
La RD-Congo vient de franchir une étape historique dans la lutte contre le cancer. Sous l’impulsion du Commissariat général à l’énergie atomique, conduit par son Commissaire général, le Docteur Steve Muanza Kamunga, Directeur de recherche, le pays vient d’obtenir le financement d’un ambitieux projet de construction d’un centre intégré de diagnostic et de traitement anticancéreux à Kinshasa. Ce futur centre constituera une première pour la RD-Congo. Il offrira, dans une même infrastructure, une prise en charge oncologique complète, articulée autour de trois piliers essentiels, à savoir: la chimiothérapie, la chirurgie oncologique et la radiothérapie. Cette approche intégrée permettra de réduire les ruptures dans le parcours de soins, d’améliorer l’accès des patients à des traitements spécialisés et de renforcer la capacité nationale de réponse face à une pathologie qui demeure l’un des grands défis sanitaires dans le monde et sur notre continent.
Cette avancée s’inscrit pleinement dans la vision du Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui fait de la modernisation du système de santé, du développement de la recherche scientifique et du renforcement du capital humain des priorités nationales. Elle bénéficie également de l’engagement de la Professeure Marie-Thérèse Sombo, ministre de l’Enseignement supérieur et Recherche scientifique, dont le soutien aux institutions de recherche contribue à l’émergence de projets scientifiques structurants au service du développement de la République. Les travaux de construction devraient débuter au plus tard à la fin de l’année 2026. Au-delà de l’infrastructure hospitalière, le projet se distingue par sa cohérence scientifique, médicale et stratégique. Il ne s’agit pas seulement d’ériger un centre de soins, mais de bâtir un véritable écosystème national autour de la médecine nucléaire, de la radiothérapie et de l’oncologie moderne.
À ce centre sera en effet associé un bâtiment de radio-pharmacie destiné à la fabrication de radio-pharmaceutiques. Cette composante est essentielle, car la médecine nucléaire moderne repose sur la disponibilité de produits radio-pharmaceutiques fiables, contrôlés et adaptés aux besoins du diagnostic et du traitement. En effet, pour le diagnostic et le suivi des cancers la Tomographie par Emission de Positrons -TEP-scan- est une technique extrêmement précise et absolument incontournable; mais elle utilise des radio-isotopes qu’on ne peut produire qu’avec des cyclotrons. En intégrant cette capacité au projet, le CGEA inscrit la RD-Congo dans une dynamique de souveraineté scientifique et médicale, en réduisant la couteuse dépendance extérieure dans un domaine hautement stratégique.
Le troisième pilier du projet est tout aussi déterminant: la mise en place d’une École nationale supérieure des sciences et techniques nucléaires -ENSSTN. Cette école répondra à un besoin fondamental, celui de former les ressources humaines indispensables au fonctionnement, à la sécurité, à la maintenance et au développement des applications pacifiques du nucléaire. Médecins nucléaires, radio-pharmaciens, physiciens médicaux, ingénieurs, techniciens spécialisés et personnels de sûreté devront être formés localement, notamment afin de garantir la pérennité du projet. C’est précisément dans cette vision d’ensemble que réside la force de l’initiative portée par le CGEA. Le centre anticancéreux répondra à l’urgence médicale; la radio-pharmacie assurera l’autonomie technique et scientifique; l’école nationale garantira la disponibilité des compétences. Ensemble, ces trois composantes forment une architecture cohérente, durable et souveraine.
Cette avancée confirme le rôle stratégique que le Commissariat général à l’énergie atomique peut jouer dans le développement national, au-delà de la recherche fondamentale. En orientant les sciences et techniques nucléaires vers des applications concrètes dans la santé publique, le CGEA démontre que le nucléaire civil, lorsqu’il est maîtrisé, encadré et mis au service de la population, peut devenir un instrument puissant de progrès, de dignité et de souveraineté. Il convient, à cet égard, de saluer le leadership du Commissaire général Steve Muanza Kamunga, dont la vision a permis de replacer le CGEA au cœur des grands enjeux nationaux. Sous son impulsion, l’institution se positionne non seulement comme un centre de recherche, mais aussi comme un acteur de solutions pour la République, capable de mobiliser la science au service des besoins vitaux de la population.
L’obtention de ce financement marque donc bien plus que le lancement d’un chantier. Elle ouvre une nouvelle page pour la lutte contre le cancer en RD-Congo, pour la médecine nucléaire RD-congolaise et pour la formation d’une génération de spécialistes appelés à porter l’avenir scientifique du pays. À travers ce projet, le CGEA démontre qu’une institution scientifique nationale, lorsqu’elle est portée par une vision claire, un leadership engagé et une stratégie cohérente, peut devenir un levier décisif de transformation. Pour la RD-Congo, ce centre anticancéreux de Kinshasa représente une promesse majeure: celle d’une science RD-congolaise utile, souveraine et directement tournée vers la vie.



