Politique

Bernardin Mayele nommé ambassadeur en Zambie

 
Le Président de la RD-Congo Joseph Kabila Kabange vient de nommer, par Ordonnance N°15/077 du 02 octobre 2015, Bernardin Mayele Ebokwol Ghyor, aux fonctions d’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la RD-Congo près la République de Zambie. Cette nomination est l’aboutissement d’un parcours bien rempli par ce diplomate de carrière, qui aura gravi tous les échelons au ministère des Affaires étrangères, de 1975 à ce jour. Quarante années de bons et loyaux services rendus à la nation  RD-congolaise par ce digne fils du Kwilu, originaire de l’ex-province du Bandundu et valeureux héraut du peuple Yansi. Fils de Constant Mayele et de Pascaline Lele Lele, l’ambassadeur Bernardin Mayele est né le 22 aout 1946 dans le village de Yaya Mokala, dans le secteur de Dwe, territoire de Bulungu dans l’ancien district du Kwilu érigé en province aujourd’hui après le découpage territorial.
 
Bernardin Mayele fait ses premiers pas scolaires à la Mission catholique de Leverville, actuellement Lusanga, près de Kikwit où son père est employé aux Plantations Lever, ex-PLZ. Il va poursuivre son cycle secondaire à Kikwit, au Collège de la Fraternité, chez les Frères Joséphites, avant d’embrasser le monde universitaire à l’Université de Lubumbashi, où il obtiendra un diplôme en Relations internationales avec Distinction, complété par de nombreux stages à Bruxelles, à Paris et à Genève. Retenu Assistant chargé des recherches à l’UNILU, son mémoire d’études à cette occasion porte sur le thème, on ne peut plus diplomatique, relatif aux Accords aériens et leur impact dans les relations inter Etats.
Il mène ses recherches sur la complexité des textes régissant les autorisations de survol des espaces aériens et formules des propositions pour une meilleure appropriation de ces textes par les Autorités compétentes zaïroises de l’époque, etc. Ce qui, naturellement, va lui ouvrir les portes du département -ministère- des Affaires étrangères où il reçoit son baptême de feu sous l’ombre tutélaire de l’ambassadeur Idzumbuir Assal, puissant Secrétaire général du département des Affaires étrangères -ministère des Affaires étrangères- à l’époque, qui va tout de go lui confier le délicat dossier des biens zaïrianisés.
C’est à ce titre qu’il va représenter le département des Affaires étrangères à la Commission centrale sur le contentieux des biens zaïrianisés et radicalisés, ponctuée par des négociations houleuses avec des Belges, des Portugais, etc. L’ambassadeur Bernardin Mayele va également forger ses armes au département des Affaires étrangères sous la férule d’un certain Ngunz Karl-I-Bond, commissaire d’Etat aux Affaires étrangères et de la Coopération internationale, qui va l’associer aux houleuses négociations, pour le compte du Zaïre, des textes régissant le transport aérien.
C’est à ce titre qu’il fera partie de nombreuses délégations zaïroises à l’OACI, à Montréal au Canada, à l’IATA aux Etats Unis, à l’AFRAA à Yamoussokro, etc. C’est dans ce contexte qu’il sera, en sa qualité de vice-président du Conseil supérieur de l’aviation civile de l’ex-Zaïre, aux avants postes dans la négociation et la conclusion des plusieurs Accords aériens signés par le Zaïre pour le compte de l’ex-Air Zaïre avec des fleurons du transport aérien de l’époque comme Ethiopian Airlines, Kenya Airways, Cameroun Airlines, Air Afrique, Air France, Sabena, actuellement Brussels Airlines, et… Zambia Airlines, pour ne citer que celles-là.
L’on retiendra également le travail abattu par l’ambassadeur Bernardin Mayele dans la délégation RD-congolaise ayant pris part à Genève en 2007, au Séminaire international sur le nouveau système du partenariat à travers la coopération internationale ainsi que sur la théorie de récupération des fonds publics détournés par les dictateurs déchus en Afrique. A la même année, il prendra aussi part à Nuremberg à un Séminaire international sur la coopération.
 
