Politique

Robert Ngambi:«Ce n’est pas par des déclarations que vous ferez partir Kabila…par des voix non démocratiques»

«Nous ne sommes que des hommes, ce que nous faisons c’est juste une pièce théâtrale. Si le bulletin de vote ne nous chasse pas, la malaria est aussi notre adversaire. Les maux de tête, la grippe, la prostate, …», tape-t-il
 
Il est rare, alors très rare, d’entendre de tels propos d’un sociétaire de la Majorité présidentielle -MP. Mais au Parti lumumbiste unifié -PALU-, allié à la plateforme présidentielle, les rejetons du Patriarche Antoine Gizenga Fundji semblent, de plus en plus, ne pas se sentir aliénés par le positionnement du parti. Dans une interview accordée à «AfricaNews», Robert Ngambi, ancien secrétaire permanent adjoint du PALU, met les pieds dans le plat par son franc-parler et surtout la pertinence de son analyse sur la crise politique que traverse la RD-Congo. Sans langue de bois, ni peur au ventre, ce cadre lumumbiste affirme que l’un de deux principaux enjeux qui bloquent la résolution de la crise est la survie de la MP en l’absence de Joseph Kabila. Dans un langage davantage de spécialiste en Sciences politique que de partisan, il rappelle que les RD-Congolais attendent de la classe politique un dépassement de soi afin de sortir le pays de la crise. Ce qui lui semble loin d’arriver: «nous sommes beaucoup plus liés à des comportements des politiciens que des comportements d’hommes d’Etat. Nous sommes en train de sacrifier les générations futures au profit de nos intérêts personnels. De plus en plus, la République est en train d’être pris en otage par une oligarchie… Il y a une rupture totale entre les gouvernants et les gouvernés». Fondu dans son fauteuil, l’air révolté, ce PALU soutient qu’il y a nécessité de renouveler la classe politique au travers des élections à différents niveaux. «Si nous n’allons pas aux élections pour renouveler la classe politique, nous allons nous éterniser au pouvoir, comme l’a fait Mobutu, pendant sept ans en évoquant les dispositions qui disent: nous restons jusqu’à la remise et reprise», martèle-t-il.
En outre, Ngambi fustige le recours à des interminables transitions qui, selon lui, occasionnent la destruction de l’Etat. «Le plus important est qu’il faut mettre fin à ces régimes transitoires dominés par le partage équitable et équilibré du pouvoir avec pour principe: personne n’ayant gagné les élections, la transition est l’affaire de tous». Dans la même entrevue, ce cadre lumumbiste estime que le Rassemblement censé faire le contrepoids de la MP est en perte de vitesse depuis le décès du Sphinx de Limete. «La mort d’Etienne Tshisekedi est un coup de massue. C’est comme une bergerie sans berger…», lâche-t-il. Puis: «La dynamique qui s’installe en face sans Etienne Thisekedi manque un leadership canalisateur. Tout le monde a développé la culture du repas. C’est le moment de profiter pour avoir un véhicule, pour s’acheter une maison, … L’idéal du ventre amène la concurrence à l’intérieur de la même maison. C’est ce qu’il y a aujourd’hui. Ils vont encore se diviser davantage».

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