La riposte de Malumalu

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Le Président de la CENI, Abbé Apollinaire Malu Malu
Le Président de la CENI, Abbé Apollinaire Malu Malu

Alors que son projet de feuille de route fait jaser une frange du personnel de l’Opposition, l’abbé président de la Centrale électorale reste imperturbable, expliquant qu’il s’agit des suggestions censées être amendées par la classe politique dans le cadre d’un débat républicain initié et piloté par elle mais en précisant que la CENI prendra ses responsabilités… en cas de tergiversation  
 
La publication du projet de la feuille de route des élections 2013-2016 par la CENI a provoqué une levée des boucliers dans l’Opposition, qui s’insurge contre ce calendrier et accuse l’abbé président de cette institution de tentative de révision de la Constitution. Malumalu a vivement réagi et levé l’équivoque à l’issue de la rencontre, lundi 3 février, avec le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU, Martin Kobler. Prié par un journaliste de faire part du moral de la CENI au regard du grand débat suscité par ce projet de feuille de route, Malumalu a eu une réponse tranchante.
 
C’est un Malumalu de saison, très conciliant mais ferme. «Le débat fait partie de la démocratie. On ne peut pas s’étonner qu’il y ait débat sur les options électorales.  Le débat, nous devons maintenant le canaliser. Et nous avons des lois et des règlements pour le faire. Chacun a un rôle à jouer, chacun n’a qu’à jouer son rôle. Aux acteurs politiques d’être force de proposition, aux institutions d’encadrer tout cela et à la CENI d’annoncer le calendrier électoral. Chacun a ses prérogatives, mais comme je le disais, nous sommes en démocratie. Donc, on va faire une large consultation auprès de toutes les parties prenantes au processus électoral sur le projet de feuille de route 2013-2016», a-t-il répondu à la presse en réaction aux critiques de l’Opposition.
Puis: «On  a commencé avec l’Assemblée Nationale puisqu’elle-même avait déjà fixé comme ordre du jour de la session extraordinaire, l’état des lieux du processus électoral en République Démocratique du Congo. Nous nous sommes rapprochés aussi du Sénat. Cette semaine, nous allons lancer la consultation avec la Société civile et les confessions religieuses, les organisations des femmes, bref, des compatriotes de toutes les parties prenantes. Nous sommes dans une phase où nous écoutons tout le monde. Nous exposons et nous écoutons».
Puis encore: «J’espère aussi que ceux qui nous écoutent sont dans des dispositions d’abord d’écouter et de comprendre ce que nous exposons, à nous aussi de les écouter dans ce qu’ils ont à exposer. C’est cette capacité d’écoute qui peut nous amener à trouver un bon système électoral pour notre pays. Mais, je voudrais avertir que chacun a ses prérogatives. La CENI va prendre ses responsabilités après une large consultation. Elle dépend aussi des autres institutions en ce qui concerne le cadre légal, en ce qui concerne les moyens financiers, en ce qui concerne la sécurité électorale, la justice électorale, bref tous les différents domaines. Cela demande, au-delà même de la CENI, une concertation aussi au niveau interinstitutionnelle».
Concertation. Le mot est lâché. Malumalu assure que la CENI s’y attèle déjà et met en garde contre toute spéculation. Sa démarche est plutôt raisonnable: «Je pense qu’il y a plus de peur que de mal. Provoquer un débat démocratique, ce n’est pas mal parce que ce que nous recherchons tous est que les élections soient démocratiques, transparentes, que chacun ait l’occasion de s’exprimer et qu’en même temps, les différents acteurs puissent bien définir les règles de jeu et qu’ils les respectent».
Pour rassurer davantage, Malumalu détaille les prochains grands rendez-vous de la Centrale électorale. Il s’agit de la signature du protocole d’accord mettant en place le Comité de liaison entre la CENI et les partis politiques pour une meilleure communication, le 08 février 2014. Cet événement va aussi consacrer le lancement du Code de Bonne Conduite des Partis politiques.
La CENI espère que toutes ces initiatives transparentes permettront de communiquer davantage avec les acteurs politiques engagés dans la compétition électorale. Mais fidèle à sa réputation d’homme coriace, Malumalu avise que la CENI va prendre ses responsabilités… à la moindre tergiversation de la classe politique.
 
Tino MABADA

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