Société

Les Etats membres de la Francophonie en guerre contre la cybercriminalité

Ouverte lundi 8 février dernier à Abidjan, la Conférence internationale sur le renforcement de la cybersécurité et de la cyberdéfense dans l’espace francophone se clôture ce mercredi 10 février dans la capitale ivoirienne. Les délégués des pays membres de l’Organisation internationale de Francophonie -OIF- y prennent part. Pendant trois jours, ils se sont penchés sur les nouveaux défis du numérique qui n’a pas que des avantages mais également des contraintes. C’est dans cette optique que la Secrétaire générale de la Francophonie, Michael Jean, a souhaité la tenue de cette rencontre avec objectifs majeurs d’échanger sur les meilleures pratiques dans le monde; d’élaborer, à l’intention des hauts dirigeants de la Francophonie, un projet de déclaration de principes sur la cybersécurité et la cyberdéfense dans l’espace francophone; et enfin de proposer une initiative francophone de renforcement de la cybersécurité et de la cyberdéfense.
Cette initiative de l’OIF s’appuie sur les décisions prises par les Chefs d’Etat et de gouvernement de la Francophonie. En effet, dans la stratégie de la Francophonie numérique «Horizon 2020», adoptée au Sommet de Kinshasa en octobre 2012, les Chefs d’État et de gouvernement de la Francophonie ont considéré «que la protection des données personnelles et collectives, de l’enfance et des catégories défavorisées, des secrets d’entreprise et d’Etat et des infrastructures sont aujourd’hui des enjeux cruciaux de l’écosystème du numérique. Dès lors, il est urgent de renforcer la confiance et la sécurité de l’internet par des meilleures protections contre la cybercriminalité: atteinte à la vie privée, aux données personnelles et à l’intégrité des infrastructures».
Les dirigeants francophones ne se sont pas arrêtés-là. Lors du Sommet de Dakar en 2014, ils ont réitéré en recommandant également à l’OIF de mettre en place des cadres réglementaires et législatifs modernes qui garantissent les droits et libertés sur internet, le respect de la vie privée et la protection des données personnelles.
Les Chefs d’Etat et de gouvernement ont aussi invité l’Organisation à adopter les mesures de cybersécurité qui établissent un espace de commerce et de transactions sécurisés pour les entreprises, les investisseurs et les consommateurs. Et, toutes ces recommandations ont été prises en compte. D’où l’organisation, à Abidjan, de cette Conférence internationale sur le renforcement de la cybersécurité et de la cyberdéfense dans l’espace francophone.
Contribution décisive de l’OIF
Les pays de l’espace francophone reconnaissent qu’avec le développement des technologies de l’information et de la communication, le monde assiste à une mutation de la criminalité classique prenant une dimension transfrontalière avec les différentes atteintes observées sur le cyberespace. Ce dernier est défini comme étant «un domaine global constitué du réseau maillé des infrastructures des technologies de l’information, dont l’internet, des réseaux de télécommunication, des systèmes informatiques, des processeurs et des mécanismes de contrôle intégrés. Cette criminalité, qui se développe dans le cyberespace se traduit de trois manières: traditionnelle -fraude et falsifications-; publication de contenus illicites -incitation à la haine, pédopornographie…-; infractions propres aux réseaux informatiques -attaques contre les systèmes informatiques, déni de service, piratage, extraction de données… Ces crimes peuvent avoir trois effets qui ne s’excluent pas mutuellement: le cybercriminel peut s’emparer de données confidentielles -la recherche, la stratégie d’un État, des données à valeur monétaire-; il peut perturber -empêcher le fonctionnement des systèmes informatiques des institutions, des systèmes financiers, des transports, de la distribution d’eau…- et enfin, il peut chercher à provoquer un adversaire politique -publier des documents confidentiels, monter la population contre lui, paralyser son site…
Voilà autant des raisons ayant motivé la haute direction de l’OIF à réunir les délégués des pays membres afin qu’ils se penchent sur cette situation et de proposer des solutions idoines à cela. Face à ce danger, la Francophonie ne peut que prendre ses dispositions. Surtout après avoir observé que plusieurs Etats membres de l’OIF ne sont pas suffisamment armés ou dotés pour faire face aux risques qui découlent de la criminalité électronique -arsenal juridique faible, moyens logistiques et techniques modestes, organisations institutionnelles non adaptées et capacités de connaissances techniques et opérationnelles des acteurs limitées. De plus, la majorité des pays francophones en développement ne disposent pas d’outils et de législations nécessaires pour endiguer ce fléau. Au terme de cette conférence d’Abidjan, il sera question pour les participants d’élaborer un guide pratique proposant une batterie d’actions et des combinaisons que les Etats mettront en œuvre. Occasion aussi pour l’OIF d’apporter une contribution décisive en matière d’appui à la lutte contre la cybercriminalité ainsi que les moyens d’appui à la cyberdéfense dans l’espace francophone.
Patrick NZAZI

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