergure internationale», rappellent-ils dans cette correspondance.

Et de poursuivre: «Cependant, malgré nos multiples démarches et promesses reçues, les soldes dus restent, à ce jour, impayés. Nous constatons, avec amertume, que le Gouvernement n’est pas disposé à nous payer pendant que la tension sociale ne fait que monter et nos fournisseurs nous traduisent à tout moment en justice et il y’a mort d’hommes dont nous déplorons, alors que nous, prestataires de l’État, continuons de subir les conséquences financières du non-paiement de nos créances légitimes aujourd’hui 3 ans». Pénible.  Le temps est donc venu de relayer l’appel désespéré de ces braves hommes aux plus hautes instances, afin que les différentes promesse de paiement, qui semblent se perdre dans les arcanes de la politique, soient enfin honorées. Face aux discours attractifs du gouvernement sur l’investissement dans le pays, il est crucial que ces entrepreneurs soient soutenus et que justice leur soit rendue. 

Leurs contributions ne doivent pas être oubliées -c’est un cri du cœur pour que l’État prenne pleinement conscience de l’ampleur de leur crise et intervienne rapidement pour redonner espoir et dignité à ceux qui ont tant donné pour la fierté de la nation. Ces infrastructures, partiellement payées, servent aujourd’hui le pays dans l’organisation d’autres événements sportifs internationaux, comme la récente coupe d’Afrique des nations de handball féminin. Dimanche 16 novembre, deux experts internationaux sont arrivés à Kinshasa pour vérifier les conditions de ces mêmes infrastructures sportives pour y organiser le championnat d’Afrique des nations des luttes. 

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