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Dix ans après, l’heure est au bilan au MNC/CIRGL- RD-Congo

«La CIRGL a jeté des bases, bien que fragiles, d’une coopération régionale qui garantit et protège les Etats membres sur le plan du droit international … Toute chose restant égale par ailleurs, nous pensons que si la CIRGL avait existé 5 ans avant sa création, la RD-Congo ne serait pas envahie en 2002 par le Rwanda et l’Ouganda qui s’affrontaient pour le contrôle et l’exploitation illégale de nos minerais», a déclaré le coordonnateur du MNC/CIRGL-RD-Congo, Kakese Vinalu
La Conférence internationale sur la Région des Grands lacs -CIRGL- a, depuis près d’une décennie, mis en place des Mécanismes nationaux de coordination -MNC- dans chaque pays membre en vue de faciliter la mise en œuvre du Pacte sur la sécurité, la stabilité et le développement de la Région des Grands lacs.
Dix ans après, le coordonnateur du MNC/CIRGL-RD-Congo, Kakese Vinalu, a, samedi 18 février à l’hôtel «Résidence de paix», dans la commune de la Gombe, organisé une conférence de presse pour évaluer mieux dresser un bilan sur les actions menées par sa structure en RD-Congo, dans le cadre de la mise en œuvre du Pacte. Selon le coordonnateur Kakese, grâce au Mécanisme national de coordination, d’énormes progrès sont réalisés par la RD-Congo autour de cinq domaines retenus par la CIRGL: la paix et sécurité; la démocratie et bonne gouvernance; les questions humanitaires, sociales et environnementales; le développement économique et intégration régionale ainsi que la question du genre. Cependant, Kakese Vinalu a fait part de quelques difficultés auxquelles est buté le MNC/CIRGL-RD-Congo ainsi que de certains défis à relever pour l’avenir.

Kakese Vunalu, coordonnateur du Mécanisme national de la Conférence internationale sur la Région des Grands lacs -MNC/CIRGL-RD-Congo-, a été, samedi 18 février 2017, devant la presse tant nationale qu’internationale, en la salle de conférences de l’hôtel «Résidence de paix», dans la commune de la Gombe. Il a été question, pour le coordonnateur Kakese, d’évaluer 10 ans après, les activités menées par la représentation de la CIRGL en RD-Congo dans le cadre de la mise en œuvre du Pacte sur la sécurité, la stabilité et le développement dans la Région des Grands lacs. Il a dressé un bilan positif par rapport aux actions menées dans cinq domaines jugés prioritaires par la CIRGL: la paix et sécurité; la démocratie et bonne gouvernance; les questions humanitaires, sociales et environnementales; le développement économique et intégration régionale ainsi que la question du genre. Concernant la paix et sécurité, Kakese Vinalu a évoqué les efforts du gouvernement, avec le soutien de sa structure, dans la réforme des FARDC avec la maîtrise des effectifs, la bancarisation de la paie, la relance des académies militaires et écoles d’applications, la mise en place des unités de réactions rapides et autres. «Dans le cadre du processus DDRRR, le gouvernement de la RD-Congo a tout d’abord exécuté le Pré DDR et harmonisé la question de financement avec les donateurs», a-t-il indiqué.
Le coordonnateur a aussi évoqué les opérations de neutralisation des FDLR et les ADF/NALU au cours desquelles le gouvernement RD-congolais a démontré à suffisance sa bonne foi, les sacrifices humains et les matériels consentis pour cette fin. «Par rapport à la reddition volontaire, entre mai 2014 et janvier 2015, au total 438 combattants FDLR se sont rendus. Pendant la phase intermédiaire, c’est-à-dire du 21 au 27 janvier 2015, 13 éléments seulement se sont rendus. Et enfin, lors de la phase de désarmement forcé, 415 FDLR sont neutralisés. Il reste au final 334 combattants à neutraliser sur le sol congolais», a expliqué le coordonnateur Kakese. Quant au programme démocratie et bonne gouvernance, il a relevé la bonne foi du Chef de l’Etat Joseph Kabila qui a initié un processus de dialogue pour les élections libres et démocratiques en vue de trouver des solutions consensuelles face aux défis qui risquent de compromettre l’issue de ces élections.
A l’en croire, grâce au Mécanisme national de coordination, la déclaration sur la lutte contre l’exploitation illégale des ressources nationales dans la région a retenu et approuvé six outils ou instruments de lutte contre l’exploitation illégale des ressources naturelles par la CIRGL et ses Etats membres. «…En juillet 2013, la RD-Congo a lancé son certificat CIRGL afin de permettre non seulement de retracer la chaine de possession des minerais depuis le site d’extraction jusqu’au point d’exportation, mais aussi de donner du crédit à ses minerais pour que ces derniers soient commercialisés sur le marché international comme étant propres ou libres de conflits», a renseigné Kakese Vinalu. Pour ce qui est du programme d’action pour les questions humanitaires, sociales et environnementales, il a signifié que, par le MNC, la RD-Congo a pu organiser l’atelier national de validation de l’avant-projet de loi, de la politique nationale et du plan d’action.
La RD-Congo a réalisé des progrès significatifs
Toujours dans le cadre de ses réalisations, le Mécanisme national de coordination a également facilité la coopération entre la CIRGL, le bureau de l’envoyé spécial du Secrétaire général de l’ONU pour la Région des Grands lacs et le gouvernement RD-congolais, avec l’organisation en février 2016 à Kinshasa, de la première conférence sur les investissements du secteur privé. Selon le coordonnateur Kakese, cette conférence a visé de stimuler les investissements directs étrangers dans la Région des Grands lacs en général, et plus particulièrement en RD-Congo. Et dans le cadre de la mise en œuvre du protocole sur la prévention et la répression de la violence sexuelle à l’égard des femmes et des enfants ainsi que de la déclaration de Kampala, il a relevé que la RD-Congo a réalisé des progrès significatifs dans les trois volets suivants: la prévention, la répression et l’assistance aux victimes.

