Politique

Pourquoi Nangaa est diabolisé en Belgique

Les juges des marchés publics ont choisi, objectivement, Gemalto, une entreprise multinationale de droit néerlandais, leader mondial de la sécurité numérique et premier fabricant mondial de cartes SIM. Face à ce géant, Zetes qui, du reste, fait, lui-même, appel à l’expertise de Gemalto pour exister, fait piètre figure et a logiquement perdu. Voilà qu’il tient à ternir l’image de la CENI
Les dirigeants ainsi que les institutions de la RD-Congo font depuis un bon moment l’objet d’une campagne de diabolisation dans les médias internationaux. Dans cette série, la Commission électorale nationale indépendante -CENI- n’est pas épargnée. Pas plus tard que le week-end dernier, un article paru dans un journal belge, a accusé la CENI de détournements de fonds sur son compte estimé à 7,5 millions USD à la BGFI Banque. Bien que ces affirmations aient déjà été démenties par Corneille Nangaa, président de la centrale électorale, qui les a qualifiées d’intoxication tendant à désorienter l’opinion, un article paru dans la presse RD-congolaise fait des révélations pointant du doigt une firme belge qui tient à ternir l’image de marque de la CENI pour avoir perdu le marché des kits électoraux en RD-Congo.
A en croire cette analyse de la presse RD-congolaise, depuis que le groupe Gemalto avait remporté, en juin 2016, le marché des kits électoraux pour les élections à venir en RD-Congo et ce, au nez et à la barbe de Zetes, firme belge, tous les observateurs attentifs savaient que le grand perdant allait chercher à saper la crédibilité de la CENI. Ce, pour la simple raison qu’il n’est jamais facile d’accepter d’être détrôné, mieux de se faire arracher le pain de la bouche. Quand on s’est habitué à la cuisine au beurre, il est toujours difficile d’en revenir à la margarine.
Cette analyse révèle également qu’en 2006 et 2011, Zetes qui avait obtenu, grâce à une vaste corruption, ce même marché, mais de gré à gré, avait du mal à accepter la procédure d’appel d’offres imposée par Corneille Nangaa, nouvellement élu à la tête de la Centrale électorale qui avait saisi le BCECO pour l’attribution des marchés liés à tout le processus électoral.
Objectivité du choix des juges des marchés publics
«Les juges des marchés publics avaient choisi, objectivement, Gemalto, une entreprise multinationale, de droit néerlandais, leader mondial de la sécurité numérique et premier fabricant mondial de cartes SIM. Face à ce géant, Zetes, qui, du reste, fait, lui-même, appel à l’expertise de Gemalto pour exister, faisait piètre figure et a logiquement perdu. Mais à l’instar d’un joueur de mauvaise foi qui renverse la table lorsqu’il perd la partie, l’entreprise belge a-t-elle cherché à se payer la tête de Corneille Nangaa?», s’interroge l’analyste.
Selon lui, beaucoup d’éléments troublants parus, subitement, dans la presse belge samedi dernier, semblent diriger les regards vers le mauvais perdant dont les principaux actionnaires nourrissent une haine démesurée contre Joseph Kabila. Dans leur stratégie, poursuit-il, il était impératif de jeter le discrédit sur la Commission Electorale nationale indépendante -CENI. Pour ce faire, il n’y avait rien de plus efficace que la manipulation, la désinformation… en série.
«Nul ne pense, en effet, que les récentes accusations, étalées dans la presse belge, contre Corneille Nangaa et relatives à un improbable détournement de fonds sur les comptes CENI à la BGFI Banque, sont les dernières. Il y en aura d’autres. Les procédés utilisés par les détracteurs, sans raison, de Kabila, ne surprennent plus personne. On utilise des plumes de la presse internationale pour faire passer un mensonge: la CENI manquerait de volonté pour organiser les élections dont elle a pourtant reçu une provision d’argent de la part du gouvernement. Qui a gagné combien d’argent pour dénaturer à ce point les faits?», s’étonne l’analyse.
