Politique

Kasaï-Central: le gouv’ Kande prône le retour au calme à Tshimbulu

Depuis dimanche dernier, les activités économiques ont été paralysées suite à un affrontement opposant les forces de sécurité à une milice créée récemment par le chef Kamuena-Nsapu dans le territoire de Dibaya. Il y a de cela deux mois, ce chef a décidé de «débarrasser le Kasaï-Central de tous les services de l’ordre, auteurs des tracasseries de tous genres à l’encontre de la population», rapportent des sources locales
Au Kasaï-Central, le climat est tendu entre la population et les services de défense et sécurité. Censés assurer l’ordre public, ces services s’adonnent à la rançon et aux tracasseries des paisibles citoyens. Selon les sources locales, les marchands ambulants sont souvent victimes d’extorsion de leurs biens et argent. Ils ne savent à quel saint se vouer. Pour se défendre contre ces tracasseries, devenues monnaie courante, le chef coutumier Kamuena-Nsapu, dans le territoire de Dibaya, a appelé les jeunes à s’organiser. Cette organisation d’autodéfense constituant en quelque sorte une milice est passée à l’acte. Et la cité de Tshimbulu a connu deux jours des troubles sanglants. Le bilan fait état de 9 morts dont 4 policiers, 4 miliciens et 1 civil. Déjà le lundi, le gouverneur de la province du Kasaï-Central, Alex Kande Mupompa, a appelé, via les médias, la population de Tshimbulu au calme et à reprendre les activités habituelles. Il a affirmé que des mesures ont été prises en vue de sécuriser la population.
L’inévitable est arrivé. Les tracasseries policières sur fond d’extorsion des biens des paisibles citoyens ont tourné au vinaigre. La situation a explosé dans la cité de Tshimbulu, dans la province du Kasaï Central et 9 ont été enregistrés dans l’attaque qui a eu lieu dimanche dernier. Contrairement aux sources locales qui avaient confié à «AfricaNews» lundi qu’il s’agissait d’un conflit champêtre opposant deux villages, la vraie information est connue: il s’agit des affrontements entre policiers et jeunes gens constitués en milice d’autodéfense contre les tracasseries policières. Pour éteindre le feu, Alex Kande Mupompa, gouverneur de la province de Kasaï-Central, a appelé la population de Tshimbulu au calme et à reprendre normalement les activités commerciales et champêtres. Via un message radiodiffusé en boucle sur les antennes des médias émettant à Kananga lundi 8 août, il a promis de restaurer l’autorité de l’Etat dans cette cité en proie depuis dimanche dernier par l’attaque d’une milice locale «composée des mineurs et semant la terreur parmi la population».
«Nous avons relayé le message du gouverneur toute la journée en vue d’apaiser les esprits de la population qui était prise de panique. Actuellement, le calme semble revenu dans la cité», a confié un journaliste kanangais à «AfricaNews», précisant que dans ledit message, le gouverneur Kande a affirmé avoir pris une série de mesures visant à assurer la sécurité de la population de la cité de Tshimbulu. Pour des raisons sécuritaires, lesdites mesures n’ont pas été dévoilées au public.
Selon plusieurs sources locales, toutes les activités économiques ont été paralysées dans la cité de Tshimbulu à suite d’un affrontement meurtrier opposant les forces de l’ordre à une milice créée tout récemment par le chef coutumier Kamuena-Nsapu dans le territoire de Dibaya. Les mêmes sources ont indiqué que depuis deux mois, ce chef coutumier dépassé par les plaintes de la population, a décidé de «débarrasser le Kasaï-Central de tous les services de l’ordre, auteurs des tracasseries de tous genres à l’encontre de  la population».
Dans cette perspective, sa milice s’est attaquée dans la nuit du dimanche à lundi 8 août à la résidence du commandant de la police de Tshimbulu où elle a égorgé son garde du corps et incendié le siège de la police, le bureau de la Commission électorale nationale indépendante -CENI-, le Parquet de Grande instance, la résidence du maire ainsi que d’autres maisons.
Neuf personnes tuées
Le bilan de cette attaque fait état de 9 personnes tuées dont quatre policiers, quatre miliciens et un civil.
Pour sa part, dans son message à la population locale relayé par les médias locaux, le gouverneur de la province dresse plutôt un bilan de huit morts dont 5 policiers, 3 miliciens et 5 blessés, à la suite de l’attaque du dimanche. Lundi matin, le gouv’ a présidé une réunion de sécurité provinciale qui a regroupé toutes les autorités traditionnelles de la région. Selon l’autorité provinciale, ces dernières ont toutes désapprouvé l’action de leur collègue Kamuena-Nsapu.
Selon les sources concordantes, ce n’est pas le territoire de Dibaya seul qui est confronté aux tracasseries policières, les quatre autres territoires, à savoir: Demba, Dimbelenge, Kazumba et Luiza font également face aux tracasseries policières. Plusieurs sources locales ont noté que les services de défense et sécurité, censés assurer l’ordre public, s’adonnent à la rançon et aux tracasseries des paisibles citoyens à qui ils arrachent chèvre, coq, lapins, canards. «Les marchands ambulants sont souvent victimes d’extorsion de leurs biens et argent», ont dénoncé ces sources. L’attaque survenue à Tshimbulu est un signal fort à l’endroit des autorités qui doivent tout mettre en œuvre pour ramener les services concernés à l’ordre.
Octave MUKENDI

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