Politique

Mbata, le souffleur de Kamerhe, dévalué

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«Dégagez la scène politique si vous tenez à rester 100% scientifique!», exhortation signée Omer Nsongo Die Lema à l’adresse d’un candidat UNC défait aux législatives nationales de 2011, le prof André Mbata, qui s’attribue maladroitement toutes les thèses du camp anti révision, péchant par son manque de rigueur scientifique. Imposture dénoncée…
Ces médias tueurs! On a beau les aduler, ils vous font monter un jour avant de vous asséner le coup fatal. Le professeur André Mbata, candidat défait aux législatives de 2011 sur la liste de l’UNC, le parti de Vital Kamerhe, a pris l’habitude de côtoyer les médias. Mais il doit s’en mordre les doigts après s’être laissé prendre au piège de Dom, l’estimé confrère Dominique Mukenza, journaliste au quotidien Le Phare. Mbata s’est prêté aux questions intelligentes, pertinentes et impertinentes du journaliste. Il s’est suicidé.
C’est lui le centre du monde… scientifique de la RD-Congo. C’est  presque lui l’inspirateur, le guide du camp réfractaire à la révision de la Constitution, notamment l’Opposition et la CENCO… On est tenté de croire que dans ce pays, Mbata détient le monopole d’identification de bons religieux, de bons évêques, de bons pasteurs, de bons prophètes, de bons journalistes, de  bons professeurs d’université, de bonnes universités…
Tiens, tiens! On découvre là un génie qui, malheureusement, en réponse à la toute première question du quotidien, étale ses faiblesses et sort des énormités. A commencer par l’affirmation selon laquelle c’est le Sénat actuel, mis en place en 2007, qui avait proposé la Constitution de 2006! Mbata ne dit pas que cette chambre, chargée de rédiger la mouture pendant la Transition, avait rejeté le projet lui soumis au motif que les articles liés à la nationalité bradaient la nationalité congolaise. L’assertion de Mbata passe pour une imposture que refuse d’admettre un autre journaliste, aîné à Dom, Omer Nsongo Die Lema. Ce dernier s’est livré au décryptage de la sortie médiatique du prof de l’UNC.
L’aversion ressentie l’a poussé à adresser une lettre ouverte à l’apprenti sorcier. Mais de quoi voulait parler Mbata? Qu’a-t-il fait de la rigueur scientifique? Ne sait-il pas que la politique a ses exigences que la science a parfois difficile à comprendre et expliquer? Ne sait-il pas aussi qu’à l’inverse, la science a ses contraintes que la politique aura toujours du mal à comprendre et adopter? Consciemment ou inconsciemment, Dom s’est bien joué de Mbata. Et Omer Nsongo, lui, a pris plaisir à relever les inepties et les délires du Prof, prié de dégager la scène politique, où il semble ne pas avoir sa place! Question: qu’est-ce que Mbata a bien dit à Dom? Quand on n’a rien à dire, on se tait. Sinon, place au ridicule. Le guide et souffleur de Kamerhe… euh pardon de l’Opposition et de la CENCO, en sort dévalué!
AKM    
Lettre ouverte au Pr André Mbata de l’UNC
Dégagez la scène politique si vous tenez à rester 100 % scientifique!
Professeur de droit et constitutionnaliste, vous soutenez dans votre interview au journal «Le Phare» du 30 septembre 2014 que la Constitution du 18 février 2006 est l’œuvre du Sénat actuel, pourtant mis en place en 2007! Preuve, si besoin est, que vous édifiez mal vos étudiants et même vos interlocuteurs au pays et à l’étranger. Bien plus, vous vous attribuez les initiatives de la CENCO par rapport à l’article 220 et la décision des groupes parlementaires UDPS et UNC par rapport à toute plénière de l’Assemblée nationale qui serait consacrée à la révision de la Constitution. Le moment est venu de vous demander quels sont les projets de Constitution à avoir bénéficié de votre expertise au pays, pour ne citer que ceux issus de la CNS en 1992, du Conclave politique de Kinshasa en 1993, des Accords du Palais du peuple en 1994, de l’avènement de l’AFDL en 1997, du Dialogue intercongolais en 2003 pour la gestion de la Transition «1+4» et du référendum de 2005.
