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AFRIMPA, l’Afrique francophone crée son alliance médiatique contre le paludisme

Les médias francophones d’Afrique ont décidé de briser le silence sur le paludisme. L’ONG Impact Santé Afrique -ISA- a lancé, mercredi 09 septembre à Brazzaville, l’Alliance francophone des médias et journalistes contre le paludisme -AFRIMPA. Cette plateforme régionale est mise en place pour imposer un traitement durable de l’information face à une maladie qui continue de tuer massivement. La cérémonie de lancement a réuni à Brazzaville des professionnels des médias venus de plusieurs pays d’Afrique francophone dont la RD-Congo, en présence de Jean-Rosaire Ibara, ministre de la Santé et de la Population de la République du Congo et de plusieurs invités. «Le paludisme continue de peser lourdement sur nos pays. Il touche des millions de personnes chaque année, en particulier les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes. Et pourtant, malgré cette réalité constante, l’attention qu’on lui accorde, elle, ne l’est pas. J’appelle les médias à briser l’invisibilité du paludisme, à traquer les financements et à donner les paroles aux communautés affectées», a déclaré Olivia Ngou, directrice exécutive d’ISA.

Selon elle, le paludisme ne disparaît pas entre deux journées mondiales qu’on célèbre. S’il est causé par un parasite transmis par la piqûre de moustiques anophèles, sa persistance est aggravée par trois menaces, notamment l’évolution de la maladie avec l’émergence de résistances aux médicaments et aux insecticides, la pression sur les financements internationaux qui ne suffiront plus seuls, et la désinformation.

La directrice exécutive d’ISA a fustigé une couverture médiatique trop ponctuelle, concentrée autour de la Journée mondiale, d’une épidémie ou du lancement d’une campagne. «Or, ce qui se joue dans ce silence est immense. Il y a les décisions de financement, la mise en œuvre des programmes, la redevabilité des acteurs, les innovations qui pourraient sauver des vies», a-t-elle martelé. AFRIMPA, dont le secrétariat est assuré par ISA, n’est pas un simple programme de formation ponctuel, mais une plateforme qui réunit des journalistes, rédacteurs en chef et organisations médiatiques. Elle s’appuiera sur les réseaux déjà actifs au Cameroun et en RD-Congo comme premiers points d’ancrage.

Pour ISA, les journalistes doivent maintenir l’attention toute l’année, comprendre et traquer les financements. «Nous voulons que le journaliste qui cherche à comprendre un budget consacré au paludisme sache qui appeler. Que celle qui découvre une histoire importante au Cameroun puisse échanger avec un confrère en RD-Congo», a souhaité Olivia Ngou. Même son de cloche du côté du gouvernement congolais. Ouvrant les travaux, le ministre de la Santé, le Professeur Jean-Rosaire Ibara, a affirmé que la lutte se joue aussi dans les médias.

«La lutte contre le paludisme ne se gagne pas uniquement dans les formations sanitaires, les laboratoires et les programmes de santé, mais elle se gagne également dans l’espace public, dans les familles, dans les communautés et dans les médias. La qualité de l’information peut sauver des vies», a-t-il déclaré. Il a insisté sur l’urgence de lutter contre la désinformation. «Une rumeur sur un médicament, une information non vérifiée sur un vaccin, une mauvaise interprétation de données épidémiologiques peuvent détourner les populations des interventions utiles. Le journalisme sanitaire doit conjuguer rigueur, vérification et pédagogie», a indiqué le ministre congolais de la santé.

Jean-Rosaire Ibara a rappelé que le paludisme n’est pas seulement une maladie infectieuse, mais un problème de développement, de productivité et de justice sanitaire. En République du Congo, a-t-il révélé, le profil OMS fondé sur les données 2023 estimait environ 1,3 million de cas et 2.200 décès, tandis que 100% de la population vivait en zone de transmission supérieure à un cas pour 1.000 habitants, avec prédominance de Plasmodium falciparum. Pour lui, la création d’AFRIMPA vient combler un vide réel en construisant une alliance durable entre médias, scientifiques, autorités et communautés pour transformer des données complexes en messages compréhensibles. 

Octave MUKENDI/Depuis Brazzaville

Octave Mukendi

Rédacteur en chef d'AfricaNews RDC, Octave Mukendi est un journaliste expérimenté. Il coordonne la production éditoriale du média et veille au respect des standards de qualité, de rigueur et d'éthique journalistique. Il couvre les grands enjeux politiques, économiques et sociaux en République démocratique du Congo, avec une attention particulière portée à la contextualisation et à la fiabilité de l'information. À travers son travail éditorial et ses analyses, il contribue à faire d'AfricaNews une référence en matière d'information crédible, vérifiée et sans filtre.

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