Un homme de rigueur
 
A la Centrale, terme utilisé dans le jargon diplomatique pour désigner le siège de l’administration des Affaires étrangères, l’ambassadeur Bernardin Mayele a, tour à tour, assumé les fonctions de directeur -chef de service Afrique, directeur- chef de service Europe; plusieurs fois conseiller dans les cabinets des ministres des Affaires étrangères Gérard Kamanda wa Kamanda, Lunda Bululu, Ramazani Baya, Mapesa Udjuu, etc. non sans effectuer de nombreuses missions à l’étranger dans le cadre bi et multilatéral. Connu pour sa rigueur au travail, nombreux sont ces jeunes recrutés à la Centrale au début des années 90 et dans la décennie 2000- 2010 qui reconnaissent son coté travailleur acharné et sans complaisance.
C’est à juste titre que Madame le Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères de l’époque, Apolline Musengeshi Musau, va l’associer, avec l’accord d’Alexis Thambwe Mwamba, ministre des Affaires étrangères à l’époque, à la redoutable Commission de contrôle des titres académiques et statuts administratifs des fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères. Composée des vertébrés, entendez par là des fonctionnaires intègres et diplomates de carrière de la Centrale, la Commission Musengeshi parviendra à démasquer de nombreux faussaires au ministère des Affaires étrangères, opérant ainsi un grand coup de balai dans ce ministère combien stratégique pour le pays. L’ambassadeur Bernardin Mayele a également servi son pays en poste à l’étranger, notamment à la Représentation diplomatique du Zaïre au Gabon, vers les années 80 et où il a laissé un souvenir d’homme affable au sein de la colonie congolaise locale.
La dernière Commission mixte Libreville-Kinshasa s’étant tenu en 1985, dans la capitale gabonaise, depuis plus rien! Nommé Chargé d’affaires de la RD-Congo en Angola par Alexis Tambwe Mwamba en novembre 2011, il mettra à profit son mandat à Luanda pour frapper un grand coup dans cette fourmilière qu’était devenue la représentation diplomatique du pays à Luanda pour imposer une gestion orthodoxe des deniers publics, reversant systématiquement dans le compte du Trésor public les recettes de la Chancellerie. Ce qui ne lui vaudra pas que des amitiés.
Son passage en Angola aura été fructueux pour son pays, de l’avis de nombreux observateurs, dans la mesure où il aura réussi, avec l’appui de sa hiérarchie, notamment avec la bénédiction de Raymond Tshibanda Ntunga Mulongo, à obtenir la visite d’amitié et de travail de Son Excellence Monsieur le Président José Eduardo Dos Santos à Kinshasa en janvier 2015, une prouesse diplomatique pour ceux qui connaissent le Président angolais pour ses sorties à l’extérieur de son pays. Visite du reste sanctionné par la signature de quatre Accords -aérien, maritime, routier et ferroviaire-; accords juteux pour la RD-Congo et permettant, à l’occasion, la relance de la coopération entre Kinshasa et Luanda.
 
Diplomatie de développement
 
En Zambie, Bernardin Mayele aura la délicate mission de réchauffer l’axe Kinshasa-Lusaka, deux pays frontaliers et partenaires économiques au sein de l’espace SADC et COMESA. A cet effet, le flux des échanges entre la RD-Congo et la Zambie, par le biais du poste frontalier de Kasumbalesa, mérite une attention particulière par les autorités consulaires de deux pays. Un nouveau challenge pour ce partisan de la diplomatie du développement, chère à Joseph Kabila Kabange. Pour ses proches, notamment sa nombreuse progéniture, dont on peut compter des médecins, avocat, banquier, inspecteur d’impôts et même…
un diplomate, l’heure est de louer le Très-haut, Jéhovah notre Père, pour avoir élevé l’un de ses fils aux hautes fonctions de l’Etat. Pour sa part, l’ambassadeur Bernardin Mayele, fidèle à sa modestie, refuse de verser dans tout triomphalisme et considère sa nomination comme une juste récompense du travail abattu depuis des lustres, non sans remercier le Chef de l’Etat, Joseph Kabila pour cette marque de confiance. A Kinshasa, ses proches, ses collègues et sa famille biologique s’activent d’ores et déjà pour le recevoir autour d’un grand repas mais l’intéressé, qui s’est confié à l’un de ses fils, réfute ces agapes, l’important pour lui étant tout simplement de louer le bon Dieu pour l’avoir élevé à ses nouvelles fonctions. Reste à savoir s’il pourra empêcher les siens de le fêter, comme c’est devenu la mode en RD-Congo.
Christian BUTSILA
 
 
 

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