Autrement, apprenez, Professeur, à interpréter le silence à votre égard des éminents juristes-politiques comme Tshisekedi, Kamanda, Kengo, Balanda, Vunduawe, Mutombo, Lutundula, Tshibangu, Ndjoli, Luzolo pour ne pas citer Boshab, devenu l’homme à abattre. Ils ont, eux, mouillé le maillot, à l’exemple de feus Lihau, Bayona, etc. Ils savent, eux, que les contraintes politiques sont une chose, les exigences scientifiques en sont une autre. D’où leur longévité sur la scène politique. Même Vital Kamerhe -qui veut durer longtemps sur la même scène- pourrait commencer à se méfier de vous en réalisant qu’en plus de lui faire ombrage, vous ne bénéficiez pas du soutien des juristes-politiques. Il a plus besoin de leur expertise que de la vôtre…
Monsieur le Professeur,
Le quotidien «Le Phare» a réalisé un bel exploit en publiant le 30 septembre 2014 votre interview, accordée au confrère Dom en votre qualité de professeur de droit et, surtout, en constitutionnaliste. Dans le chapeau, Dom a signalé votre retour d’une conférence du Codersria sur la paix, la sécurité et la reconstruction dans la région des Grands Lacs et la reprise de la chair à l’université de Kinshasa, «sur les mieux mêmes où «vous aviez» en juin 2013 fait sensation dans «votre croisade» contre la sortie d’un ouvrage qui prônait la révision de la constitution». Dans la phrase suivante, sont résumés les sujets abordés: révision constitutionnelle, référendum, haute trahison, Majorité présidentielle, Opposition, une certaine prophétie de Simon Kimbangu, politiciens, pasteurs, évêques, journalistes et  professeurs «du ventre» et échéance présidentielle de décembre 2016.
Monsieur le Professeur,
La première observation que je me permets de faire est que vous ne vous êtes pas présenté en membre de l’UNC, et vous n’avez pas rappelé votre participation aux législatives de 2011. Vous continuez d’ailleurs jusqu’à ce jour à imputer votre échec à la CENI et à la Majorité présidentielle. Pourtant, ce menu mais non moins important détail aurait permis à l’opinion de circonscrire le personnage que vous êtes en réalité. Ceci de un.
De deux, je déplore l’expression tendancieuse «du ventre» utilisée par un scientifique  à l’égard de «certains religieux, évêques, pasteurs et prophètes» qui, selon vos termes, «déshonorent l’Eglise véritable du Seigneur», des «journalistes qui déshonorent leur profession ou les professeurs d’universités qui font la honte de celles-ci et des universités où ils ont obtenu leurs diplômes».
C’est à croire que dans ce pays, vous détenez le monopole d’identification de bons religieux, de bons évêques, de bons pasteurs, de bons prophètes, de bons journalistes, de  bons professeurs d’université, de bonnes universités; le reste n’ayant aucun mérite.
Monsieur le Professeur,
Ce pays aligne depuis 1960 d’éminents juristes et constitutionnalistes. De Tshisekedi à Ndjoli, il y a eu et il y a des «cracks», sinon des «as», comme Lihau, Kamanda, Likulia, Kengo, Bayona, Balanda, Vunduawe, Mutombo, Lutundula, Tshibangu, Luzolo et autres Boshab. Des scientifiques qui ont marqué ou qui marquent l’histoire congolaise par leurs prestations.
Certains ont été des professeurs d’université, d’autres le sont encore. Il n’est d’ailleurs pas exclu que ceux que vous passez pour ivraie aient formé des religieux, des évêques, des pasteurs, des journalistes et des professeurs d’université émérites, parmi lesquels -c’est possible- vos propres cousins, nièces, enfants, beaux-frères, assistants que vous estimez dignes de leurs professions respectives.
