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Pékin: la «Cité interdite», pilier de l’économie touristique chinoise

Des journalistes africains invités par le Centre international de la presse et de la communication de Chine -CIPCC- ont visité, la semaine dernière, le prestigieux site touristique de la «Cité interdite». Situé en plein cœur de la capitale chinoise, cet ensemble palatial figure parmi les plus impressionnants au monde. Ancienne résidence des empereurs des dynasties Ming et Qing, devenue aujourd’hui le Musée du Palais, la Cité interdite est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Elle attire chaque jour des dizaines de milliers de visiteurs venus des quatre coins du monde. Son architecture grandiose, son riche passé historique et son importance économique en font un véritable moteur culturel et touristique de la Chine contemporaine. Au-delà de son intérêt historique, ce site constitue également l’un des principaux piliers de l’économie touristique chinoise.

Selon Marco, guide local, la Cité interdite accueille en moyenne près de 80 000 visiteurs par jour, ce qui en fait l’un des musées les plus fréquentés de la planète. Avec un billet d’entrée dont le prix varie entre 40 et 60 yuans, auxquels s’ajoutent les revenus générés par les musées spécialisés, les audioguides et les expositions temporaires, les recettes annuelles se chiffrent à plusieurs milliards de yuans. À en croire le guide, ces revenus ne profitent pas uniquement au site lui-même. Ils stimulent également l’ensemble du secteur touristique de Pékin, notamment les hôtels, les restaurants, les transports et les services culturels.

Cette réussite économique fait de la Cité interdite un exemple emblématique de valorisation du patrimoine culturel au service du développement. Un modèle souvent cité dans les débats sur la diversification économique des pays africains, eux aussi dotés de sites historiques et naturels majeurs, mais encore largement sous-exploités. Pourtant, la recette paraît simple: transformer le patrimoine en richesse durable grâce à une gestion rigoureuse, une promotion efficace et des infrastructures adaptées.

Un site si vaste qu’il faut prendre son temps

Visiter la Cité interdite ne se résume pas à une simple promenade touristique. Avec ses 74 hectares, ses quelque 980 bâtiments, ses milliers de pièces ainsi que son vaste réseau de cours, de palais et de jardins, le site exige du temps et de l’endurance. Pour en apprécier pleinement les richesses, il faut prévoir au moins une demi-journée, voire davantage pour découvrir les musées, les collections impériales et les nombreux détails architecturaux qui font sa renommée. Entourée de hauts remparts et d’un large fossé, la Cité interdite impressionne autant par son immensité que par son organisation hautement symbolique. Chaque espace reflète un aspect précis de la vie impériale. La cour extérieure était destinée aux cérémonies officielles et à l’exercice du pouvoir politique, tandis que la cour intérieure était réservée à la vie privée de la famille impériale. Cette configuration témoigne du caractère rigide et fortement hiérarchisé de l’ancien pouvoir chinois.

La construction de la Cité interdite débute en 1406 sous le règne de l’empereur Yongle, de la dynastie Ming. Près d’un million d’ouvriers auraient été mobilisés pendant plus d’une décennie pour ériger cet immense complexe. Dès 1420, celui-ci devient le centre politique et symbolique de l’Empire chinois. Pendant près de cinq siècles, l’accès au site est interdit au peuple et aux étrangers, d’où son appellation de «Cité interdite». Elle abritera 24 empereurs des dynasties Ming et Qing jusqu’à la chute de l’Empire en 1912. Ce n’est qu’en 1924, après l’expulsion du dernier empereur, Puyi, qu’elle s’ouvre véritablement au public. Au fil des siècles, le site a subi des incendies, des destructions et des pillages. Toutefois, il a été restauré avec soin afin de préserver son authenticité architecturale. Aujourd’hui encore, ses palais majestueux, ses toitures vernissées jaunes et ses nombreux symboles impériaux témoignent de la puissance de la Chine d’autrefois.

La Cité interdite n’est cependant pas qu’un vestige du passé. Elle est devenue un espace vivant consacré à la recherche, à la conservation et à la transmission du patrimoine culturel. Ses salles abritent d’exceptionnelles collections d’objets impériaux, de montres anciennes, de peintures et d’autres trésors artistiques. Par son immensité, sa richesse historique et son impact économique, la Cité interdite demeure un modèle unique de valorisation du patrimoine. Elle rappelle que l’histoire peut devenir un puissant moteur de développement, à condition d’être préservée, mise en valeur et exploitée de manière intelligente.

Olitho KAHUNGU, depuis Pékin

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