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John Mbaya: «les 30 participants au dialogue représentent valablement la nation RD-congolaise»

John Mbaya Ntita, président national du Mouvement de réveil de la jeunesse congolaise, coordonnateur national des Forces centristes indépendantes de la République -FCIR- et écrivain, soutient ouvertement les pourparlers qui se déroulent actuellement au Centre interdiocésain sous la médiation de la Conférence épiscopale nationale du Congo -CENCO. Il pense que les 30 participants issus des rangs des signataires de l’Accord de la cité de l’Union Africaine et des non signataires -Rassemblement et alliés-, représentent valablement la nation RD-congolaise. «Nous espérons que les résolutions qui en sortiront seront bénéfiques pour la République», confie-t-il à AfricaNews, avant d’interpeler les participants à transcender leurs différentes couleurs politiques, à regarder la misère et la souffrance du peuple, à mettre de l’eau dans leur vin, et à agir de manière significative pour que le peuple RD-congolais se retrouve pleinement dans les résolutions de ce forum. Entretien.
 
Entant qu’acteur politique, comment réagissez-vous aux négociations en cours au centre interdiocésain sous les auspices de la CENCO avec la participation des signataires de l’Accord politique de la cité de l’Union africaine et les non signataires, particulièrement le Rassemblement et alliés?
Nous pensons qu’il faut laisser le temps au temps comme nous l’avions dit à l’époque. Nous étions les premiers à condamner les assises de la cité de l’Union africaine en ce qu’elles ne comportaient pas un caractère inclusif. La résolution d’un problème politique exige un large ratissage pour éviter des frustrations susceptibles de perturber la bonne évolution des dossiers. Nous avons demandé au facilitateur Edem Kodjo de tendre la main à tout le monde, y compris le Rassemblement et nous les forces centristes. Dans notre pays, les gens sont habitués à la bipolarisation. Il y a d’une part la mouvance présidentielle, le camp des détenteurs du pouvoir, et d’autre part l’opposition. A cet effet, nous avons lancé le courant du centrisme au pays. Certes, il est difficile d’arriver en dernier lieu et de se retrouver aux premières loges. C’est pourquoi nous travaillons durement pour essayer de nous imposer.
A en croire certains dirigeants, l’Accord du 18 octobre 2016 est plus que consistant et suffit amplement?
Au début des travaux de la cité de l’UA, tout en décriant son exclusivité, nous avons prévenu les organisateurs que ce dialogue n’aboutirait à rien en plus de la contestation de ses résolutions. Un dialogue associant toutes les forces politiques aurait permis un gain précieux de temps. Les amis ont conduit le Chef de l’Etat dans une mauvaise direction. Voici qu’aujourd’hui, le temps nous donne raison. En tant que centristes, même si nous ne prenons pas part à ce véritable dialogue sous les bons offices de la CENCO, nous estimons que les 30 participants issus des rangs des signataires de l’Accord de la cité de l’UA et des non signataires -Rassemblement et alliés-, représentent valablement la nation RD-congolaise. Et nous espérons que les résolutions qui en sortiront seront bénéfiques pour la République.
Vous faites montre d’une confiance totale à la CENCO?
Bien sûr. Dans plusieurs de nos déclarations, nous avons toujours placé la CENCO au centre et avons foi en elle. Nous ne pouvons pas vouloir une chose et son contraire à la fois. La CENCO réunit toutes les compétences nécessaires qui inspirent à la fois confiance et respect. C’est l’arbre au milieu du village auquel tout le monde doit se greffer pour pouvoir repartir sur de nouvelles bases. Nous félicitons et encourageons la CENCO dans sa mission de bons offices. Le bonheur du pays en dépend.
Au vu des commissions créées et des matières inscrites à l’ordre du jour, une certaine opinion propose la table rase des institutions actuelles pour la mise en place de nouvelles chargées de gérer la transition jusqu’à l’organisation des élections libres et transparentes. Qu’en pensez-vous?
Pour les FCIR, seules les élections nous intéressent afin de nous lancer dans la conquête du pouvoir. Mais nous savons aussi qu’en Afrique et plus particulièrement en RD-Congo, il y a des politiciens qui ont peur des élections du fait qu’ils ne disposent pas de bases solides et préfèrent des négociations, raccourci pour le partage des postes. Qu’à cela ne tienne, un jour le peuple Rd-congolais va trancher à travers des élections à tous les niveaux. Aujourd’hui le Chef de l’Etat est arrivé à la fin de son second et dernier mandat constitutionnel. Ce qui est tout à fait normal. Pour traverser cette étape, comme les élections n’ont pas eu lieu dans les délais prescrits par la Constitution, les pourparlers peuvent déboucher sur le partage des postes pour une gestion conjointe de la transition limitée dans le temps. Notre souhait est qu’on puisse faire table rase et permettre à la classe politique de diriger dans son ensemble pour qu’il n’y ait pas de suspicion de tricherie. Et sur base de la confiance que nous avons en la CENCO, nous demandons que la direction de la CENI lui soit confiée. Elle en a montré la capacité.
Le bureau Nangaa parle d’USD 1,8 milliards pour l’organisation des élections sur l’ensemble du pays en tenant compte du nouveau découpage intervenu car le pays est passé de 11 à 26 provinces. Or, les finances posent problème…
Pour organiser des élections, on peut acheter des papiers duplicateurs, les découper et donner un morceau à chaque électeur pour voter et on peut même fabriquer des urnes ici chez-nous. Mais les organisateurs veulent mystifier les choses. Nous disons qu’il faut cesser avec la politique de rançonnement de l’Etat par ceux qui dirigent, sucer l’argent de l’Etat en gonflant les factures pour assouvir les appétits gloutons. Dans les pays comme la Gambie et le Ghana, nous avons vu les matériels avec lesquels ils ont organisé des élections. On ne peut pas aller au-delà de milliards. Nous avons des responsables politiques à chaque niveau, province, territoire, secteur, groupement et village. Il suffit seulement de donner un mot d’ordre de recensement des administrés, c’est une affaire d’une semaine comme le fait le ministère de la Santé publique lors des campagnes de vaccination. L’évocation des milliards relève d’une fuite en avant et démontre, si besoin est, le manque de volonté d’organiser les élections.
Le recours aux bulletins sécurisés procède des dispositions utiles pour éviter la fraude massive…
Nous pouvons recourir à l’encre indélébile pour la sécurisation des bulletins et du vote. L’organisation des élections exige une forte dose de bonne foi sans laquelle rien de crédible ne peut être réalisé.
Au vu du climat politique très agité qui prévaut dans le pays sur fond du dialogue et de la fin de deuxième et dernier mandat constitutionnel du président de la République actuel, quel message adressez-vous à la classe politique et au peuple RD-congolais?
Les participants au dialogue du centre interdiocésain y représentent les 80 millions des RD-Congolaises et RD-Congolais, autant pour les pro-Kabila que les pro-Tshisekedi. Nous les interpelons à mettre de côté leurs sentiments politiques égoïstes, à transcender leurs différentes couleurs politiques, à regarder la misère et la souffrance de leur peuple, à mettre de l’eau dans leur vin, et à agir de manière responsable pour que le peuple puisse se retrouver dans les résolutions de ce véritable dialogue que les FCIR soutiennent de tout cœur. Que Dieu leur fasse grâce afin d’aboutir à de très bonnes résolutions.
Propos recueillis par Octave MUKENDI

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