
La commune de Lemba, dans le Centre-Est de Kinshasa, est sous le choc après la mort de Hugue Bakonga, un jeune vendeur de maillots, abattu dans la nuit du mardi 5 mai par un policier surnommé «DK». Selon les premières informations, l’agent aurait tiré trois balles à bout portant, atteignant mortellement la victime à la tête. Le drame ravive la colère de la population contre les bavures policières et relance les appels à un encadrement plus strict des forces de sécurité. D’après des témoins interrogés par le trihebdomadaire «AfricaNews», le policier qui assurerait également la garde d’un procureur résidant sur l’avenue Lubudi, aurait tenté d’extorquer de l’argent au jeune commerçant.
Face à son refus, motivé par de faibles recettes, l’agent aurait ouvert le feu sans sommation. Hugue Bakonga est mort sur-le-champ, laissant derrière lui son père et une fratrie de cinq enfants. Le policier mis en cause a été placé à la disposition de la justice. Les détonations, entendues aux environs de 21 heures sous une forte pluie, ont semé la panique dans le voisinage. «Hugue et le policier se connaissaient bien. Ce dernier avait l’habitude de le racketter. Nous sommes choqués par ce basculement brutal», a témoigné Clarisse Tshishimbi, habitante de l’avenue Lubudi.
Dans la commune, l’indignation est générale. Juriste et habitant de Lemba, Serge Mangwamba dénonce «la cupidité d’un agent de l’ordre» et une dérive dans le système de formation policière. «Autrefois, la discipline était au cœur du recrutement et de la formation, selon le principe que la discipline est la mère des armées. Aujourd’hui, nous observons une dérive inquiétante», estime-t-il. Il appelle les autorités à «des sanctions exemplaires et à un contrôle rigoureux des éléments déviants, afin de rétablir l’autorité de l’État».
Pour lui, il est urgent de restaurer la confiance entre la population et la Police. Sur le terrain, les habitants de Lemba réclament des mesures concrètes: une meilleure protection des civils, une lutte accrue contre les groupes armés et le déploiement de forces de sécurité professionnelles, appelées à agir dans un cadre de «dialogue, transparence et respect de la population».
Deborah MATEYI
