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FECOFA: un candidat conteste l’éligibilité de Véron Mosengo

À quelques jours d’un scrutin très attendu, la tension monte autour de l’élection du futur Comité exécutif de la Fédération congolaise de football association -FECOFA. Prévue le 20 mai prochain, cette élection est censée marquer une nouvelle étape dans la gouvernance du football RD-congolais, en ballotage depuis 2021 et la démission de Constant Omari, suivie d’un intérim infructueux de Donatien Tshimanga et d’une normalisation sans issue. Mais à une semaine de la publication de la liste définitive des candidats -attendue le 11 mai-, le processus électoral est déjà contesté.

Sur les neuf listes initialement déposées auprès de la Commission électorale, six ont été recalées à titre provisoire. Parmi les recalés figure Kevin Issa, désormais au cœur d’une polémique qui pourrait fragiliser davantage le processus.

Dans une lettre ouverte adressée à la Commission électorale, ce dernier remet en cause l’éligibilité de Véron Mosengo, pourtant retenu parmi les trois candidats encore en lice, aux côtés de Bosco Mwehu et Jean-Didier Masamba. Kevin Issa estime que son concurrent ne remplit pas les conditions fixées par les statuts de la FECOFA, notamment celles prévues à l’article 37. Cet article encadre strictement les critères d’éligibilité: être de nationalité congolaise, résider de manière permanente en République Démocratique du Congo, être âgé d’au moins 25 ans et justifier d’une expérience au sein des structures reconnues du football national. Des exigences que le candidat recalé juge incompatibles avec le profil de Véron Mosengo.

Kevin Issa souligne en effet que ce dernier, détenteur d’un passeport suisse selon lui, a occupé jusqu’au 29 mars 2026 le poste de secrétaire général de la Confédération africaine de football -CAF. Cette fonction impose, conformément aux statuts de l’institution, une résidence permanente au Caire, en Égypte. Dès lors, il estime difficile pour Mosengo de prouver une résidence effective au pays sur la période exigée. Kevin Issa va plus loin et met en doute l’authenticité du document de domiciliation fourni dans le dossier de son adversaire. Il dénonce un processus qu’il juge à géométrie variable, pointant notamment les reports successifs de l’élection.

Selon lui, ces reports auraient permis à certains acteurs initialement impliqués dans l’organisation du scrutin de se repositionner comme candidats. «Cette indignation repose sur le constat que votre organe semble organiser ce processus électoral de manière à favoriser un candidat se trouvant pourtant en situation d’irrégularité, ainsi que certains membres de sa liste, au mépris des textes en vigueur et de la volonté des acteurs du football RD-congolais», assène-t-il.

Les critiques ne s’arrêtent pas là. Le candidat recalé vise aussi Amadou Diaby, candidat deuxième vice-président sur la liste Mosengo. Ancien dirigeant de la Fédération guinéenne de football, sa situation soulèverait, selon Issa, des interrogations au regard de l’exigence d’exclusivité de nationalité RD-congolaise.

Dans ce contexte tendu, Kevin Issa appelle à l’invalidation «pure et simple» de la liste Mosengo afin de «préserver la crédibilité et la transparence du processus électoral». Il menace également de saisir la justice en cas de maintien de cette candidature. Cette nouvelle controverse intervient dans un climat déjà fragile pour le football RD-congolais. Plébiscité par l’opinion nationale, Shabani Nonda a dû jeter l’éponge après avoir été recalé à titre provisoire. Les cinq autres éconduits sont, selon plusieurs sources, en procédure auprès de la Commission des recours. L’élection du 20 mai, censée relancer la dynamique institutionnelle de la FECOFA, est définitivement loin d’avoir livré tous ses contours.

WIDAL

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