Société

Kinshasa: privés d’eau depuis cinq mois, les habitants de Kigoma, Mahenge et Dodoma interpellent les autorités

L’eau potable ne coule plus de robinets depuis plus de cinq mois sur les avenues Kigoma, Mahenge et Dodoma, dans la commune de Kinshasa. Les habitants vivent un véritable calvaire. En cause: les travaux de construction d’une route qui traverse le quartier. Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, les engins de chantier auraient endommagé, voire sectionné, les canalisations d’eau. Une situation qui affecterait également la desserte en électricité, devenue instable depuis le début du chantier routier. Pour survivre, les riverains s’en remettent à la bonne volonté des responsables du chantier. Un tuyau est mis à disposition, mais l’accès reste très encadré.

«Ils nous permettent de puiser de l’eau le soir, après les travaux de la journée», confie un habitant de l’avenue Kigoma. Et de poursuivre: «le matin, un accès exceptionnel est parfois toléré, avant que le point d’eau ne soit de nouveau fermé pour la journée». Une organisation qui crée d’énormes bousculades. Le soir, la foule se masse autour de l’unique point d’approvisionnement. Nombreux sont ceux qui repartent les bidons vides. Le matin, ce sont les élèves qui paient le plus lourd tribut, contraints de se débrouiller sans eau avant de prendre le chemin de l’école. Lancés en pleine saison sèche, les travaux avancent à pas de tortue, au grand dam de la population. «

Les travaux ont commencé pendant la saison sèche, mais ils traînent. Et si les pluies commençaient? Est-ce que nous, les habitants, allons continuer à souffrir?», s’interroge Anny Selemani, résidant sur l’avenue Mahenge. Une inquiétude légitime, les pluies risquant de compliquer davantage l’exécution du chantier et d’aggraver les conditions de vie. Sur le volet électricité, une lueur d’espoir semble apparaitre.

D’après Justin Mutombo, habitant du quartier, les responsables du chantier auraient annoncé le rétablissement des câbles électriques dès mercredi 16 septembre, en optant cette fois pour un passage en aérien, par des canaux en hauteur, et non plus en souterrain. Les autorités, pour leur part, assurent que les travaux devraient s’achever au plus tard début octobre. En attendant, avec la rentrée scolaire, la pénurie d’eau demeure une préoccupation majeure pour des centaines de familles qui appellent les autorités de la ville de Kinshasa et la REGIDESO à trouver une solution d’urgence pour soulager leur quotidien.

Bibiche SANGO

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