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John Mbaya Ntita: «Celui qui rejette le dialogue n’est pas démocrate»

John Mbaya Ntita est président national du Mouvement de réveil de la jeunesse congolaise et coordonnateur principal de Cinq points focaux, une nouvelle plateforme politique des centristes indépendantistes. Il vient de publier un ouvrage intitulé «Le miracle congolais: du chaos à la Révolution de la modernité». Cette œuvre intellectuelle a été portée sur les fonds baptismaux le samedi 28 mai dernier par Denis Kambayi Tshimbumbu, ministre RD-congolais de la Jeunesse, sports et loisirs. Dans une interview accordée à «AfricaNews», Mbaya a laissé entendre qu’il ne pouvait pas rester muet face aux réalités de terrain. Il a tenu à immortaliser les réalisations de la Révolution de la modernité. Ce qu’il considère comme son appui au Président Kabila. Il regrette que les Mobutistes se soient infiltrés dans le pouvoir des jeunes kabilistes. «Des vrais rapaces entourent aujourd’hui le Chef de l’Etat. Nous devons tout faire pour les vouter tous dehors. Kabila doit être entouré par une nouvelle classe politique pure», estime-t-il. Il invite la jeunesse à la vigilance, à ne pas céder au discours mensonger des opposants entre guillemets et à préserver les acquis de cette Révolution de la modernité et à soutenir sans condition Joseph Kabila. Concernant la crise politique actuelle, le jeune leader John Mbaya est tranchant: «un individu ou une structure qui rejette le dialogue n’est pas démocrate. La démocratie, elle-même, veut promouvoir la culture du dialogue». Entretien.  
Vous n’êtes ni de l’Opposition ni de la Majorité et vous vous réclamez des centristes. Autrement dit, vous n’êtes ni chaud ni froid. Alors, comment allez-vous mener votre combat politique en RD-Congo dans cet état d’esprit indépendantiste?  
Le centrisme est un courant purement politique. D’ailleurs même en Occident, nous voyons dans l’hexagone François Pérou, c’est un centriste. Il n’est ni de Gauche ni de Droite mais il émerge très bien. Vous devez savoir que, lorsque deux personnes se battent, il faut qu’il y ait une troisième personne pour les départager. C’est ainsi que nous nous sommes dits qu’il y ait aussi une classe politique émergente des indépendantistes dans notre pays. Ces derniers doivent promouvoir des aspects positifs émanant et de l’Opposition et du pouvoir en place. Nous vous donnons un exemple clair qui reflète nos propos. Aujourd’hui, du côté de l’Opposition, l’Union pour la démocratie et le progrès social -UDPS- est le seul parti qui a marqué son accord de principe pour la tenue du dialogue politique national et inclusif. C’est une démarche qui nécessite d’être appuyée. Aussi, du côté de la Majorité présidentielle -MP-, en rapport avec les infrastructures réalisées, on peut aujourd’hui faire 4 heures seulement pour arriver dans la ville de Matadi, dans la province du Kongo Central. Dans le passé, cela nécessitait 3 à 4 semaines de voyage. C’est quelque chose également que nous devons soutenir. Dans ce cas, nous devons rejeter tous les aspects négatifs émanant de part et d’autre, les décourager et encourager les aspects positifs. En même temps, nous amenons également une nouvelle idéologie, celle de mettre en place une nouvelle classe politique en RD-Congo. Car nous estimons que les maux qui rongent notre pays viennent du manque de la culture politique dans le chef de notre élite politique. Ils ne comprennent pas que la politique c’est l’art de gérer les biens communautaires et cela dans un seul objectif celui de distribuer d’une manière équitable le revenu national, les richesses qu’on gère au prorata des efforts des uns et des autres. Pas une poignée de gens qui émergent, mangent, dansent et construisent au détriment des millions des gens qui croupissent et meurent dans la misère. Nous, nous voulons faire de la politique, une action où il faut servir la population comme sous d’autres cieux.
Quelle est votre position par rapport à la tenue du dialogue qui pointe à l’horizon puisque sur le terrain, deux camps s’affrontent: celui acquis à l’organisation du dialogue et celui du refus qui tient coûte que coûte à l’organisation des élections estimant que le dialogue envisagerait le glissement pour donner à Kabila un mandat supplémentaire et illégal?