Autonomie financière de la CENI
Dans son argumentaire, l’analyste affirme qu’à plusieurs reprises, devant les élus du peuple, Nangaa a déclaré que le gouvernement versait de l’argent à son institution. Fort de cette réalité, il soutient que le président de la CENI est un technicien, imperturbable et internationalement reconnu. Et que ses réserves sur la tenue des élections en décembre 2016 n’ont pas été dictées par l’absence de fonds, mais plutôt par des contraintes techniques, validées par les experts de toutes les grandes organisations de la communauté internationale. «Visiblement, ceux qui ont commandé ces articles incendiaires et qui sont décidés à en découdre avec le président de la CENI, cherchent à le trainer sur un terrain politique, pour cacher leur incompétence, seule raison pour laquelle ils ont perdu un pari ou un marché public», déclare-t-il.
L’auteur de l’analyse se demande s’il faut encore rappeler que la CENI est une institution d’appui à la démocratie qui regroupe en son sein des membres issus de la Majorité, de l’Opposition et de la Société civile, qui garantissent son indépendance? Et d’ajouter: Faut-il rappeler également qu’elle dispose de l’autonomie financière aux termes de la Loi qui l’a créée? Et qu’à ce titre, la Centrale électorale peut et dispose de plusieurs comptes en banque. Pour lui, cela ne surprendrait personne en France, en Belgique, aux Etats-Unis, et même ici en RD-Congo. Sauf ceux qui sont aveuglés par leur frustration. «Si une personne physique a le droit de détenir plusieurs comptes en banque, une personne morale le peut aussi», confie-t-il.
Des documents parus dans la presse belge, et destinés à nuire à la CENI font retraits, sur un des comptes bancaires de la CENI, des fonds importants retirés par des agents qualifiés, compétents et dument autorisés à faire ces mouvements. Si la qualité de ces personnes n’est plus contestable, la fixation sur les montants, comme l’a fait une certaine presse belge, ne saurait être une preuve de détournement. Ce, dès lors que l’affectation des dites sommes à des opérations exclusivement électorales est établie. Les preuves gisent dans tous les rapports de la CENI.
Aucun débat sur la régularité des opérations financières
Il n’y a donc plus débat sur la régularité de ces opérations. Sauf peut-être à chercher à semer le doute sur les commissions perçues par la banque BGFI sur un crédit octroyé régulièrement à la CENI, une des allégations étalées maladroitement en Belgique. Ici encore, les faits démontrent que tout a été fait dans les règles.
La presse a, en effet, écrit que la CENI possédait des millions en dollars sur un compte, avant d’en ouvrir un autre sur lequel elle a obtenu un crédit de 25 millions de dollars. C’est une déformation honteuse de la réalité RD-congolaise et mondiale. Le premier compte, libellé en Francs congolais et présenté comme garantie, que la CENI a pu obtenir son crédit en dollars américains et ouvrir dans la même banque un compte en dollars pour les loger. Il s’agit d’une opération banale, connue de tous les citoyens RD-congolais. On a tous dans ce pays un compte bancaire en Francs congolais, puis un autre en dollars américains.
Les commissions perçues par la banque lors des opérations sur ce compte crédité sont une pratique bancaire mondiale.
Ainsi, de quelque endroit que l’on se place, les attaques de la presse belge sont infondées et entachées d’une irrémédiable dénaturation des faits et semblent être destinées à casser du sucre sur le dos de la CENI pour espérer fragiliser l’accord politique, preuve de la souveraineté de la RD-Congo qui continue à déjouer, jour après jour, les complots subversifs de ses ennemis. Le Pays tient débout. Le processus électoral est irréversible. Ainsi en ont décidé les délégués au dialogue en vue de l’organisation des élections apaisées en avril 2018.
Guylain LUZAMBA

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