
À la Fédération congolaise de football association -FECOFA-, la page du Comité de normalisation -CONOR- s’est officiellement refermée mercredi 15 avril 2026. Mis en place en avril 2023 afin de déboucher sur l’installation d’un nouveau comité exécutif élu, ce régime spécial n’a pas produit les résultats escomptés, malgré les nombreuses remontrances de la Fédération internationale de football association -FIFA- et de la communauté footballistique nationale. C’est donc une fin sans éclat, sans consensus et surtout sans réelle normalisation qui interroge.
Symbole de cette désillusion, Belinda Luntadila, présidente du Comité de normalisation, a brillé par son absence au moment de passer le flambeau à la secrétaire générale, Lily Tshimpumpu, désignée pour conduire la courte transition de 35 jours jusqu’à l’installation du nouveau comité exécutif.
Une normalisation qui n’a jamais trouvé son rythme
Depuis avril 2023, la normalisation à la FECOFA a battu de l’aile. Premier président du CONOR, Dieudonné Sambi a échoué à conduire la barque à bon port, malgré deux prolongations. Son passage à la tête de la fédération aura été marqué par des tensions internes, des critiques sur la gestion et des lenteurs dans la mise en œuvre des réformes.
En septembre dernier, il a finalement été remplacé par Belinda Luntadila, arrivée en fanfare après son élection au comité disciplinaire de la CAF quelques semaines plus tôt. Sa nomination devait incarner un nouveau départ, avec pour objectif principal d’accélérer les réformes et d’aboutir enfin à l’organisation des élections. Sous sa direction, certaines avancées ont été enregistrées, notamment dans la structuration du processus électoral et les échanges avec les acteurs du football RD-congolais. Mais, là encore, les blocages n’ont pas été totalement levés, et sa gestion a surtout été entachée par des soupçons de «clientélisme» et de «népotisme».
Sortie sans éclat, bilan sans relief
Au final, le CONOR se conclut sur une note d’échec criante, alors que le football RD-congolais a progressivement perdu de sa visibilité sur la scène continentale. Pour plusieurs observateurs, les récentes prouesses de l’équipe nationale, qualifiée pour la Coupe du monde 2026, relèvent presque de l’exception. «Les Léopards sont une sorte d’arbre qui cache la forêt d’une gestion catastrophique», a lancé un analyste dans un forum WhatsApp.
Dans les coulisses, le CONOR laisse surtout des frustrations, aussi bien du côté des acteurs locaux que des observateurs du football RD-congolais. À l’unisson, tous dénoncent une normalisation sans véritable transformation structurelle. En choisissant de ne pas reconduire le CONOR, la FIFA espère redonner de l’élan à un processus qui s’enlise. Toutefois, cette sortie sans cérémonie pour la dirigeante du CONOR illustre le sentiment d’inachevé qui ronge aujourd’hui le football RD-congolais.
Si la normalisation a permis de maintenir un cadre institutionnel sous supervision internationale, elle n’a pas réussi à résoudre durablement les fractures internes ni à restaurer pleinement la confiance autour de la gestion du football en RD-Congo. La transition, voulue courte et censée déboucher sur l’installation d’un nouveau comité exécutif avant la Coupe du monde, est désormais très attendue, avec un besoin pressant de résultats.
WIDAL