Nous sommes Africains, le dialogue est une valeur positive pour toutes nos populations. Vous êtes sans ignorer que les Africains parlent toujours du phénomène sous l’arbre à palabre. S’il y a un contentieux, des gens se mettent toujours autour d’une table pour en discuter. C’est là où va se concrétiser l’adage qui dit: «du choc d’idées jaillit la lumière». Les gens doivent confronter leurs idées pour opérer des bons choix et parvenir à la réussite. Le dialogue donne toujours la possibilité de déboucher sur une issue. Mais si une structure ou un individu rejette le dialogue, il n’est pas un démocrate parce que la démocratie, elle-même, est en train de promouvoir le dialogue, la compréhension, la tolérance. Sur ce, nous invitons tous nos compatriotes qui résistent encore à venir autour de cette grande table que nous appelons le dialogue politique national et inclusif convoqué par le Président Joseph Kabila. Nous demandons également aux amis, soit de la Majorité tout comme de l’Opposition, de cesser de poser les préalables pour leur participation au dialogue. Poser des conditions équivaut à vider le dialogue de son contenu. Les gens doivent aller au dialogue pour y poser leurs conditions et non en parler à l’extérieur du forum. Nous voyons nos amis de l’UDPS, les premiers à réclamer le dialogue, qui continuent à tergiverser en rappelant encore les élections de 2011 de triste mémoire. Ça c’est retourner le pays en arrière. Le peuple n’a pas besoin de ça. Nous avons vu également nos amis de la Majorité présidentielle saisir la Cour constitutionnelle en interprétation de l’article 70 de la Constitution. Tout est clair. Nous n’avons pas besoin de l’interprétation d’aucun article aujourd’hui. Revenons au dialogue pour tout discuter. C’est au dialogue qu’on prendra des décisions opposables à tous. Nous sommes tous convaincus qu’il est impossible aujourd’hui d’organiser des élections dans les délais constitutionnels. Et qu’en ce moment, nous, l’élite politique, devons nous mettre d’accord sur un mécanisme pour voir comment organiser ces élections dans la transparence et dans un climat apaisé. Ce mécanisme ne peut s’obtenir qu’au dialogue.
De dialogue en dialogue, rien ne marche. A quoi peut s’attendre cette fois-ci, car on a comme l’impression que l’élite politique tourne en rond?
Nous avons besoin de la mise en place d’une nouvelle classe politique qui doit se décider à respecter les lois du pays. La première génération qui continue à gérer jusqu’aujourd’hui n’a pas la mentalité de se dépasser pour l’intérêt supérieur de la nation. Elle n’a pas aussi la culture du respect des textes légaux. Vous pouvez beau écrire et recommander, une fois que les membres de cette ancienne génération sont aux commandes. C’est fini. Ils oublient qu’ils sont mortels et doivent passer comme tout le monde. Dans ces conditions, quel est l’héritage que nous allons léguer à nos enfants? Nous avons un pays où il y a tout mais un pays où la misère bat son plein. Nous pensons que notre lutte n’a fait que commencer. Nous allons nous battre pour essayer d’imposer la bonne philosophie de la politique. Le Chef de l’Etat Joseph Kabila, qui est là, est notre modèle. Il l’a souligné dans l’une de ses interviews dans les médias: «Si j’avais 15 personnes de convaincus, ce pays serait un paradis». Allez-y comprendre, le parti phare de la Majorité a combien des personnes. Rien que son directoire politique, les cellules de base. Revenons aussi à la Majorité présidentielle, elle a combien des partis politiques et combien de militants. Mais le chef ne cherche que 15 personnes. C’est pour vous dire que tout ce monde là qui l’entourent n’a pas la culture de la politique. Vous constaterez qu’aujourd’hui il y a certains pasteurs qui interdisent à leurs fidèles de faire de la politique. Pourtant, la politique en soi n’est pas mauvaise. Elle consiste à gérer les biens de beaucoup de gens. Il n’y a pas de mal là-bas. Elle consiste à travailler pour le bien-être de la population. Mais en RD-Congo, la politique c’est pour enrichir une poignée d’individus avec leurs familles. A chaque fois qu’il y a nomination de nouvelles autorités, on entend dire: c’est notre tour. Il s’agit ici d’un tour de se réjouir en volant dans la caisse de l’Etat. Or, quand on vous nomme, vous devez tourner la tête sept fois parce que vous ne pouvez plus dormir si ça ne marche pas dans votre secteur. Vous êtes directeur général de la SNEL, il n’y a pas d’énergie électrique au quartier Camp Luka, dans la commune de Ngaliema à Kinshasa, vous ne pouvez pas avoir du sommeil. Une autorité est un esclave, un serviteur de la population. Voilà le type d’homme politique que nous sommes en train de rechercher. Comment réagissez-vous aux massacres qui se répètent dans l’Est de la RD-Congo?  Nous interpellons les Présidents Paul Kagame du Rwanda et Kaguta Museveni de l’Ouganda. Ils doivent prendre leurs responsabilités parce que les troubles ne commencent qu’à l’Est de la RD-Congo. S’ils pensent aujourd’hui que nous sommes des voisins, ils doivent tout faire pour nous mettre à l’aise. Aujourd’hui, l’histoire est en train d’être écrite. Nous sommes en train de noter tout ce qui se passe. Mais cela ne sera pas bénéfique un jour à nos deux pays voisins là si un moment la RD-Congo arrivait à se stabiliser. Ils doivent savoir que chaque chose a un début et une fin. La sagesse dit que vaut mieux la fin d’une chose que son commencement.