Entrés dans l’arène politique par la porte des nominations ou des élections, ces brillants juristes-constitutionnalistes ont fait preuve ou font preuve de réalisme en sachant s’adapter à la politique dont la caractéristique première, vous le savez bien, est d’être dynamique.             Si vous étiez alors des leurs -à moins de sortir de la cuisse de Jupiter- vous auriez réalisé l’écart entre les contraintes politiques et les exigences scientifiques.
Cette évidence ne se constate pas seulement dans l’univers des juristes. Elle est visible dans chaque domaine de la vie nationale. Ainsi, sont-ils légion, ceux des économistes, des médecins, des ingénieurs, des journalistes, des écologistes, des professeurs d’université, des financiers, des agronomes, des monétaristes, des diplomates, etc. qui ont lamentablement échoué en politique parce qu’ils ont tenu à rester des scientifiques ou qui se sont révélés excellents gestionnaires parce qu’ils ont su s’adapter à l’environnement.
Cette évidence n’est pas le fait de la RDC seule. Elle s’observe dans tous les pays du monde. C’est, au demeurant, la raison principale pour laquelle dans les grandes démocraties occidentales, rares sont les scientifiques qui rejoignent la classe politique. Ils préfèrent agir dans la société civile, et encore la société civile apolitique. Je persiste et signe: APOLITIQUE.
Monsieur le Professeur,
Je me convaincs que vous êtes de cette race-là. D’où le conseil vous prodigué en titre: «’Dégagez’ la scène politique, si vous tenez à rester 100 % scientifique». Oui, quittez la scène politique avant qu’elle ne vous broie et ne vous avale. Je me base pour ce conseil sur quelques unes des réponses aux questions qui vous ont été intelligemment posées.
Tenez! Dans la première question retenue, Dom relève qu’«Une certaine opinion soutient que la Constitution du 18 février 2006 est une émanation des belligérants et des étrangers». Il veut juste savoir si c’est un motif suffisant pour sa révision. Rien de plus. Voici la réponse du scientifique que vous êtes: «Cela se comprend dans le contexte de la politique du ventre que mènent certains religieux, évêques, pasteurs, et prophètes qui déshonorent l’Eglise véritable du Seigneur, les journalistes qui déshonorent leur profession ou les professeurs d’universités qui font la honte de celles-ci et des universités où ils ont obtenu leurs diplômes.
La Constitution actuelle est l’œuvre du peuple congolais. Le Sénat qui l’avait proposée et qui est encore en fonction, l’Assemblée nationale qui l’avait adoptée, le peuple qui l’avait approuvée par referendum et le Président Joseph Kabila qui l’avait promulguée le 18 février 2006 sont-ils des Congolais ou des étrangers? Ce sont des congolais, à moins de considérer le Sénat, l’Assemblée nationale, le peuple et le Président de la République comme étant tous des étrangers ou des belligérants, ce qui serait inacceptable».
C’est assez clair: vous ne répondez pas à la vraie question. Vous vous égarez plutôt et vous trahissez aussitôt votre manque de rigueur scientifique. Car, vous ne savez même pas que le Sénat actuellement en place avait été mis en place en 2007, après les provinciales de 2006 organisées en octobre et combinées avec le second tour de la présidentielle. «Scientifiquement» parlant, la Constitution du 18 février 2006 ne peut donc pas être l’œuvre dudit Sénat, encore moins de l’Assemblée nationale que vous impliquez dans votre réponse.             Je vous rappelle que cette Constitution avait été élaborée et adoptée sous le régime 1+4 issu du Dialogue intercongolais, régime ayant fonctionné du 30 juin 2003 au 6 décembre 2006. Le peuple s’était prononcé par référendum les 18 et 19 décembre 2005.
