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Le candidat président du FCC très attendu

A la Commission électorale nationale indépendante -CENI-, toutes les batteries sont mises en marche pour la réception des candidatures à la prochaine présidentielle après avoir enregistré celles qui concourent pour la députation provinciale. C’est à partir du 17 juillet 2018 que l’unique Bureau de réception et de traitement des candidaturespour la présidentielle sera ouvert à Kinshasa, au siège national de la CENI, nonobstant le fait que le candidat président a pour circonscription électorale l’ensemble du pays. Dans cette perspective, les projecteurs sont braqués sur le Front commun pour le Congo -FCC- une méga plateforme électorale initiée par le Président Joseph Kabila qui regroupe les sociétaires de la Majorité présidentielle -MP-, les membres du gouvernement Tshibala, ainsi que d’autres forces politiques et sociales.Un grand suspense plane sur l’identité de la grosse pointure qui sera alignée par le FCC. L’opinion semble quelque peu désorientée au regard de certaines divergences qui meublent les communications des ténors de la majorité au pouvoir.
Constance du Président Kabila dans le respect de la Constitution
D’un côté, une bonne frange prêche pour le strict respect de la Constitution indiquant en cela la non-participation de Joseph Kabila sur la ligne de départ. Elle s’appuie sur la constance du numéro un des RD-Congolais dans ses déclarations de s’en tenir aux prescrits de la loi fondamentale. D’un autre côté, une partie non moins importante émet un autre son de cloche allant dans le sens de la crédibilisation de la thèse développée par le juriste Cyrus Mirindi. Quoique contestée par d’éminents constitutionnalistes, cette approche juridique accorderait le blanc-seing au Président Kabila Kabangede briguer un troisième mandat.
Le décor est ainsi planté. Joseph Kabila va-t-il faire montre d’élégance en déposant le tablier en faveur de la désignation d’un dauphinou s’engouffrera-t-il dans la brèche ainsi ouverte par Cyrus Mirindi du reste appuyé par plusieurs caciques du régime qui ne mettent plus les gants pour leur soutien inconditionnel à cette démarche? Personne ne peut au stade actuel apporter avec certitude la réponse à ce questionnement.
L’opinion doit encore prendre son mal en patience avant de connaitre le candidat président du FCC. En dépit des rumeurs et des supputations de tout bord, les ténors du FCC n’osent pas délier leur langue pour dévoiler l’identité de leur joker. Ce candidat président ne sera connu que lors du dépôt de sa candidature à la Centrale électorale.
Désignation d’office ou élection démocratique primaire en interne?
A la lumière de la Charte du FCC ouverte à la signature depuis le dimanche 1er juillet 2018, cette plateforme présentera un candidat commun à la présidentielle. Fera-t-il l’objet d’une désignation d’office par l’autorité morale ou passera-t-il par le tamis d’une élection démocratique primaire en interne? Dans tous les cas, un consensus majeur s’est dégagé avec l’engagement de tous les signataires de la charte à soutenir cette candidature commune.
Du côté de l’Opposition politique, les tractations sont en cours pour la préparation de la réunion devant déboucher sur la désignation d’un candidat commun à la prochaine présidentielle. Pour le moment, plusieurs candidats sont déclarés au nom de l’Opposition, entre autres Moise KatumbiChapwed’Ensemble pour le changement, Félix Antoine TshilomboTshisekedi de l’UDPS, Martin Fayulu de la Dynamique de l’Opposition. Le Mouvement de libération du Congo -MLC-réchauffé par le récent élargissement de Jean Pierre Bembo Gombo de la CPI, est en congrès depuis jeudi 12 juillet 2018 pour désigner son candidat en attendant la grande messe de tous les ténors de l’Opposition. Par ailleurs, l’Union pour la nation congolaise -UNC- de Vital Kamerhe n’a pas encore désigné son candidat. Son congrès annoncé, puis reporté sine die ne s’est pas encore tenu. Or le temps presse.
L’Opposition semble donner des signaux d’un regroupement autour d’une candidature commune. Lorsque l’on jette un regard sur les acteurs en présence et leurs ambitions somme toute légitimes, l’on s’attend à des échanges où les uns et les autres seront amenés à prendre suffisamment de hauteur pour taire leurs egos et parler d’une même voix. Ce qui n’est pas gagné d’avance au regard des poids lourds en présence dont il faudra assurer une bonne gestion des tempéraments et des agendas.
Pas d’élection sans machine à voter
C’est dans cette attente de la désignation de la candidature commune des deux côtés que les violons ne s’accordent pas entre l’Opposition politique et la Centrale électorale, pouvoir organisateur des élections. Et pour cause: le recours à la machine à voter imposée par le bureau de la CENI ne fait nullement l’objet de consensus entre les parties prenantes. De plus, l’Opposition réclame, non seulement l’abandon de l’utilisation de cette machine à voter, mais exige aussi le nettoyage du fichier électoral pour élaguer les 16% d’électeurs sans empreintes découverts par la mission d’audit de l’Organisation internationale de la Francophonie -OIF. Environ 10 millions d’électeurs posent problèmes dans le fichier électoral. L’Opposition accuse la CENI de préparer une tricherie en faveur du régime en place. Ce que balaient du revers de la main la Centrale électorale et la Majorité présidentielle.
Selon le président de la CENI, Corneille Nangaa, sans machine à voter, il n’y aura pas d’élection en décembre prochain. La CENI justifie le recours à ce vote électronique pour minimiser le coût élevé des élections. Autant d’incertitudes qui planent sur l’organisation des élections en RD-Congo.
Octave MUKENDI

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