Comment réagissez-vous au rapport d’activités de la Fédération des entreprises du Congo -FEC- exercice 2015 publié en mai 2016 accusant le gouvernement de réaliser de projets budgétivores qui n’ont aucun impact sur la vie de la population, par exemple le Parc agro-industriel de Bukanga Lonzo au Kwango, dans l’ex-province de Bandundu, et la construction de l’immeuble intelligent du gouvernement à Kinshasa?
Si nous avons des difficultés aujourd’hui, c’est à cause du gouvernement. Il y a de l’amateurisme au sommet du gouvernement. Lorsque le Chef de l’Etat a réclamé les 15 personnes, le gouvernement en question était en place. Aujourd’hui, les efforts devaient être faits dans l’intérêt de la population. Si vous réalisez des actions qui ne tiennent pas compte de cette population, ces actions sont purement et simplement inutiles. Par exemple, le fameux immeuble intelligent, le peuple en avait-il vraiment besoin? Si notre Parlement décide de faire correctement son travail de contrôler l’Exécutif et les autres entreprises et services de l’Etat, beaucoup de gens démissionneraient. Nous sommes dans l’unique pays au monde où on peut vous construire une route de 2 km à USD 9 millions. L’unique pays où nous avons des boulevards les plus chers au monde et qui se détruisent après 6 mois après leur construction. Il y a de quoi se lamenter. Le Conseil d’administration de la FEC a raison. Posez-vous la question où va tout cet argent? Pouvez-vous me donner le montant global de la construction des passerelles sur le boulevard Lumumba? Mettons nous en tête que l’argent du pays n’appartient pas aux individus qui en disposent comme ils veulent, il appartient au peuple et l’on doit en faire un bon usage. Pendant qu’on gaspille des millions dans des histoires inutiles, il y a des RD-Congolais qui meurent par manque de USD 1, pour s’acheter un médicament. C’est pourquoi nous devons nous battre. Vous avez assisté le samedi dernier à la présentation d’un livre intitulé «Le miracle congolais: du chaos à la Révolution de la modernité», parce que nous disons que Kabila est notre modèle de courage politique. C’est Joseph Kabila qui se bat seul. Nous prions que Dieu puisse lui donner des collaborateurs intègres comme nous autres pour faire tourner la machine. Nous avons imprimé ce livre avec nos propres moyens en sacrifiant nos ménages. Les faire-part ont été lancés de la Primature jusqu’au plus bas niveau, aucune réponse positive ne nous a été réservée. Est-ce ces gens qui sont au pouvoir au nom du Chef de l’Etat travaillent-ils pour son compte pendant qu’aujourd’hui le Président de la République fait face à la crise politique et que nous posons un tel acte de faire connaitre ses réalisations pour le soutenir et aucun de ses collaborateurs ne nous soutienne. Nous, jeunes, qui n’avons pas encore du travail, voici notre bonne volonté.
Qu’est-ce qui vous a poussé à rédiger cet ouvrage «Le miracle congolais: du chaos à la Révolution de la modernité»?
Nous n’avons pas voulu rester muets face à la réalité. Beaucoup de gens disaient que Kabila est un dessinateur des routes et voici qu’aujourd’hui, ces routes sont devenues une réalité sur laquelle les gens circulent aisément. Nous regrettons que la plupart de Mobutistes se soient infiltrés dans notre pouvoir des jeunes kabilistes. Des vrais rapaces qui l’entourent aujourd’hui, nous devons tout faire pour les vouter tous dehors. Kabila doit être entouré par une nouvelle classe politique pure.
Quel message adressez-vous aux jeunes à cette époque où tout le monde s’attend à l’organisation du dialogue politique national inclusif?
Nous invitons notre jeunesse à la vigilance. Que les jeunes ne puissent pas céder au discours mensonger des opposants entre guillemets. Ils doivent préserver les acquis de cette Révolution de la modernité et soutenir sans condition le Chef de l’Etat.
Propos recueillis par Octave MUKENDI

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