Sous la bénédiction de Sylvestre Ilunga, les Banyamulenge font un pas vers la paix

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C’est un pas vers la paix retrouvée que viennent d’effectuer les Banyamulenge sous la bénédiction du Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba. En présence du chef du gouvernement, la communauté Banyamulenge a levé l’option de «construire une nouvelle dynamique de la paix et de renforcer la cohésion en son sein». L’option a été levée au terme du Forum intracommunautaire des  Banyamulenge dont la cérémonie de clôture, intervenue le samedi 15 février 2020, a été dirigée par le PM Ilunkamba et a connu la présence de différents membres du gouvernement, des personnalités de cette communauté ainsi que de Claude Ibalanky, coordonnateur du comité exécutif du mécanisme national de suivi de l’accord-cadre d’Addis-Abeba, etc.

Le locataire du Châteaude l’avenue Roi Baudouin croit dur comme fer que  les recommandations issues de ce forum de trois jours «sont fondées sur la bonne foi et la conviction de construire notre pays dans une vision républicaine et nationaliste». Sur un to rassurant, le PM Ilunkamba a déclaré: «vos préoccupations comme celles de vos communautés seront fusionnées et feront l’objet d’un débat sérieux au niveau du gouvernement afin d’y apporter une thérapeutique appropriée et efficace permettant de juguler une fois pour toute cette crise devenue persistante depuis plusieurs décennies».

Démarré le jeudi 13février au Cercle Elaïs de la Gombe à Kinshasa, le Forum intra-Banyamulenge a tenu ses promesses pour avoir servi de cadre de réflexion au sujet de la crise sécuritaire et humanitaire qui frappe de plein fouet les hauts et moyens plateaux de Fizi, Uvira et Mwenga. Il est ressorti de ces assises que l’insécurité criante sur les Hauts plateaux du Sud-Kivu n’est pas la conséquence d’une guerre inter-ethnique mais plutôt d’une guerre menée par une coalition des groupes armés connus, structurés et équipés ayant des objectifs macabres contre la communauté Banyamulenge. «Cette guerre est planifiée et injuste. Elle vise surtout l’épuration ethnique au Sud-Kivu et l’anéantissement de la Communauté Banyamulenge de la terre de leurs ancêtres», a dit Béatrice Gisaro en qualité de Déléguée des participants au Forum.

Pour contrer ce plan cynique, diverses recommandations ont été formulées à l’attention du gouvernement dont le chef, présent à la cérémonie de clôture, a reconnu que la tenue de ce forum a été un atout majeur pour identifier le nœud du problème et y apporter des solutions durables. Au nombre de ces recommandations, l’on note notamment qu’il a été demandé à l’exécutif national de protéger et sécuriser la population civile constituée des ressortissants de la communauté Banyamulenge et des autres communautés voisines; de débloquer en urgence des moyens nécessaires pour une assistance humanitaire; de renforcer l’autorité de l’Etat dans les hauts et moyens plateaux du Sud-Kivu. Aussi, il a été retenu des recommandations relatives à la prise des mesures interdisant la politisation de la question de la nationalité par des politiciens en mal de positionnement ainsi que la discrimination liée à la faciesse. Tant d’autres recommandations ont été formulées aussi bien à l’attention des Banyamulenge que des communautés voisines.

Satisfait de «la réussite de ce dialogue inter-communautaire», le Coordonnateur de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba, Claude Ibalanky, a invité les participants à repartir avec l’esprit de paix et de coexistence pacifique, signifiant que sans dialogue, il n’y a pas de paix durable. Il les a aussi invités à changer «résolument de fusil d’épaule pour surmonter l’adversité au sein de la communauté et pour y susciter de l’espoir surtout dans le chef des plus pessimistes».

Laurent OMBA