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RDC: Irène Esambo défend son bilan sur le handicap et veut faire de l’inclusion un modèle africain

Un an après l’installation du gouvernement Suminwa II, la ministre déléguée chargée des personnes vivant avec handicap a présenté, à ton tour, son exercice de redevabilité. Au programme: accessibilité, quotas dans la fonction publique et entrepreneuriat. C’est un ministère à part, par son intitulé comme par sa mission. Au sein du gouvernement Suminwa II, Irène Esambo Diata est ministre déléguée auprès du ministre des Affaires sociales, chargée des personnes vivant avec handicap et autres personnes vulnérables. A l’occasion de l’exercice de reddition des comptes marquant la première année d’action du gouvernement, elle a présenté le bilan de son action.

Son intervention s’inscrit dans la continuité de la loi organique portant protection et promotion des droits des personnes vivant avec handicap, promulguée en 2023 et composée de plus de 250 articles. Un texte que la ministre présente comme le socle juridique de la politique d’inclusion, et dont l’application reste le principal chantier.

L’accessibilité comme priorité

Pour Irène Esambo Diata, l’inclusion ne se limite pas à la seule population handicapée. «C’est une responsabilité nationale», a-t-elle insisté, plaidant pour une approche transversale impliquant l’ensemble des ministères.

Au cœur de son propos, l’accessibilité. La ministre veut en faire une norme et pas seulement une question d’infrastructures. Elle cite l’accès à l’information, à la communication et aux services publics, et salue la généralisation progressive de l’interprétation en langue des signes dans les médias. Une pratique, estime-t-elle, qui doit devenir systématique dans les chaînes de télévision publiques et privées. Pour faire respecter les normes, le gouvernement dit renforcer ses mécanismes de contrôle. Des missions d’inspection conjointes, associant les ministères de la Justice et des Finances, sont annoncées pour vérifier la conformité des bâtiments publics et privés. La ministre évoque des sanctions pouvant aller «jusqu’au scellement ok» de chantiers non conformes.

Des quotas peu appliqués 

Sur le front de l’emploi, le bilan est plus contrasté. La loi prévoit un quota de 5% de personnes vivant avec handicap dans la fonction publique. Un seuil encore peu appliqué, reconnaît la ministre, mais qui donne lieu à quelques avancées localisées.

Elle cite l’exemple du Haut-Katanga, où, selon elle, le ministère de l’Emploi aurait recruté jusqu’à 10% de personnes handicapées lors de certaines opérations, au-delà du quota légal. D’autres recrutements seraient en cours, notamment dans le cadre du recensement national. Des discussions ont été engagées avec le ministère du Portefeuille pour étendre le dispositif aux entreprises publiques et avec la Fédération des entreprises du Congo -FEC- pour sensibiliser le secteur privé. Mais la généralisation reste, pour l’heure, à l’état de projet.

Le pari du handipreneuriat

Faute de pouvoir absorber l’ensemble des demandes d’emploi, le ministère mise désormais sur l’autonomie économique. Irène Esambo Diata a annoncé la création d’une institution publique dédiée à l’apprentissage des métiers, au handipreneuriat et à l’innovation. L’objectif: former et accompagner des personnes handicapées vers la création d’activités génératrices de revenus. Une campagne nationale pour l’élaboration de plans d’affaires simplifiés a été lancée, avec l’ambition de faciliter leur accès aux mécanismes de crédit. La ministre illustre son propos par le cas de personnes aveugles formées à la massothérapie, contraintes aujourd’hui à la mendicité faute de débouchés. Son ministère veut les accompagner vers la création de centres de massage ou leur intégration dans les structures de santé. Une politique qui, reconnaît-elle, dépendra largement des moyens budgétaires alloués.

L’ambition d’un modèle continental

Au-delà du bilan national, Irène Esambo Diata veut positionner la RDC comme référence africaine. Elle est revenue sur sa participation récente à une rencontre internationale à Abidjan, où elle a présenté l’expérience congolaise. À l’issue de cette mission, les autorités ivoiriennes se seraient engagées à recruter 400 personnes vivant avec handicap dans leur fonction publique. Une reconnaissance qu’elle interprète comme le signe d’un changement de regard sur la question du handicap en Afrique. «Les personnes vivant avec handicap ne demandent ni privilège ni assistance, mais l’application effective des droits garantis par la loi», a conclu la ministre, appelant à bâtir une République où chacun puisse «travailler, entreprendre et contribuer au développement national».

Reste à transformer l’arsenal juridique en réalité quotidienne. Car sur le terrain, entre infrastructures inaccessibles, préjugés persistants et absence d’opportunités, le chemin vers un pays inclusif demeure long.

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