Politique

Matata éclabousse son talent dans l’émission «internationales»

Le Premier ministre Augustin Matata Ponyo
Le Premier ministre Augustin Matata Ponyo
Alors que samedi 31 mai 2014 le Chef de l’Etat était face au corps diplomatique, le dimanche, son Premier ministre, Augustin Matata, lui, était face à Philippe Dessaint de TV5 Monde et à Sophie Malibeaux de RFI, dans le cadre de l’émission «Internationales» diffusée chaque dimanche sur TV5 et RFI. Au menu, la situation politico-économique du pays. Pendant près d’une heure de commentaires et de décryptage, le PM a fait parler son talent.
Plus que jamais, Matata s’est érigé en défenseur du Président de la République et de tout le régime. Des questions politiques de l’heure n’ont pas été oubliées par ces deux brillants journalistes français. En face, des réponses massues n’ont pas manqué. L’homme à la cravate rouge est resté dans les lignes tracées par le Raïs lors de la dernière rencontre avec la MP à Kingakati. Une sortie médiatique bien reçue!
Jusque-là, ce sont ses talents d’économiste qui ont émerveillé plus d’un RD-Congolais. Aujourd’hui, ceux qui ont suivi «Internationales» sur TV5 monde ont compris que Matata n’est plus seulement technocrate. Il fonce sur le terrain politique et de la com’. Normal après plus de deux ans passés à la tête du gouvernement d’un pays post-conflits. Après avoir brillamment répondu aux questions liées à l’économie, Philippe Dessaint et sa consœur tentent d’amener Matata sur le terrain politique, croyant peut-être que c’est son point faible! Erreur!
Matata semble avoir dépassé cet âge. A la question de savoir pourquoi Kabila ne s’est pas encore choisi un dauphin pour 2016, la réponse du PM est sans ambigüité: «On n’est pas encore en 2016! Me référant au Chef de l’Etat qui avait convoqué tous les sociétaires de la Majorité présidentielle dans sa ferme de Kingakati, cette question n’est pas encore à l’ordre du jour. Nous avons encore trop à faire par rapport à ce que nous avons promis à la population. Nous ne sommes qu’à mi-mandat…». Ses deux interlocuteurs attaquent: «Est-ce qu’il y aura élection en 2016?».
La contre-attaque du PM est bien menée et foudroyante: «Nous avons besoin de créer les richesses. On ne crée pas les richesses avec une multitude des élections. En tant qu’ancien ministre des Finances, vous n’allez pas me convaincre avec la théorie de l’aide de la Communauté internationale. Nous en avons une très  mauvaise expérience lors des élections de 2011.
Nous avions une multitude de promesses de financement mais aucune d’entre elles n’a été réalisée». Clair! Sophie Malibeaux tente de justifier le refus de la Communauté internationale par les problèmes de gouvernance qu’on a toujours reprochés au régime. Matata n’est pas totalement en désaccord avec elle, mais lui fait par contre voire toutes les performances réalisées par le gouvernement de Kabila en cette matière.
«La gouvernance est une bonne chose. Aucune nation du monde ne s’est développée sans gouvernance. Même sur le plan familial, on ne peut se développer sans une gouvernance sérieuse», commente le locataire de la Primature, en costume bleu de nuit assortie des traditionnelles chemise blanche et cravate rouge.
Abordant les questions relatives au terrorisme des Boko haram au Nigéria, le Premier ministre RD-congolais n’a pas manqué d’exprimer toute sa sympathie aux familles des lycéennes enlevées. En réaction à la montée en puissance des extrémistes en Europe, le PM affirme être confiant. Mais pourvu que l’Europe se remette tout de suite au travail et reconstruise son économie. Personne n’en voudra à Matata de se bonifier avec son âge à la Primature.
YA KAKESA   

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