Des perspectives d’avenir

Voué à la réalisation des missions de paix, de sécurité, de stabilité et de développement de la Région des Grands lacs, le MNC/CIRGL-RD-Congo a projeté plusieurs actions à réaliser entre autres la mise en branle prochainement de tous les mécanismes de gestion des conflits et l’application des protocoles contenus dans le pacte; la mise en place d’une dynamique pour l’intégration régionale de proximité; la création des bassins transfrontaliers de développement pour promouvoir une intégration des populations aux frontières des pays de la Région; la création d’un fonds spécial pour la reconstruction et le développement. Selon le coordonnateur du MNC, le travail de pacification et de développement dans les Grands lacs par la CIRGL reste encore parsemé de beaucoup d’embuches dans la mesure où elle est appelée à évoluer dans une région tumultueuse caractérisée par moult clivages politiques et ethniques et par des réseaux maffieux de pillages systématiques des Etats. «Malgré ces multiples difficultés et faiblesses, la CIRGL reste un cadre par excellence de prévention de résolution des conflits et de développement dans la Région des Grands lacs… La CIRGL a jeté des bases, bien que fragiles, d’une coopération régionale qui garantit et protège les Etats membres sur le plan du droit international», a-t-il expliqué. Et de conclure: «toute chose restant égale par ailleurs, nous pensons que si la CIRGL avait existé 5 ans avant sa création, la RD-Congo ne serait pas envahie en 2002 par le Rwanda et l’Ouganda qui s’affrontaient pour la contrôle et l’exploitation illégale de nos minerais». Pour le coordonnateur Kakese, l’exécution des projets et protocoles régionaux demeure le défi le plus important à braver de la CIRGL et que les populations de la CIRGL tiennent à appréhender la valeur ajoutée du pacte de la CIRGL ainsi qu’à jouir de ses retombées.
Christian BUTSILA
Olitho KAHUNGU

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