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RDC : Grégoire Mutshail, enfin un technocrate à l’Agriculture

Grégoire Mutshail Mutomb Kangaji. Son nom n’est pas très connu du paysage politique RD-congolais. Quand il est cité, dans la nuit du mardi 28 au mercredi 29 mai, comme nouveau ministre de l’Agriculture et sécurité alimentaire du gouvernement Suminwa, c’est presqu’une surprise dans l’opinion. Pourtant, cet expert originaire du Lualaba est tout sauf un parvenu dans le domaine de l’agriculture. Du haut de ses 20 ans de navette dans les projets et programmes l’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture -FAO-, Mutshail a forgé ses armes dans le domaine de la sécurité alimentaire. Reconnu «expert national» en alimentation et en agriculture, il est détenteur d’une maitrise en Art de l’Université méthodiste, en collaboration avec DAI International des USA. Il possède également une licence des Sciences agrovétérinaires, option Phytotechnie et défense des cultures de l’Institut supérieur pédagogique de Lubumbashi. Ingénieur depuis 1989 pour avoir décroché un diplôme de l’Institut supérieur d’études agronomiques de Bengamisa/Kisangani, le nouveau ministre de l’Agriculture est tombé amoureux de la terre très jeune. Cette passion s’est forgée par un diplôme d’État en section agricole. Plusieurs fois, il a été inspecteur provincial de l’agriculture ad intérim dans l’ex-province du Katanga mais aussi conseiller technique de nombreux ministres de l’Agriculture et Développement rural. Voilà qui pousse à dire: «enfin, un technocrate au ministère de l’Agriculture».

Jusqu’à sa nomination, Grégoire Mutshail était directeur de cabinet du ministre provincial du Développement rural dans le Haut-Katanga. Au-delà de sa technocratie, Mutshail est aussi politiquement engagé. Membre de l’UDPS depuis 2011, il a été en première ligne de la campagne électorale du candidat Félix Tshisekedi aux présidentielles de 2018 et 2023. En 2018 déjà, il a occupé les fonctions de chargé des finances et logistiques au directoire de Cap pour le changement -CACH- dans le grand Katanga.

Entre espoirs et grosses attentes

Pays continent, la RD-Congo dispose de 4 millions de terres irrigables et de près de 80 millions d’hectares de terres arables dont 1% seulement cultivées alors que l’agriculture paysanne occupe 70% de la population active. Malgré ces dons de la nature, le pays croupit dans une insécurité alimentaire sans pareille. Selon les données du FAO, près d’un quart de la population RD-congolaise est confronté à une «insécurité alimentaire aiguë alors que les besoins humanitaires atteignent des niveaux records». L’agence onusienne a même classé le pays, en septembre 2023, parmi les «plus grandes crises alimentaires au monde».

C’est dans ce contexte particulier qu’arrive Mutshail. Son background, selon plusieurs observateurs, fait de lui l’homme de la situation pour que la fameuse revanche du sol sur le sous-sol cesse d’être un creux slogan. Les attentes sont certainement nombreuses au regard des potentialités de la RD-Congo. De l’avis des observateurs avertis, Mutshail a «l’expertise et le savoir-faire nécessaires pour l’œuvre».

Prenant la mesure de la tâche lui confiée et des attentes de la population, le nouveau ministre de l’Agriculture a déjà pris l’engagement d’exploiter toutes les terres arables disponibles pour booster l’exportation des produits locaux. Une «détermination sans faille» qui augure des lendemains meilleurs pour le secteur agricole RD-congolais, appelé à devenir vivier de la consommation locale mais aussi s’exporter vers d’autres pays. Le nouveau patron du secteur semble bien conscient du travail qui l’attend et entend relever ces défis dans l’unité, convaincu d’un avenir radieux du pays avec une population alimentairement plus sécurisée. Son appel à l’action est gage d’espoir et a resonné tel un sursaut d’orgueil pour un département longtemps resté parent pauvre du gouvernement.

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