Je parie que Vital Kamerhe -l’un des ténors du Dialogue intercongolais- a dû croiser les doigts pour que votre ignorance du processus référendaire ne soit pas perçue dans cette interview. C’est raté, Cher Prof! Résultat: vous ne savez pas non plus que l’Opposition post-Dialogue intercongolais -que Vital Kamerhe a rejoint six ans après- avait ordonné la première le boycottage du  référendum au motif, notamment, d’être d’inspiration belge. L’UDPS qualifiait cette loi fondamentale de «Constitution de Liège», allusion faite à l’Université de Liège. Autre résultat: vous ne savez pas également que la CENCO avait émis des réserves sur le projet de Constitution lors du même référendum et qu’en toute logique -rigueur scientifique oblige- les Evêques devraient dire aux fidèles pourquoi cautionnent-ils aujourd’hui ce qu’ils avaient rejeté hier. Mieux, vous devriez, vous le scientifique-guide à suivre, le leur demander.
Monsieur le Professeur,
La deuxième question retenue est de savoir ce que vous pensez de la dernière déclaration des Evêques de la CENCO faite à partir de Rome et des «critiques gouvernementales».             Voici la réponse du scientifique que vous êtes: «Lorsque j’avais, il y a plus d’un an, exprimé mon opposition scientifique à l’’inanition de la nation’, la CENCO avait abondé dans le même sens, j’avais écrit une lettre personnelle au Cardinal, à chacun des Archevêques et Evêques pour leur demander d’instruire tous les fidèles catholiques de s’opposer à la révision de la Constitution. Le Secrétariat de la CENCO et les Evêques eux-mêmes peuvent le témoigner. La CENCO est restée constante.
En août dernier, je les ai félicités lorsqu’ils ont renouvelé leur engagement. Je suis donc parmi les premiers à les féliciter une fois de plus et à les encourager dans ce sens et je regrette qu’on insulte ceux qui font leur travail selon l’Evangile de justice et de vérité qu’ils prêchent et auquel ils doivent se conformer». L’observation à faire ici est que vous donnez l’impression d’avoir été suivi par la CENCO puisque vous prenez à témoin les Evêques eux-mêmes, ravalés au rang des brebis dont vous vous instituez berger. Et en bon berger scientifique, vous qualifiez d’injures les réactions de ceux qui ne se plient pas à l’Evangile de justice et de vérité à laquelle, selon vos termes, tout le monde doit se conformer! C’est du fondamentalisme pur et dur, Cher Prof.  Car le scientifique que vous êtes nous présente une Eglise catholique romaine congolaise  pratiquant une sorte de militarisme, une Eglise où ce que dit le prélat est parole d’Evangile.
Pour autant que vous soyez réellement le démocrate que vous prétendez être, vous devrez reconnaître au moins au prochain la liberté d’expression, le droit à la contradiction, surtout le droit à la différence, quitte à débattre de l’enjeu dans les règles de l’art. Après tout, les Evêques n’ont jamais dit qu’ils sont le Saint Esprit, ni des Saints. Seul le Saint Esprit, chez les Chrétiens, a le monopole de la Vérité. Etres humains, les Evêques sont faillibles, ils peuvent se tromper, et il n’y a pas de mal ni de honte à l’admettre.
Monsieur le Professeur,
La troisième question retenue porte sur votre avis sur la décision de certains groupes parlementaires de l’Opposition de suspendre leur participation à tout débat sur la révision de la Constitution et de rappeler leurs représentants à la CENI.
Voici la réponse du scientifique que vous êtes: «Je soutiens cette position parce qu’elle suit en fait ma propre position sur la Constitution et la CENI».
Ainsi, comme pour la question précédente, c’est toujours vous que l’on suit: l’Eglise catholique vous suit, l’Opposition vous suit, certainement que l’UNC vous suit aussi. Nous voici alors en plein «Suivez le guide…»!
Dans votre égocentrisme conscient ou inconscient, vous imputez au président de la CENI la «mission de marquer le but si la révision de l’article 220 n’était pas réussie»! Et vous ajoutez: «Sorte de numéro 11 dans une équipe de football, il était désigné pour marquer en organisant le référendum dont la CENI s’empresserait d’annoncer provisoirement les résultats escomptés qui devraient être ensuite confirmés par la Cour constitutionnelle».
