Politique

Discussions de la CENCO bloquées, la CIME consulte les acteurs politiques

«Nous voulons aussi que la CENCO associe le reste des Confessions religieuses. Kodjo, le facilitateur, avait un groupe de soutien, il avait le panel. Pourquoi la CENCO ne peut pas faire autant? Où sont les Kimbanguistes? Où sont les Protestants? Où sont les Orthodoxes? Où sont les Musulmans? Où sont les Eglises de réveil?», a soulevé le ministre Bitakwira au siège de la présidence de l’ECC
Depuis une semaine, la Commission d’intégrité et médiation électorales -CIME- consulte les acteurs politiques et de la Société civile, signataires ou non de l’Accord de la CENCO qui, semble-t-il, porte en lui-même des germes de son enlisement. Non seulement les signataires de cet accord n’arrivent pas à s’entendre notamment sur le procédé de nomination du Premier ministre, mais aussi le décès d’Etienne Tshisekedi, dont le poste de président du Conseil national de suivi de l’Accord taillé sur mesure, vient soulever d’autres questions.
Ce n’est pas tout. Il se pose également un problème: comment éviter de frustrer les signataires de l’Accord du 18 octobre qui sont au gouvernement? En fait, la CENCO a certainement besoin d’aide. Des observateurs soutiennent que ce qui est impossible à une main, est faisable quand il y en a deux et davantage quand il y en a plusieurs. Cette démarche des Confessions religieuses, bien que jusque-là exclues du Centre interdiocésain, vient rassurer ceux-là, comme Bitakwira, qui croient que leur apport est indispensable.

La RD-Congo est endeuillée par le décès d’Etienne Tshisekedi wa Mulumba, opposant historique qui a mené une lutte de 30 ans pour l’instauration de la démocratie dans le pays. Cet événement malheureux arrive au moment où les arrangements particuliers entre d’un côté les signataires de l’Accord du 18 octobre 2016 -la Majorité présidentielle, une partie de l’Opposition et de la Société civile- et de l’autre, les non-signataires -Rassemblement, le Front pour le respect de la Constitution mené par Eve Bazaiba et la Société civile pro-Opposition- piétinent ou pour paraphraser une certaine opinion, sont bloqués. Ecartées de ce dialogue conduit par l’Eglise catholique -la Conférence épiscopale nationale du Congo -CENCO-, les 7 autres Confessions religieuses demeurées actives au sein de la plateforme suivent de très près ces travaux et paraissent décidées à apporter leur contribution. «Pour l’amour de Sion, je ne me tairai point», semblent-elles marteler vu leur détermination.
Il y a quelques jours, cette plateforme a instruit la Commission d’intégrité et médiation électorales -CIME- d’échanger avec les acteurs politiques et la Société civile toutes tendances confondues. Finalité: trouver le moyen de déverrouiller le blocage constaté dans les discussions du Centre interdiocésain. «C’est une mission que les chefs des confessions ont confié à la CIME de consulter, de contacter les acteurs politiques, la Société civile aussi, pour voir ce qu’il faut faire. Nous irons également à la CENCO», a confié Imam Moussa, contacter au téléphone. La semaine dernière, la CIME, institution spécialisée dans la médiation, a rencontré Roger Lumbala, le 31 janvier. Deux jours après, le 2 février, elle a échangé avec Justin Bitakwira, ministre des Relations avec le Parlement. «J’ai été invité par la Commission d’intégrité et médiation électorales pour faire un tour d’horizon des enjeux politiques du moment. Ce n’est pas la première fois que les acteurs politiques sont invités par la CIME.
Effectivement, je crois que nous avons fait le tour d’horizon de toutes les questions, de toutes les préoccupations des uns et des autres tant en ce qui concerne l’Accord du 18 octobre 2016 et l’acte additif. C’était ça le débat de ce qui se fait à la CENCO qui est devenu par je ne sais quelle magie un accord», a expliqué Bitakwira au sortir de la réunion avec la CIME. Loin de s’arrêter-là, Justin Bitakwira s’est permis de s’interroger sur l’exclusion des autres confessions aux travaux du Centre interdiocésain. «Nous voulons que la CENCO associe le reste des Confessions religieuses. Kodjo, le facilitateur, avait un groupe de soutien.
Il avait le panel. Pourquoi la CENCO ne peut pas faire autant? Où sont les Kimbanguistes? Où sont les Protestants? Où sont les Orthodoxe? Où sont les Musulmans? Où sont les Eglises de réveil?». Le ministre des Relations avec le Parlement a estimé indispensable l’apport de ces Confessions religieuses aux discussions sous la médiation des évêques catholiques: «j’ai dit aux 7 Confessions religieuses qu’elles devaient normalement apporter leur contribution parce qu’il y a des contradictions qui persistent par rapport aux arrangements particuliers, par rapport à l’accord lui-même».
Puis: «Moi, je suis le porte-parole des membres du gouvernement qui étaient au dialogue de la Cité de l’UA et qui soutiennent le Premier ministre Samy Badibanga. J’ai essayé de donner notre point de vue qu’en effet, la CENCO, si elle finit -ou la CIME peut transmettre le message-, elle doit aussi venir vers le Premier ministre pour savoir ce que nous valons. Elle comprendra que nous représentons beaucoup par rapport à ce que les gens disent que nous ne représentons rien. Et tant qu’il n’y aura pas cette harmonisation, moi je crois que ça risque d’être très compliqué pour la CENCO, elle-même».
Dans la même journée du 2 février, la CIME a reçu un regroupement de la Société civile emmené par Tantu Mey. Le samedi 4 février, elle a discuté avec les ministres issus de la Société civile notamment Maguy Kiala, ministre de la Jeunesse et Initiation à la nouvelle citoyenneté, Maitre Montana Mpuku, vice-ministre à la Décentralisation, et John Kwete, vice-ministre à la Coopération, ensuite le président et le vice-président du CNDH et, enfin, le Front national, une plateforme politique signataire de l’Accord du 18 octobre. Dans les jours qui suivent, la CIME continuera ses contacts avec les autres acteurs politiques.
Hugo Robert MABIALA

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