
Pendant que les parents comptent les derniers crayons et cousent les derniers uniformes, une nouvelle tombe comme un couperet. Le complexe scolaire «Maman Jacqueline Elongo», situé au quartier Ndolo, dans la commune de Barumbu, a été démoli vendredi 21 août lors d’une opération de déguerpissement des emprises publiques menée sous l’œil du ministre provincial de l’Environnement. Pour l’Hôtel de Ville, l’opération est légale. Le ministre provincial de l’Environnement, Léon Mulumba, qui supervisait les travaux, assure que la promotrice n’a pas été prise par surprise.
«Elle a été avertie depuis près d’un an. Nous lui avons accordé deux à trois mois supplémentaires pour libérer volontairement le site. Elle n’a pas obtempéré», explique le ministre. Le ministre affirme également qu’à la veille de la rentrée scolaire, la promotrice aurait continué à percevoir les frais d’inscription des parents, alors qu’elle savait que ce terrain était réservé à la future décharge publique de la ville de Kinshasa. Dans le quartier, l’émotion vire à la colère. Certains habitants dénoncent une décision sans cœur. «À l’époque de Kabila, il y a eu des démolitions à Tembe na Tembe, mais le lycée Nakihinga avait été épargné. Ce ne sont pas des murs qu’ils ont abattus, mais l’avenir d’enfants», rappelle Gédéon Kipua, habitant de Barumbu. «Sous le nouveau régime, les choses changent. C’est déplorable», ajoute-t-il.
Au-delà des décombres, demeure l’impératif du relogement de centaines d’enfants laissés sans école. En intervenant à quelques jours de la rentrée scolaire, prévue le 1er septembre, cette démolition illustre à nouveau les contradictions d’une politique urbaine qui rase sans reloger et qui ouvre le dossier brûlant des emprises publiques à Kinshasa.
Deborah MATEYI