Sauf à disposer des preuves -je doute que vous en ayez- de telles affirmations dans le chef d’un scientifique ont quelque chose de rabaissant.
Monsieur le Professeur,
La quatrième question retenue se rapporte à une prophétie de Simon Kimbangu qui justifierait le changement de la Constitution.
Voici la réponse du scientifique que vous êtes: «C’est de la foutaise. Ce sont des hallucinations. Quand et où était sortie une telle prophétie? Qui sait quand le Seigneur reviendra surtout que le prophète lui-même ne le savait pas, encore moins ceux qui ne croient pas en lui? Je suis sûr que s’il revenait sur terre, le Prophète lui-même qui était contre le régime autoritaire colonial et était considéré comme un subversif, condamné injustement à cause de son combat pour la dignité de tous, ne pourrait même pas se reconnaître en ceux qui se réclament de lui et lui attribuent de fausses prophéties. Pourquoi tous ceux qui revendiquent ces prophéties ne se font-ils pas baptiser pour devenir tous des Kimbanguistes? Avait-t-il également prophétisé sur la scission de l’Eglise kimbanguiste entre l’«Aile Monkoto»  et l’«Aile Nkamba»? Avait-il prophétisé la naissance du 3ème Président, le «régime ‘1+4’», leurs fins respectives et celles des 4ème, 5ème et d’autres Présidents?  Que l’on cesse de tromper et d’endormir le peuple avec des ‘prophéties du ventre’ et non de l’Esprit».
Or, un vrai scientifique se serait retenu de réagir de façon aussi épidermique d’autant plus que dans le débat politique en cours, on n’a jamais entendu un seul membre de la Majorité ou du Gouvernement établir un lien entre la prophétie de Simon Kimbangu et la révision de la Constitution. Le confrère Dom ayant fait preuve de lucidité en ne nommant personne, vous avez eu tort de répondre à cette question, visiblement de suggestionnement. Vous auriez dû commencer par lui demander de vous fournir des indications appropriées, rigueur scientifique oblige!
Conséquence dramatique: vous en venez à aborder la scission survenue entre ce que vous appelez «Aile Monkoto» et «Aile Nkamba», sujet n’ayant aucun lien avec la question.
Pire, à la limite du mépris, vous vous demandez pourquoi ceux qui évoquent cette prophétie ne se font baptiser Kimbanguistes, comme si dans votre entendement, toute personne qui croit dans une prophétie de Simon Kimbangu doit se convertir kimbanguiste.
Question à un sou: lorsqu’elle met l’accent sur son rôle prophétique, l’Eglise catholique romaine du Congo-Kinshasa a-t-elle prédit l’avènement du M.23 ou la fin en catastrophe de la CNS, pour ne pas parler de la répression sanglante de la Marche des Chrétiens le 16 février 1992? Si tel est le cas, alors Cher Prof, vous avez de sérieux comptes à rendre à Dieu!
Monsieur le Professeur,
La cinquième question retenue est posée en ces termes: «Très critique à l’endroit de la Majorité, vous n’auriez aucune critique à l’égard de l’Opposition?».
Voici la réponse du scientifique que vous êtes: «Il y en a. Les partis au pouvoir et ceux de l’opposition souffrent des mêmes tares: manque de démocratie interne, division, clientélisme, ethnisme, tribalisme, manque d’idéologie et de ressources. Il n’y a pas une opposition mais des oppositions dans l’opposition. La plupart s’opposent au pouvoir ou au gouvernement. Certains s’opposent aux individus au pouvoir. Il y a de faux et de vrais opposants. Certains opposants s’opposent à d’autres opposants, se croyant plus populaires et plus présidentialistes qu’eux. Tout ceci rend l’alternance chimérique même dans le cadre des élections libres et transparentes».
