
Le président de la Commission électorale nationale indépendante -CENI-, Denis Kadima Kazadi, a rencontré, jeudi 24 septembre à Kinshasa, le vice-Premier ministre du Budget, Adolphe Muzito, pour discuter du financement de futures opérations électorales. En prélude aux échéances de 2028, la Centrale électorale a soumis au gouvernement ses besoins prioritaires. Une rencontre stratégique pour anticiper le cadre financier du prochain cycle électoral. «Il était tout à fait naturel que nous rencontrions le vice-Premier ministre en charge du Budget pour discuter justement des questions y relatives. Car, la CENI est une institution publique émargeant du budget de l’État. Il y a une enveloppe qui est proposée au Parlement et il y aura d’autres rencontres ultérieures», a déclaré Denis Kadima à l’issue de cette rencontre.
Le numéro un de la CENI a tenu à situer sa démarche dans un esprit de responsabilité et de réalisme face aux contraintes budgétaires nationales. Il s’agit, selon lui, d’une proposition concertée. «Nous ne sommes donc pas une institution qui fonctionne isolément du reste du pays qui a beaucoup de besoins. Nous demandons seulement au gouvernement d’en tenir compte du fait qu’il y a des élections prévues en 2028. Il faut y penser et prévoir un budget en conséquence. Sinon, nous n’imposons rien, nous ne faisons que des propositions», a-t-il insisté.
Cette sortie du président de la CENI intervient alors que le projet de Loi de finances 2027 déposé à l’Assemblée nationale depuis le 15 septembre dernier, attend d’être examiné par les élus du people. Ce texte devrait intégrer les premiers décaissements liés au processus électoral, dont les opérations s’étalent généralement sur deux ans. Interrogé sur les priorités opérationnelles, Denis Kadima a été clair: «l’enrôlement reste la première étape incontournable. Sans fichier électoral actualisé, aucun scrutin ne peut être organisé».
«La priorité pour le moment, c’est l’enrôlement des électeurs, suivi plus tard, des opérations électorales comme le scrutin proprement dit. Cela s’étale sur une longue période. Pour nous, c’est important d’avoir ces échanges avec le ministre et voir dans quelle mesure il peut tenir compte de ces besoins exprimés», a-t-il souligné. L’opération d’identification et d’enrôlement est en effet la plus coûteuse et la plus logistiquement complexe du cycle électoral.
Elle nécessite le déploiement de plus de 20.000 kits à travers les 26 provinces, la formation de milliers d’agents, ainsi que la sécurisation des données. Lors du cycle 2022-2023, cette opération avait duré près d’un an. Le président de la CENI s’est dit rassuré par l’écoute du VPM du Budget. «Il s’est montré fort réceptif et on était sur une même longueur d’onde. Évidemment, il y aura d’autres institutions qui vont devoir aussi intervenir dans l’avenir jusqu’à ce que ce budget soit adopté. Pour l’heure, tout est en bonne voie», a-t-il ajouté.
Une démarche de concertation permanente
Cette rencontre s’inscrit dans la dynamique de concertation permanente prônée par le bureau Kadima. Depuis son installation, la CENI dit privilégier le dialogue avec toutes les parties prenantes: gouvernement, Parlement, partis politiques et Société civile. Pour l’équipe de la CENI, il est essentiel que le processus électoral ne soit pas perçu comme l’affaire d’une seule institution, mais comme une responsabilité collective de l’État. D’où l’importance d’associer très tôt le ministère du Budget, qui arbitre les priorités financières nationales. Le dialogue engagé constitue une étape essentielle vers l’adoption d’un cadre financier adapté aux échéances de 2028.
Car au-delà du budget, c’est la crédibilité et le respect du calendrier constitutionnel qui se jouent. En effet, la Constitution prévoit la tenue de l’élection présidentielle, des législatives nationales et provinciales en décembre 2028. Pour respecter ce délai, la CENI doit publier son calendrier électoral au plus tard fin 2027, ce qui implique que les fonds pour l’enrôlement soient disponibles dès le premier trimestre 2027. Dans les couloirs de la CENI, on rappelle que les retards de décaissement lors des cycles précédents avaient fortement perturbé le calendrier. L’anticipation est donc le maître-mot cette fois-ci.






