
L’avenue Révolution, au quartier Bumba, dans la commune de Ngaliema, est dans un état de dégradation très avancé, caractérisé par la progression à un rythme infernal du ravin qui, depuis quelques années, ne présentait plus aucun danger. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, surtout à cause des pluies diluviennes successives qui se sont abattues cette année sur la ville de Kinshasa, dont la dernière en date s’est encore soldée par des pertes humaines. Soit dit en passant, le dernier bilan annoncé par le gouvernement central fait état de 29 personnes tuées.
L’avenue Révolution, déjà coupée en deux et rendue impraticable depuis plusieurs années, fait que les habitants du quartier Bumba, surtout ceux les plus proches de l’érosion, vivent à nouveau avec la peur au ventre, celle d’être surpris dans leur sommeil par un éboulement qui pourrait leur être fatal. Cela est dû à l’augmentation du volume des érosions. Mais pour contrer la progression du ravin, chaque année, on y déverse toutes les ordures ménagères et autres immondices du coin, ce qui en fait un véritable dépotoir technique du quartier.
Certains qui avaient déjà fui le quartier pour aller se loger ailleurs, envisageaient d’y retourner, croyant que le ravin était définitivement maîtrisé par les ordures ménagères. Erreur, en ce sens que la liste des sinistrés s’est considérablement allongée, avec la crainte que de prochaines pluies n’occasionnent l’écroulement de leurs belles villas.
En tout cas, pour une érosion qui avait déjà été à l’origine de l’abandon de plusieurs villas par leurs propriétaires, la reprise de sa progression à un rythme aussi dangereux ne peut qu’étonner. C’est le moment pour certains de mettre leurs menaces à exécution en quittant le quartier, avant qu’il ne soit trop tard. Surtout qu’il s’agit d’un ravin qui, par le passé, avait déjà englouti des maisons d’habitation avant de se stabiliser.
Cette année, les notables du quartier et tous les propriétaires de maisons passent leur temps à chercher des voies et moyens pour stopper cette progression, au lieu d’abandonner et de s’en aller. Mais la tâche semble difficile au regard de l’ampleur des dégâts. D’autant plus que beaucoup, craignant toujours le pire -et comme la pluie n’a pas encore dit son dernier mot- redoutent la surprise. Dans cette atmosphère, ils se voient dans l’obligation de quitter le quartier pour s’installer momentanément chez des familles d’accueil. Ce qui n’est pas du tout facile dans cet environnement de crise.
L’autorité compétente interpellée
C’est ici le lieu et le moment d’interpeller l’autorité compétente pour qu’une solution urgente soit trouvée à ce problème qui a tant choqué les esprits. C’est une affaire de gros moyens et de volonté politique de la part des pouvoirs publics, plutôt que de petites cotisations faites par des propriétaires pour l’acquisition de sacs de ciment, de pierres vides et de pneus. Cela ne sera là qu’un coup d’épée dans l’eau.
De l’avis de plus d’un, il faut tout simplement y jeter un pont, en signant une fois pour toutes sa réhabilitation. Ce qui aura pour effet de rétablir la circulation normale et le passage de part en part. Et cela, ce n’est pas une affaire de notables, ni des habitants aux maigres moyens. Il faut ici souligner, avec l’emphase qui convient, que la survie de l’avenue Zolana, ce bel ouvrage réalisé par le gouvernement et inauguré par le Chef de l’État, dépend de la réfection et/ou de la modernisation de l’avenue Révolution. À défaut, la progression du ravin de Révolution risque d’endommager Zolana, rendant ainsi vains tous les travaux de modernisation réalisés par le gouvernement à travers le ministre d’État Alexis Gisaro.
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