La réponse du scientifique devrait, à mon humble avis, se limiter-là puisque la question s’applique à la critique à l’endroit de l’Opposition, toutes tendances confondues. Mais voilà que d’une question précise, vous dérivez sur une comparaison propagandiste en ajoutant: «Cependant, l’espoir existe avec le rassemblement des opposants dans des plateformes comme CVV, Sauvons le Congo et surtout les Forces sociales et politiques. Un tel regroupement devrait se consolider et non s’effondrer la veille des élections à cause des ambitions parfois démesurées de certains opposants. Mais pourquoi devrait-on tant s’acharner contre les opposants qui sont les principales victimes du pouvoir actuel. Donnons-leur la chance. Ils devraient être mieux à même de gouverner que la Majorité actuelle»!
Au fait, en analysant phrase par phrase votre réponse, c’est l’Opposition que vous taclez puisque vous citez les tares qui la caractérisent: manque de démocratie interne, division, clientélisme, ethnisme, tribalisme, manque d’idéologie et de ressources.
Même en cherchant à vous rattrapez par l’évocation des plateformes comme CVD, Sauvons le Congo et FPSUA, le mal est fait au travers du diagnostic scientifique fait sur l’UDPS, l’UDEMO, l’UNC, le RCD-KML, le PT, le FIS, le PK, etc. Gare à la machine à diaboliser de Limete!
Monsieur le Professeur,
En guise de mot de la fin, vous dites: «Quels que soient les problèmes, je reste optimiste pour le futur de l’Etat de droit démocratique dans notre pays. J’espère que la MP entendra finalement la voie de la raison pour apporter sa contribution à la protection de la Nation comme recommandé par la CENCO et s’abstenir de violer la Constitution». oilà une recommandation plutôt politiquement que scientifiquement motivée.
Monsieur le Professeur,
Que déduire finalement de votre interview? Au travers de ces quelques exemples  relevés dans cette lettre, ayez la modestie de vous reconnaître «apprenant politique», pour empêcher l’autre de vous coller le qualificatif dégradant «apprenti politique».
Vous ressemblez à ces scientifiques qui, sous le MPR Parti-Etat, épataient le maréchal avec des théories savantes, des scientifiques qui, une fois aux affaires, se révélaient hélas !  de piètres gestionnaires institutionnels.
C’est probablement la raison pour laquelle vous observez à votre égard le silence moqueur des personnalités blanchies sous le harnais comme Tshisekedi, Kamanda, Kengo, Balanda, Vunduawe, Mutombo, Lutundula, Tshibangu, Ndjoli et Luzolo, pour ne pas citer Boshab, devenu votre bête noire. Elles sont en train de vous « évaluer » et constatent qu’avec votre égocentrisme et votre suffisance, vous risquez de susciter en Vital Kamerhe une méfiance sournoise à votre endroit, un Vital Kamerhe conscient du fait que vous ne lui serez d’aucun apport dans un vrai débat politique, celui-là même qui permet aux constitutionnalistes de faire ce qu’ils savent faire depuis les années 1960 : arrondir les angles. D’où, du reste, leur longévité aux affaires.
Ces personnalités-là pourraient chercher à savoir si vous avez déjà participé à l’élaboration de l’une ou l’autre de la bonne quinzaine de projets de Constitutions dont, successivement, ceux de Luluabourg en 1964, de N’Sele entre 1967 et 1990, de la Transition «1990-1997» -au nombre desquelles la Constitution révisée issue du MPR-Parti Etat, l’Acte constitutionnel proclamé à la CNS, les Constitutions issues du Conclave politique de Kinshasa et des Accords du Palais du Peuple-, avant l’Acte constitutionnel promulgué par Laurent-Désiré Kabila en 1997 et la Constitution du 18 février 2006.
Si -comme je le crains- vous n’y avez pas contribué, alors votre entrée en éléphant dans le magasin de porcelaine se comprend: vous cherchez à vous faire un nom, mais vous avez choisi la mauvaise voie, celle de défier la communauté juridique congolaise.
Aussi, Monsieur le Professeur, ne dédaignez pas ce bon conseil rappelé trois fois: «’Dégagez’ la scène politique, si vous tenez à rester 100 % scientifique».
Veuillez agréer, si vous le voulez bien, l’expression de mes salutations fraternelles.
Omer NSONGO DIE LEMA 

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