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L’UNPC/Kinshasa lance la chasse aux faux journalistes

Le paysage médiatique de la capitale RD-congolaise entame sa mue. Samedi 7 mars 2026, le Bureau provincial de l’Union nationale de la presse du Congo -UNPC/Kinshasa- a tenu une matinée de restitution capitale visant à fixer les règles d’obtention de la carte d’identité professionnelle, véritable sésame désormais indispensable pour exercer.

Devant une assemblée de professionnels et de représentants d’associations, Jean-Marie Kassamba, président de l’UNPC/Kinshasa, a martelé une distinction qui fera date: «si vous êtes attaché de presse, vous n’êtes pas journaliste; si vous êtes communicateur, vous n’êtes pas journaliste». Cette mise au point s’inscrit dans une volonté ferme d’assainir un secteur fort d’environ 5.000 acteurs à Kinshasa, où la frontière entre information, propagande et communication institutionnelle est restée trop longtemps poreuse.

Le président provincial a tenu à saluer l’impulsion du ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya. Ce dernier, selon Jean-Marie Kassamba, a initié une série de réformes législatives visant à réhabiliter le métier de journaliste par les textes et, surtout, par une identification biométrique rigoureuse. A l’en croire, l’objectif est de valoriser la profession en RD-Congo et redonner ses lettres de noblesse à un métier en quête de crédibilité. Et de compléter: «désormais, le titre de journaliste se mérite et se prouve».

Pour obtenir la carte délivrée par la Commission nationale, le candidat doit se soumettre à un examen minutieux de son dossier. Seul celui qui remplira son formulaire et dont les pièces justificatives seront validées pourra se prévaloir de la qualité de journaliste. Pour faciliter cette transition, Jean-Marie Kassamba a annoncé la mise en place d’une administration permanente. A l’en croire, ce nouveau cadre permettra de traiter les dossiers de manière continue, assurant ainsi un suivi fluide pour les membres des associations et regroupements professionnels.

De son côté, Jasbey-Camille Zegbia, Secrétaire général de l’UNPC, a levé le voile sur les exigences de la presse moderne. Son constat est sans appel: pour que la plume reste libre, elle doit être certifiée. «Le système démocratique contemporain de la liberté de la presse constitue l’un des piliers essentiels de l’état de droit», a-t-il affirmé, tout en posant une condition majeure: la fin de l’anarchie professionnelle. Pour le patron administratif de la presse RD-congolaise, l’urgence est à la normalisation.

«Toutefois, l’exercice de la liberté de presse suppose l’existence d’un cadre normatif permanent permettant d’identifier le professionnel habilité à exercer l’activité journalistique», a-t-il précisé, indiquant que ce cadre n’est pas une contrainte, mais une protection: «celle qui permet d’identifier précisément qui est habilité à parler au nom de l’information».

En insistant sur la responsabilité sociale, Jasbey-Camille Zegbia a rappelé que chaque mot publié engage son auteur devant la société. Sans règles de jeu claires, a-t-il déclaré, la crédibilité de l’information -et par extension celle de la nation- s’effrite.

Dans sa prise de parole, Charles Dimandja, président de la Commission de la carte au sein de l’UNPC, a tapé du poing sur la table. A ses yeux, le rôle du journaliste dépasse la simple diffusion d’informations. Il a utilisé une métaphore forte pour illustrer cette responsabilité: le journaliste est désormais considéré comme «l’horloge qui permet de réguler la vie sociale». «On ne peut plus laisser l’exercice de cette profession se faire de manière aléatoire», a-t-il martelé.

Selon lui, la liberté d’expression ne doit pas être un prétexte à l’anarchie. En comparant le professionnel des médias à un mécanisme de précision, il a souligné que chaque information diffusée a un impact direct sur le rythme, la perception et la stabilité de la vie sociale des RD-Congolais. Avec cette réforme, l’UNPC espère fermer définitivement la porte à l’anarchie pour faire place à une presse kinoise plus responsable, éthique et surtout, identifiée.

Hénoc AKANO

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