
La province du Nord-Kivu passe en mode mobilisation générale. Du 21 au 25 août 2026, tous les enfants âgés de 0 à 14 ans sont attendus dans les centres de santé et les sites de proximité pour recevoir les vaccins contre la poliomyélite, la rougeole et la rubéole. L’annonce a été faite par Prisca Luanda Kamala, Conseillère du gouverneur militaire en charge de la santé. Son message est clair et direct: les parents, tuteurs et gardiens doivent conduire leurs enfants vers les sites, sans exception. L’immunisation va s’appuyer sur un dispositif fixe.
Des centres seront implantés directement dans les quartiers et villages afin de rapprocher le service des ménages. L’appel est lancé à conduire même des enfants déjà vaccinés pour boucler la couverture et fermer la porte aux épidémies. «Le vaccin est l’outil le plus sûr, le plus rentable et le plus redoutable pour préserver nos enfants de ces affections» a-t-elle souligné. Le contexte rend la mission encore plus délicate. En plus de la polio, rougeole et de la rubéole, la province vit avec la crainte permanente de la maladie à virus Ebola. Résultat: les équipes de vaccination devront cumuler les gestes.
Vacciner, mais aussi faire respecter les mesures barrières. Lavage des mains, port de gants, désinfection du matériel. En outre, le gouvernement provincial sollicite l’implication des chefs coutumiers, les pasteurs, les imams, les présidents de quartiers et les responsables des organisations locales afin de se mettre en ordre de bataille en sensibilisant les familles, dans une société où la parole du chef ou du religieux pèse lourd. Dans une province qui a trop pleuré, avec l’activisme de forces armées et les répercussions du conflit, vacciner ces enfants symbolise l’acte d’espoir le plus fort que le gouvernement puisse poser aujourd’hui.
Deborah MATEYI
